Ta vie. Ton histoire.

18 avril 2017 10:08; Act: 18.04.2017 16:22 Print

«J'ai perdu plus de 40 kilos en trois mois»

Durant sept semaines, «20 minutes» se plonge dans l'intimité de ses lecteurs. Ce qu'ils ont vécu de plus fort, ce qui les a le plus touchés dans leur existence. Quatrième témoignage, celui d'un jeune homme qui a souffert d'obésité.

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Aujourd'hui, Davide Ramos s'estime maître de son destin, et se déclare heureux..

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Témoignage de Davide Ramos (22 ans, Fribourg)

«Gros tas, Bouboule, Sale gros, Bouffe tout… Tant de mots qui me semblent si familiers tellement ils étaient devenus mon quotidien. Pourtant, ça n’a pas toujours été comme ça. Ce que je vais vous raconter s’est passé il y a à peine 7 ans.

Au début, j’étais un petit garçon normal. Ni trop gros ni trop maigre, la normalité incarnée. Puis, vers mes 10 ans j’ai commencé à prendre du poids. J’étais alors devenu le «petit gros» de la classe. Je n’ai jamais eu de difficulté particulière due à mon surpoids à cette période, que ce soit pour me faire des amis ou pour m’amuser. Puis vint l’entrée au collège, et les ennuis qui l’accompagnent… De «petit gros» j’étais passé à «sale gros», les petites moqueries d’enfants étaient passées à des méchancetés gratuites d’adolescents. J’ai eu droit aux insultes, aux moqueries, aux attaques physiques, à la mise à l’écart…Ma vie était devenue un cauchemar. A part quelques amis d’enfance, que je pouvais compter sur les doigts d’une main, j’étais seul.

C’est alors que les complexes ont fait leur apparition. J’avais honte de mon corps, honte qu’on me regarde. J’ai alors décidé de changer, de devenir l’inverse de tout ce dont on me traitait.

J’ai donc commencé un régime normal, moins de sucreries, plus de salade, un peu de sport… Et ça fonctionnait mais jusqu'à un certain point. Ne voyant plus de progrès, j’ai décidé de manger encore moins, jusqu’à ne plus manger du tout. Mes repas se composaient d’un bol de soupe et d’une tomate. J’ai perdu plus de 40 kilos en 3 mois, de 110 kilos j’étais passé à 60. En apparence, une belle réussite! Mais je ne me suis pas arrêté là. Je me trouvais encore trop gros… J’étais devenu anorexique.

Mon médecin m’a alors fait suivre par une diététicienne et une psychologue. J’avais rendez-vous toutes les semaines pour une pesée et pour un entretien psychologique au CHUV. Je ne mangeais plus rien , je buvais énormément de café pour avoir l’énergie que je n’avais plus par la nourriture. La pesée était devenue une telle ennemie que je faisais tout pour continuer à perdre du poids sans qu’on s’en rende compte. Je buvais jusqu’à 1,5 litre d’eau avant d’aller sur la balance afin d'être plus lourd. Chaque gramme comptait pour que ma maladie poursuive son œuvre… celle de me tuer. Je suis allé jusqu’à peser 53 kilos pour 1m70.

Finalement, cette lutte pour ma survie a porté ses fruits. J’ai peu à peu repris goût à la vie, grâce notamment à mon début dans la vie active et un apprentissage. Je suis aujourd'hui un jeune homme en pleine santé. Je fais beaucoup de sport et je fais attention à moi. Bien sûr, j’ai encore quelques restes de ma maladie, rien ne s’efface jamais vraiment. Mais je sais maintenant que c’est dans ma tête et que je suis maître de mon destin.

Vous qui lisez ce texte, si vous vivez actuellement une situation similaire, ou que votre vie a été touchée par cette même maladie, sachez que vous n’êtes pas seuls. La vie vaut la peine qu’on se batte pour elle. Personne n’est parfait, je ne le suis pas et ne le serai jamais. Mais la vie est faite d’imperfections, acceptez-les, et vous verrez que la vie est belle.

Je ne remercierai jamais assez le corps médical et ma famille pour toute leur aide et leur soutien. Je pense sincèrement que je ne serais plus là pour écrire ces lignes sans eux. Si l’un d’eux lit ce témoignage, sachez que je vous dois la vie.»

(cam)