Travail et santé

22 novembre 2017 10:12; Act: 22.11.2017 12:46 Print

Les médecins ont un outil pour évaluer l'incapacité

Un portail Internet a été mis en place pour mieux cibler les conditions de retour au travail des employés malades ou accidentés.

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Selon Compasso, les médecins ne disposent pas toujours des informations nécessaires. (Photo: Keystone)

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Lors d'un arrêt de travail, les médecins connaissent souvent mal les exigences du poste en question pour déterminer précisément le degré d'incapacité. Le portail d'informations Compasso a développé un outil pour pallier ces lacunes.

Chaque année, des milliers de personnes sortent du monde du travail à cause d'un accident ou d'une maladie. Au moment de rédiger une attestation d'incapacité de travail, les médecins ne disposent pas toujours des informations nécessaires, relève Compasso. «De lourdes conséquences en découlent tant pour l'économie que pour la société et les travailleurs concernés», selon cette association issue de l'Union patronale suisse.

Compasso a présenté mercredi devant les médias à Berne un nouvel instrument Internet: le profil d'intégration axé sur les ressources (PIR). Développé avec l'Office fédéral des assurances sociales, l'Union patronale suisse et des sociétés de médecins, le PIR indique comment et dans quelle mesure les personnes atteintes peuvent reprendre au plus vite leur travail.

Aspects physiques et psycho-sociaux

«Le PIR est la clef de la relation entre médecin et employeur», estime Pierre Vallon, président de la Société suisse de psychiatrie et psychothérapie (SSPP). Concrètement, l'employeur commence par inscrire dans un programme les exigences et spécificités du poste de travail.

Ce profil d'intégration, qui prend en compte des aspects physiques et psycho-sociaux (exactitude, flexibilité, sens critique, travail sous pression notamment), est alors signé par l'employeur et l'employé. C'est sur la base de ce document que le médecin pourra établir précisément l'aptitude au travail de son patient.

Incapacité partielle de travail

D'après les chiffres avancés par Compasso, environ 80% des certificats médicaux attestent d'une incapacité de travail totale (100%) ou nulle (0%), une incapacité partielle n'étant que rarement envisagée.

Le PIR vise à remédier à cette situation, coûteuse pour les employeurs et l'économie, et qui n'est pas toujours optimale pour les patients puisqu'elle écarte la possibilité d'un retour progressif au travail. Les psychiatres sont particulièrement intéressés par cet outil «très pratique», tout comme l'ensemble de la Fédération des médecins suisses (FMH), selon selon Pierre Vallon.

Adoption par les CFF

Suite à des tests approfondis, le profil d'intégration axé sur les ressources est désormais disponible gratuitement en ligne, en français, allemand et italien. Les CFF comptent l'utiliser dès l'année prochaine au Tessin.

Le PIR constitue la base «d'une collaboration réussie entre travailleurs, employeurs et médecins en vue d'une réintégration rapide et fructueuse dans la vie professionnelle», estime en effet Karin Mahler, membre de la direction des ressources humaines des CFF. «Une situation win-win», résume-t-elle.

Chapeautée par l'Union patronale suisse, l'association Compasso regroupe plus de 70 membres de l'économie privée et du secteur public. Son portail Internet fournit des informations et des outils relatifs aux questions de l'intégration professionnelle.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Yenamarre le 22.11.2017 13:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Toujours la même chose

    Outil dévaluation mis en place par lunion patronale suisse, office des assurances sociales et la société des médecins. Encore une fois, les travailleurs vont se faire avoir, si ils vous manquent pas les deux mains ou un poumon, va travailler coco!! Le patron gagne pas assez!! Je suis pas socialiste ou syndicaliste, mais quand va-t-on arrêter de suivre, dévaluer les gens qui travaillent juste pour gagner leur vie et pouvoir payer leurs impôts et autres nombreuses taxes ! On a bientôt même plus le droit dêtre malade en Suisse!

  • Loulou28071 le 22.11.2017 14:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aaaah

    Et pour déceler les médecins incompétents çà existe aussi ?

  • zivago le 22.11.2017 14:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ok mais...

    et pour évaluer leur incapacité à eux?

Les derniers commentaires

  • Bachi-bouzouk le 22.11.2017 15:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Outils pour les assurances oui

    Cest quant même beau ce que lont nous fait croire. Aller nayons pas peur des mots, les assurances veulent gagner un Max et le case manager veut avoir dès preuve pour couper les vivres. Rien de bien en fait baser sur des statistiques. Au final ont paie toujours plus pour la santé et toujours moin sont remboursés. Merci de nous avoir pris pour des cloches ont est pas dupe de vos magouilles.

  • Pierre Roche le 22.11.2017 15:21 Report dénoncer ce commentaire

    euh...

    Pour evaluer mon incapacité de travail, mon médecin me questionne sur mon travail, les conditions de travail, ce que cela implique... et pose l'arret de travail en fonction. Je vois pas le besoin d'un portail internet pour ca...

  • Loulou28071 le 22.11.2017 14:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aaaah

    Et pour déceler les médecins incompétents çà existe aussi ?

  • zivago le 22.11.2017 14:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ok mais...

    et pour évaluer leur incapacité à eux?

  • Lundr le 22.11.2017 13:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ouais....

    les jambes cassées au bureau on n'en voit pas beaucoup, pourtant je vois pas ce qui les empêche de travailler normalement, moyennant éventuellement des horaires adaptés à un moyen de déplacement autre que la voiture et des courtes pauses pour se dégourdir la jambe dans le plâtre... mais les médecins ne posent souvent pas la question au patient quel job il fait... hop, 6 semaines d'arrêt... et ce sont les autres qui font son taf...

    • Nulnesirremplacableyparait le 22.11.2017 15:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Lundr

      Les gens ne sont pas censés être remplacés pendant les accidents? Il me semble qui si, mais.....

    • Lundr le 22.11.2017 17:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Nulnesirremplacableyparait

      c'est vrai qu'une entreprise a les moyens de payer le double de personnes qu'il serait nécessaire... même si elle perçoit une indemnité de la SUVA, il faut mettre les 20% du salaire restant... il faut donc débourser 120% pour un travail à 80%, le remplaçant étant à former et ne connaissant pas forcément l'entreprise... je parle pas ici d'une entreprise avec 250 salariés, mais avec 2-3 personnes...