France

28 septembre 2017 21:03; Act: 29.09.2017 11:40 Print

Macron est accusé de brader les bijoux de famille

Un accord franco-allemand avec Alstom, un autre avec l'Italie pour les chantiers navals de STX: il n'en fallait pas plus pour que le président français soit accusé de céder deux fleurons de l'industrie française.

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Le président de la République française Emmanuel Macron et le président du Conseil italien Paolo Gentiloni à Lyon, le 27 septembre 2017. (Photo: AFP/Ludovic Marin)

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Après des semaines de crispation, Paris et Rome ont trouvé un terrain d'entente sur la reprise des chantiers navals STX France par l'italien Fincantieri qui en obtient le contrôle sous conditions, aux termes d'un accord «gagnant gagnant», selon le président Macron. L'accord annoncé mercredi soir par le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni à l'occasion d'un sommet franco-italien à Lyon (centre-est) donne aussi le coup d'envoi d'une étude de faisabilité sur un rapprochement franco-italien dans l'industrie navale de défense.

Cet accord est conclu au lendemain d'une autre grande alliance - controversée - entre groupes européens, celle d'Alstom, fleuron du ferroviaire français, avec l'Allemand Siemens. En France, Emmanuel Macron a donné le sentiment de céder coup sur coup deux fleurons de l’industrie française. «Nous pouvons l'un et l'autre dire aujourd'hui que c'est un accord gagnant-gagnant», s'est félicité mercredi le président français en réponse à ces accusations. «Nous sommes à 50-50, avec de vraies garanties», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Gentiloni.


Dans les faits, Fincantieri obtient 50% des chantiers navals de Saint-Nazaire, dans l'ouest de la France, auxquels il faut ajouter 1% «prêté» par l'Etat français, qui se réserve le droit de le reprendre si l'Italien ne respecte pas ses engagements pendant une période de douze ans. Ces engagements portent sur la gouvernance, le savoir-faire des chantiers, les investissements, la préservation de l'emploi et la sous-traitance locale.

C'est autour du chiffre clef de 51%, part que voulait acquérir Fincantieri, que Rome et Paris bataillaient depuis juillet, le gouvernement français refusant de laisser s'échapper l'un des fleurons de l'industrie française.

La solution trouvée prévoit de donner, comme ils le souhaitaient, la direction opérationnelle aux Italiens tandis que les Français ont un droit de veto sur le choix du PDG et diverses questions stratégiques dont l'emploi.

«L'accord est équilibré», ont indiqué à l'AFP des sources proches du ministère italien du Développement économique.

Alliance dans la défense ?

Paris et Rome se sont également entendus pour mettre en place un groupe de travail qui va se pencher d'ici à l'été 2018 sur un rapprochement entre Fincantieri et Naval Group, l'ex DCNS, géant français de la construction navale militaire. Le rapprochement envisagé entre les deux groupes - qui ont déjà collaboré aux programmes de frégate Fremm et Horizon - vise à «créer un champion mondial dans le naval», a déclaré M. Macron.

Cet «Airbus des mers», civil et militaire, pourrait voir Fincantieri et Naval Group participer ensemble à des appels d'offre à l'étranger et peut-être échanger des participations. Le feuilleton des derniers chantiers navals de France, jugés stratégiques pour l'emploi et sur le plan militaire, a connu plusieurs rebondissements.

Le site de Saint-Nazaire, qui construit des paquebots de croisière, mais aussi des navires militaires, emploie 2600 salariés et fait travailler environ 5000 personnes, via des sous-traitants.

Tout commence en 2016, lorsque les chantiers navals STX France, alors seule unité rentable du groupe sud-coréen en difficulté STX Shipbuilding, sont mis en vente à l'occasion d'un redressement judiciaire.

