Finances

20 avril 2012 18:25; Act: 20.04.2012 21:40 Print

Le FMI lève 41 milliards

Le Fonds monétaire international est en passe d'atteindre son objectif d'une augmentation de ses ressources d'au moins 400 milliards de dollars. Tout ne pourrait toutefois pas être bouclé vendredi à Washington.

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Le Royaume-Uni a notamment promis 15 milliards de contribution. (photo: Reuters)

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Le compteur est monté à 357 milliards de dollars avec quatre nouvelles contributions vendredi: Australie, Corée du Sud, Grande- Bretagne et Singapour.

«Parmi les résultats de ces réunions, nous attendons que notre force de frappe soit considérablement accrue», a déclaré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, à l'ouverture de l'assemblée semestrielle du Fonds.

Le ministre japonais des Finances Jun Azumi a jugé de son côté «très probable» que le FMI réussisse à atteindre son objectif. Les ministres des Finances des pays riches et émergents du G20 ont commencé à en discuter vendredi, après un premier dîner de travail jeudi soir.

Les Etats-Unis, premier actionnaire du Fonds, se sont refusés à débourser le moindre dollar supplémentaire. La position inflexible de Washington a d'ailleurs contraint Mme Lagarde à revoir ses ambitions initiales à la baisse, après avoir estimé en janvier les besoins du Fonds à quelque 600 milliards de dollars. «Aujourd'hui, le risque est moindre», a-t-elle assuré, même si l'Europe «n'est pas tirée de l'ornière».

Présent pour tous ses membres

Elle n'a pas nommé l'Espagne dans sa liste des «nuages sombres» qui planent toujours au-dessus de l'économie mondiale, mais la situation de ce pays continue de préoccuper la communauté financière internationale. «S'il y a un besoin, le FMI doit être là pour tous ses membres», mais «il n'y a pas de besoin de cette sorte pour le moment», a cependant assuré la Française.

Le FMI peut actuellement engager jusqu'à 382 milliards de dollars, selon le dernier point hebdomadaire sur ses finances.

La dirigeante du Fonds, soutenue par les Européens, veut rajouter au moins 400 milliards de dollars à ce total. Elle peut d'ores et déjà compter sur l'engagement pris par le Japon, à hauteur de 60 milliards, sur celui de trois pays scandinaves (Suède, Norvège et Danemark), avec un peu plus de 26 milliards, sur celui de la Pologne, de 8 milliards, sur celui de la Suisse (qui a annoncé jeudi vouloir apporter plusieurs milliards en plus) et d'»autres pays» non identifiés, à hauteur de 26 milliards, et enfin sur la Corée et la Grande-Bretagne (15 milliards chacune), l'Australie (7 milliards) et Singapour (4 milliards).

Ces nouvelles contributions viennent s'ajouter à celles des pays de la zone euro qui ont promis 150 milliards d'euros en janvier. Après son engagement de se doter d'un «pare-feu» de quelque 800 milliards d'euros, l'Europe estime avoir rempli sa part du contrat et attend désormais des autres pays qu'ils fassent un geste.

Chine et Brésil se font attendre

«Le débat sur les ressources doit être conclu», a affirmé vendredi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble à la presse.

Le vice-ministre russe des Finances Sergueï Stortchak, cité vendredi par l'agence Itar-Tass, a indiqué que la Russie était prête à accorder 10 milliards de dollars supplémentaires au FMI. Mais ce chiffre n'est pas dans le décompte du Fonds. La Chine et d'autres pays émergents comme le Brésil se font attendre.

Mme Lagarde se dit «disposée à laisser la question ouverte pendant quelques semaines, certains pays ayant besoin de plus de temps pour obtenir l'approbation» de leurs parlements.

(ats)