Thurgovie

10 avril 2017 07:00; Act: 10.04.2017 11:02 Print

L'entrepreneur zurichois Rolf Erb a trouvé la mort

Le corps sans vie du dernier directeur général du groupe familial zurichois Erb, mis en faillite en 2003, a été retrouvé samedi à son domicile, le château du Mont-Eugène à Salenstein (TG)

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Rolf Erb. (Photo: Keystone)

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Agé de 65 ans, le dernier patron de l'empire automobile Erb, conglomérat sis à Winterthour (ZH) qui importait jusqu'à sa faillite retentissante les marques japonaises Suzuki et Mitsubishi ainsi que la coréenne Huyndai, entre autres, est décédé de manière naturelle ou a mis fin à ses jours. La police cantonale thurgovienne a confirmé lundi matin une information publiée dans le «Blick». La médecine légale devra déterminer la raison de sa mort.

est décédé de manière naturelle ou a mis fin à ses jours, a indiqué lundi à l'ats un porte-parole de la police cantonale thurgovienne, confirmant une information du Blick.

Les médecins légistes devront déterminer la raison de sa mort. La police exclut un acte criminel d'une tierce personne. Lourdement endetté, le conglomérat Erb a mis la clef sous la porte en 2003, laissant un trou de plus de 2 milliards de francs auprès de 82 banques.

Il s'agit de la 2e plus grande faillite de l'histoire économique de la Suisse, après celle du groupe Swissair. L'empire Erb a été coulé par son soutien à une société immobilière allemande, CBB, dont il était actionnaire majoritaire et qui affrontait de profondes difficultés.

Condamné à sept ans de prison

Trois des quatre holdings du groupe, Herfina (automobile), Unifina (négoce de café et services financiers) et Uniwood (cuisines, fenêtres et commerce de bois) ont été liquidées et en partie reprises. Quant à Uniinvest, où les participations, notamment celle dans CBB, étaient réunies, elle a été mise en faillite.

Reconnu coupable d'escroquerie par métier, de faux dans les titres et de diminution de l'actif au préjudice des créanciers, Rolf Erb a été condamné à une peine d'emprisonnement de sept ans. Fin mars, le Tribunal fédéral (TF) a rejeté un recours de l'héritier déchu, qui invoquait un risque de suicide pour échapper à l'exécution de sa peine.

Rolf Erb avait demandé une nouvelle expertise concernant l'évaluation du risque de suicide s'il devait exécuter sa peine de prison. Les juges de Mon Repos ont, eux, estimé que le premier rapport d'experts ne comportait aucune lacune et qu'il serait par conséquent superflu d'en solliciter une nouveau.

Un mois auparavant, le même TF avait rejeté une plainte de Rolf Erb contre un jugement de la Cour suprême de Thurgovie, confirmant la décision de l'Office des faillites enjoignant la famille Erb de quitter le château du Mont-Eugène. Celle-ci avait jusqu'au 1er mai pour libérer la majestueuse demeure.

Patrimoine intégré à la masse en faillite

Après l'effondrement du groupe Erb, la résidence et d'autres biens avaient été intégrés dans la masse en faillite. Mais peu de temps auparavant, Rolf Erb avait cédé ce joyau du patrimoine architectural thurgovien - construit par le beau-fils de Napoléon - ainsi que l'inventaire, des actions, 13 voitures et de l'argent à sa famille.

En novembre 2015, le TF avait cependant confirmé que ces actifs faisaient partie de la masse en faillite. Rolf Erb a toujours nié en bloc les faits reprochés, rejetant la faute sur son père Hugo qui avait dirigé le groupe jusqu'à son décès, au printemps 2003 ainsi que sur Hans Ziegler, qui a tenté en vain d'assainir l'entreprise.

4900 salariés

Le groupe Erb a été fondé en 1920 avec la création d'un atelier de réparation à Töss, près de Winterthour. Au moment de la faillite, le conglomérat regroupait dans ses quatre holdings pas moins de 82 sociétés et employait 4900 salariés, dont 2900 en Suisse. Il pesait pas moins de 4,5 milliards de francs de chiffre d'affaires.

Le groupe a commencé à rencontrer de premières difficultés financières dans les années 90. Ses dirigeants ont alors entrepris d'embellir les comptes de la société afin d'en cacher le surendettement et de pouvoir obtenir de nouveaux crédits. En 1998, sa dette aurait déjà atteint 1,5 milliard de francs.

(nxp/ats)