Fincantieri, constructeur contrôlé par l'État italien et seul candidat à la reprise, obtient le feu vert du gouvernement du président français d'alors, François Hollande. Selon l'accord négocié, les Italiens (Fincantieri épaulé par une fondation bancaire de Trieste, où le groupe a son siège) détiendront 55% des parts de STX France contre 45% pour les Français. Le 19 mai, Fincantieri signe un accord pour la reprise des 66,6% détenus par STX Shipbuilding pour un montant de 79,5 millions d'euros.

C'était sans compter sur les changements à la tête de l'exécutif : fraîchement élu, Emmanuel Macron demande de revoir la participation française à la hausse, visant une répartition à 50/50%. Une proposition rejetée par Rome, les Italiens insistant pour détenir au moins 51% du capital et le contrôle du conseil d'administration.

La crise éclate réellement avec la nationalisation «temporaire» fin juillet de STX France par Paris, une décision rarissime destinée à «négocier dans les meilleures conditions», après l'échec des discussions avec Fincantieri. Les deux pays s'étaient alors fixé l'échéance du 27 septembre pour sortir de la crise.

Cette page tournée, les gouvernements français et italien ont un autre dossier épineux à régler: l'avenir de la ligne de train à grande vitesse Lyon-Turin, financée par l'Union européenne, l'Italie et la France, sur laquelle Paris avait indiqué en juillet vouloir faire une pause.

«Nous sommes l'un et l'autre pleinement engagés», a assuré mercredi soir le président Macron.

(20 minutes/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Herve le 28.09.2017 21:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Très bien

    Ben c est l Europe non!? Ils sont l Europe, à eux de construire ensembles ! Cela ne nous regarde pas.

  • moutons de français le 28.09.2017 21:31 Report dénoncer ce commentaire

    "Faites ce que vous voulez mais...

    ... votez Macron" vous l'avez maintenant et j'ai bien peur que vous le méritiez.

  • Lunitéfaitlaforce le 28.09.2017 23:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et ça se veut européen ?

    Ils sont incroyables ces français ! Je pense qu'ils auraient préférés vendre (brader) ces deux industries quelques années plus tard à des chinois, des indiens ou même des Quatari? Surtout que les deux repreneurs sont des fleurons dans leur domaine et qui plus est Européens. Si les californiens rachetaient des entreprises aux Texans, vous croyez réellement qu'il y aurait tout ce pataquès?

Les derniers commentaires

  • Mon Ami le 29.09.2017 15:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vous etes bientôt plus chez vous.

    français attention. pâtes italiennes , saucisses allemandes, vins rouge chinois avec raisins français. l'agriculture qui se meurt comme partout. plus l'industrie qui se barre , ect , ect .

  • Patrem57 le 29.09.2017 15:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comment éviter la faillite du Pays

    Il n a pas le choix ! Le pays est en faillite !!! Travailler moins pour gagner plus n est plus possible. Bonne chance la France, La Grèce fait beaucoup mieux,

  • Bibivador le 29.09.2017 09:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La faillite est en marche

    La France s'endette de 2665 euros de plus chaque seconde ! Et l'Italie qui est à 136% du PIB ! On verra dans 5 ans ou ils seront construits ces bateaux .

    • Garant le 29.09.2017 11:27 Report dénoncer ce commentaire

      Ridicule

      A Genève, bien-sûr. Ou quand la grenouille se moque du boeuf !

  • Investi Ici le 29.09.2017 08:54 Report dénoncer ce commentaire

    Allez comprendre!

    Ils ne devraient pas investir dans leur(s) pays respectif(s), pour aider leurs citoyens à vivre décemment où ils se trouvent ou les entreprises en difficulté souvent par leur faute, avant de vouloir voir si l'herbe est plus verte ailleurs? Les gens ont de moins en moins pour vivre dans leur(s) pays et les grands groupes investissent à l'étranger. Après on s'étonne que plus rien ne fonctionne pour les citoyens de toutes parts.

    • Mat le 29.09.2017 12:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Investi Ici

      les marchés etrangers, sont a l etranger....

  • Maurice Perrenoud le 29.09.2017 08:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aïe

    Aïe ça fait mal ...:-)