Luxe

10 novembre 2017 07:42; Act: 10.11.2017 10:19 Print

Le bénéfice de Richemont s'envole au 1er semestre

Comme attendu, le groupe genevois a fortement amélioré sa performance au premier semestre de l'exercice décalé 2017/18.

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(Photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration)

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Tirant profit d'un environnement économique mieux orienté, Richemont a vu son bénéfice net s'envoler un un an de 80% à 974 millions d'euros. La direction est à nouveau réorganisée et Jérôme Lambert devient l'homme fort du groupe genevois, numéro deux mondial du luxe.

Le chiffre d'affaires a lui progressé de 10% à 5,6 milliards d'euros (6,42 milliards de francs) par rapport à la même période en 2016, a annoncé vendredi le groupe établi à Bellevue (GE). A taux de change constants, les revenus ont crû de 12%.

Sans les rachats de stocks au premier semestre 2016/2017, surtout chez Cartier, la progression atteindrait malgré tout 8% à taux de change constants. De son côté, le résultat opérationnel a bondi de 46% à 1,16 milliard d'euros, la marge d'exploitation correspondante atteignant 20,8%, contre 15,7% un an auparavant.

Richemont avait déjà annoncé à mi-octobre s'attendre à une forte progression de sa performance au premier semestre de l'exercice en cours, clos fin septembre, après en avoir terminé avec ses rachats de stocks. Dans le détail, les ventes dans la joaillerie, en hausse permanente depuis des années, et l'horlogerie progressent toutes deux de plus de 10%.

Président Rupert content

Et même de 15% environ pour la seconde. Par ailleurs, la forte progression des ventes de montre connectée d'Apple «ne touche pas vraiment» Richemont, estime le directeur financier Burkhart Grund.

Après une année 2016/2017 difficile en raison des rachats de stocks mais aussi des conditions de marché, le président du conseil d'administration Johann Rupert se félicite de ces résultats. Cette solidité «nous apporte la flexibilité» et les moyens de soutenir l'ensemble des maisons du groupe pour s'adapter au changement rapide des modes de consommation du luxe, dit-il.

Le marché horloger montre «des signes positifs», a renchéri à la presse M. Grund. «Il y a une demande pour nos montres», notamment en Chine continentale où la croissance est continue à plus de 10% depuis 18 mois et à Hong Kong où l'affaiblissement de la devise locale a permis une reprise après deux ans d'ajustement.

D'autres marchés comme le Qatar, victime d'un embargo des Etats arabes, est plus difficile. Par ailleurs, les stocks restent «trop élevés»,affirme M. Grund. Autre indicateur, la participation de Richemont dans le spécialiste bâlois de boutiques hors taxes Dufry, annoncée à 5%, s'est étendue à 7,5%. Mais le groupe répète ne pas souhaiter l'augmenter à terme.

Distribution et numérique

Pour Richemont, la volonté d'adapter la distribution des montres sur tous les modes et d'augmenter l'importance du numérique constituent les deux priorités, ajoute le directeur financier. Actuellement, le commerce électronique ne contribue qu'à une petite part du chiffre d'affaires mais «il va augmenter».

Ces objectifs se reflètent également dans la nouvelle réorganisation annoncée vendredi au sein de la direction. Le directeur des ventes internationales de Cartier Emmanuel Perrin accède à la nouvelle fonction de chef de la distribution dans le segment horlogerie. Une nomination qui suit celle du directeur technologique Jean-Jacques van Oosten dès janvier prochain.

Mais la structure a surtout désormais un nouvel homme fort. Après le départ à la retraite de l'ancien patron Richard Lepeu, Richemont avait abandonné sa fonction pour un dispositif de commandement double, constitué de Jérôme Lambert et Georges Kern.

Le départ du second au bout de quelques mois a incité le groupe à revoir cette mesure. Jérôme Lambert devient directeur opérationnel (COO) pour l'ensemble des activités du groupe à l'exception de Cartier et Van Cleef & Arpels. Il conserve également la responsabilité des plates-formes régionales et des services centraux d'assistance.

«Nous avons une bonne structure. Elle s'est clarifiée», a affirmé M. Grund. Le groupe ne prévoit pas en revanche à court terme de changement en termes de volume de personnel. Mais il ne peut dire quelle sera la situation dans quelques années, a ajouté le directeur financier.

(nxp/ats)