Logement

22 septembre 2016 09:11; Act: 22.09.2016 11:06 Print

Airbnb n'est plus en odeur de sainteté à Lucerne

par Pascal Schmuck, Zurich - La ville de Lucerne et la région regorgent d'offres en sous-location. Ce qui pèse sensiblement sur la pénurie de logements.

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La motion lucernoise demande des conditions cadres pour les fournisseurs de logements en sous-locations sur Airbnb (Photo: Keystone)

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AirBnb se retrouve au centre de nombreuses critiques en Suisse. Après Genève, qui a déclaré la guerre à la sous-location de biens sociaux, c'est au tour de Lucerne de s'attaquer aux abus, comme le raconte la Neue Luzerner Zeitung.

Le membre du Grand Conseil David Roth (PS) a déposé une motion pour que le Conseil d'État publie une loi qui mette tous les fournisseurs de nuitées sur un pied d'égalité. Et surtout ceux qui offrent des logements sur Airbnb.

«Potentiel de dégâts énorme»

La motion exige notamment qu'un logement ne puisse être sous-loué plus de trois mois par an à des touristes. Et les fournisseurs devront s'annoncer auprès de leur commune. Ces dernières auront également la possibilité de limiter les locations en cas de pénurie.

«Dans les régions touristiques, des maisons restent vides pour pouvoir être louées aux touristes. Le potentiel de dégâts d'Airbnb et des appartements pour affaires est énorme», a averti David Roth.

Prolifération sauvage

Ces exigences partent d'un constat simple. Rien que sur le site de Airbnb, plus de 800 petites annonces de sous-location concernent la région lucernoise, un chiffre en constante augmentation. Les hôteliers s'en agacent régulièrement car les fournisseurs de ces logements ne sont pas soumis aux règles qui s'appliquent dans leur secteur.

Avec sa motion, David Roth veut empêcher une prolifération sauvage des offres de style Airbnb mais il ne se dit pas fondamentalement opposé à la sous-location. Il n'a rien à redire si l'occupant d'un logement sous-loue son bien durant une absence de quelques semaines.

Une motion soutenue

La motion est soutenue par les partis bourgeois et les hôteliers. «Nous voulons que tous soient logés à la même enseigne», a déclaré Patrick Hauser, membre PLR du Grand Conseil et propriétaire du Schweizerhof, un hôtel cinq étoiles à Lucerne. Il y voit la possibilité de gommer une partie des inégalités entre les hôteliers et les fournisseurs de logements sur Airbnb.

Ferdinand Zehnder, propriétaire de l'Hôtel de la Paix à Lucerne et membre PDC du Grand Conseil, est du même avis. Et il affirme également n'être pas opposé à des plateformes comme Airbnb. «Au contraire! Elles permettent une amélioration des échanges culturelles et en été, elles aident à absorber la très forte demande. Mais les règles doivent être les mêmes pour tous.»

(nxp)