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25 septembre 2017 08:26; Act: 10.11.2017 09:31 Print

«Dans le couple, c’est nous les nanas!»

Les «Gents of Switzerland» se vouent à la mode. Comment un homme politique de l’UDC et deux «secondos» sont devenus meilleurs amis, c’est ce qu’ils racontent dans cet entretien.

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Lorsque les trois hommes très trendy arrivent avec leurs costumes sur-mesure colorés, on se sent immédiatement «underdressed», quelle que soit la tenue que l’on porte. Les «Gents of Switzerland», comme Viji, Roger et Iman aiment à s’appeler, portent tous les jours la mode classique, celle que les consommateurs lambda d’Otto sortent du placard peut-être deux à trois fois par an, pour un mariage ou un bal. Mais pour les «Gents», les costumes noirs sont inenvisageables. La tenue doit sortir de l’ordinaire, chaque détail doit être étudié. Sinon, ces Suisses centraux qui tiennent un blog de mode ne se sentent pas bien.

Gents of Switzerland, comment votre projet a-t-il vu le jour?
Iman:
On s’est rencontrés dans une boutique de mode où Viji et moi travaillons. A chaque rencontre, on ne parlait que de mode.
Roger: Et de bonne cuisine. Ce qui est également très important pour nous.
I: On avait toujours accordé une grande importance aux tenues stylées. Quand on a remarqué que l’on partageait cette passion, on a décidé de mettre sur pied un blog. C’est ainsi qu’est né «Gents of Switzerland».

Que visez-vous avec ce blog?
I: On veut avant tout atteindre les gens qui accordent de l’importance à la mode mais qui n’osent pas porter quelque chose d’original. On aimerait parvenir à inciter jeunes et moins jeunes à porter de nouveau des vêtements élégants, exactement comme autrefois.
R: Beaucoup croient qu’il est extrêmement difficile de s’habiller comme nous. Or, c’est totalement faux.
I: En plus, on se sent automatiquement mieux si l’on sort de chez soi bien habillé.

Combien de temps passez-vous le matin à vous habiller?
R:
C’est difficile à dire globalement, mais sûrement deux fois plus que ma copine.
Viji: Surtout quand on prête attention aux détails. Quand la cravate doit être assortie aux chaussettes, etc. Parfois, ça peut prendre des heures.
I: Mais si je ne pouvais plus le faire, cela me manquerait beaucoup le matin. J’aime y consacrer du temps et je me lève exprès plus tôt.

Soignez-vous toujours à ce point votre look dans chaque situation? Même quand vous faites les courses?
I:
C’est la question qu’on nous pose le plus souvent. La réponse est non. Chez moi, j’apprécie aussi d’être jogging sur le canapé. Quand je vais chercher une brioche au supermarché, il m’arrive aussi d’y aller en jogging.

Combien de costumes avez-vous dans votre penderie?
R:
Entre 15 et 20 environ. Mais côté chaussettes, c’est encore plus extrême! J’en ai plus de 100 paires, jamais les mêmes et jamais de noires.

N’est-ce pas un hobby très onéreux?
R:
C’est clair, il faut de l’argent. Mais le style en lui-même ne coûte rien. On peut aussi bien s’habiller à moindre coût. Cela dit, on peut également économiser les 250 francs qu’on aurait mis dans une sortie et investir dans un nouveau veston.
I: Avec le temps, la collection s’agrandit et, en combinant, on peut créer des styles totalement inédits.

Qu’est ce que vos copines en disent? Ne se sentent-elles pas obligées de s’habiller chic en permanence elles aussi?
V:
Ma copine trouve ça megacool et on fait souvent des virées shopping. Elle me dit alors: «Chéri, regarde, ça irait bien avec ta cravate verte.»
R: Parfois, ma copine se met la pression. Mais c’est une pression qu’elle se crée entièrement elle-même.
I: Ma copine ne me connaît pas autrement. Dans notre couple, la nana c’est moi!

J’ai entendu dire que tu milites à l’UDC, Roger.
R:
C’est vrai. Beaucoup se demandent comment est née mon amitié avec deux anciens demandeurs d’asile. Pour moi, ce sont deux êtres parfaitement intégrés, qui apportent leur contribution à la société. Pourquoi devrais-je avoir un problème avec ça? Ils sont devenus mes meilleurs amis.
I: Il n’y a pas d’autre pays que la Suisse où l’on puisse vivre aussi pacifiquement ensemble. Nous en sommes le meilleur exemple: nous sommes certes de culture différente, mais notre passion nous unit.

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