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G20
02 novembre 2011 18:42; Act: 02.11.2011 19:22 Print
Paradis fiscaux dans le viseur du «contre-G20»
Paradis fiscaux et fraudes à l'impôt sont dans le collimateur des altermondialistes réunis cette semaine à Nice pour un forum social, en réponse au sommet du G20 de Cannes.
Après leur manifestation mardi, ONG, syndicalistes, associations veulent faire valoir leurs solutions face à la crise à travers des débats rassemblant des participants venus de toute l'Europe, dans les anciens abattoirs de la ville. Au coeur de leurs revendications: «la justice fiscale et sociale».
Gates demande au G20 de pousser le secteur privé à aider les plus pauvresBill Gates a appelé mercredi le G20, à la veille du sommet de Cannes, à inciter le secteur privé à investir davantage dans l'aide au développement, via des taxes sur les transactions financières ou sur les carburants, selon son rapport au G20 dont l'AFP a obtenu copie.
«Le développement ne profite pas uniquement aux habitants des pays les plus pauvres, il profite à nous aussi», a fait valoir le milliardaire américain, fondateur de Microsoft, dans une tribune publiée par le Washington Post.
Reconnaissant que «les budgets d’aide sont soumis à d’énormes pressions, en raison du climat économique», il met toutefois en garde dans son étude contre les «dommages irréversibles pour la stabilité internationale» et la croissance de l’économie mondiale qu'engendrerait une réduction de cette aide.
Bill Gates doit s'entretenir jeudi à Cannes avec le président français Nicolas Sarkozy qui avait sollicité ce rapport. Il le présentera ensuite officiellement au G20.
La seule taxe sur les transactions financières, avatar de la «taxe Tobin», rapporterait selon lui «de 100 à 250 milliards de dollars» si l'on y inclut les produits financiers dérivés.
Le milliardaire philanthrope juge «d'une importance capitale» que le produit de cette taxe aille en partie au développement alors qu'en pleine crise des dettes publiques, certains caressent l'idée de l'affecter au comblement de ces dettes.
Bill Gates préconise aussi une contribution des fonds souverains des Etats «à croissance rapide» du G20, parlant d'une «énorme source de financement encore inexploitée». Elle irait à «des investissements d’infrastructure dans des pays pauvres».
Un fonds alimenté par 1% à peine de ces actifs démarrerait selon lui avec 40 milliards de dollars et pourrait atteindre 100 milliards de dollars.
Rappelant que les diasporas ont transféré 325 milliards de dollars l'an dernier dans les pays en voie de développement, il préconise de ramener le coût de ces transferts à 5% contre le double aujourd'hui ce qui «permettrait d’économiser 15 milliards de dollars».
Des taxes sur les carburants visant le fret de marchandises et l’aviation «pourraient rapporter respectivement 37 et 27 milliards de dollars» tandis que quelques cents par paquet de cigarettes affectés à la santé mondiale génèreraient environ 10,8 milliards de dollars.
Benoît XVI appelle le G20 à «surmonter» les obstacles au «développement»
Le pape Benoît XVI a émis mercredi l'espoir que le G20, qui se réunit jeudi et vendredi à Cannes (sud de la France), «aidera à surmonter les difficultés, qui, au niveau mondial, font obstacle à la promotion d'un développement intégral».
Alors que le gouvernement grec a annoncé lundi un référendum sur le plan de sauvetage européen et que la crise financière mondiale semble difficile à juguler, le pape a adressé ses voeux de succès aux chefs d'Etat et de gouvernement des principales puissances, en rappelant l'impératif d'une réforme du système économique mondial favorisant le développement de tous les pays, et pas seulement les plus puissants.
«La bataille de l'opinion publique est primordiale», a lancé mercredi en ouverture d'un débat le président de l'Union des personnels des finances en Europe (UFE), Serge Colin, expliquant qu'il faut promouvoir «la justice fiscale» et «la lutte contre les paradis fiscaux» face aux gouvernements qui ne proposent «que des plans d'austérité».
«Nous avons une politique fiscale de patachon», estime le représentant de la seule organisation syndicale européenne des administrations fiscales et douanières. «En France, la fraude fiscale représente autour de 50 milliards d'euros, ce qui a été longtemps à la hauteur du déficit public. Si on se donnait les moyens de récupérer 80% de ce montant, le débat serait différent.»
Déclaration de Rudolf Elmer
Rudolf Elmer, ex-directeur de la filiale de la banque Julius Baer aux îles Caïmans, a fait de la lutte contre les paradis fiscaux sa spécialité. «La loi est aujourd'hui en faveur des institutions et des banques. Il faut se battre pour qu'elle penche du côté (des intérêts) de la société civile», a déclaré l'ancien banquier, qui a été poursuivi par la justice zurichoise pour avoir fourni des données à WikiLeaks.
Pour illustrer les mécanismes d'évasion fiscale mis en oeuvre par de grands groupes transnationaux, Maylis Labusquière de l'ONG Oxfam France évoque l'affaire du géant zougois Glencore, dont la filiale minière en Zambie est accusée de ne pas payer d'impôt dans ce pays d'Afrique australe en usant de «fausses déclarations».
«La société surestime les coûts de production, vend ensuite le cuivre extrait en dessous du prix du marché à une autre entité du groupe en Suisse, 'une transaction de papier' pour déplacer les bénéfices vers la Suisse», a-t-elle détaillé, reprenant des accusations notamment formulées par un audit zambien (la Banque européenne d'investissement a gelé tout prêt à Glencore après cette affaire, la société pointant de son côté «des erreurs factuelles»).
«50% du commerce mondial se fait à l'intérieur des groupes», a dit la représentante d'Oxfam, qui estime que «ces mécanismes» coûtent «125 milliards de pertes fiscales pour les pays du Sud».
Jeudi, jour d'ouverture du sommet du G20, un collectif d'associations ira à la frontière monégasque pour dénoncer le maintien des paradis fiscaux, «maillon essentiel de la spéculation financière et de l'évasion fiscale».
(ats)

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