Industrie automobile

02 août 2017 09:53; Act: 02.08.2017 19:12 Print

5,3 millions de voitures seront rappelées

Patrons et politiques allemands se sont réunis mercredi à Berlin pour tenter de désamorcer la crise du dieselgate.

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Le but immédiat des industriels était d'éviter les interdictions du diesel dans les grandes villes. (Mercredi 2 août 2017)

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L'industrie automobile allemande, en pleine crise existentielle, s'est engagée mercredi à réduire les émissions polluantes en adaptant le logiciel de 5,3 millions de véhicules diesel. Un «premier pas» concédé sous la pression gouvernementale.

«Nous identifierons ensuite d'autres mesures», a averti la ministre de l'Environnement Barbara Hendricks à la sortie du «forum national» sur le diesel tenu à Berlin sous l'égide du gouvernement, prévenant que les constructeurs devraient faire encore «plus».

Le ministre des transports, Alexander Dobrindt a souligné que ces décisions doivent conduire «à une baisse très rapide des émissions».

Eviter les interdictions

Le but immédiat des industriels était d'éviter les interdictions du diesel qui menacent dans certaines grandes villes - une perspective cauchemardesque pour quelque 15 millions d'automobilistes allemands et pour les groupes concernés.

Les constructeurs ont donc promis de rappeler à leurs frais 5,3 millions de véhicules diesel en Allemagne d'ici fin 2018, avec l'objectif imposé de réduire de 30% les émissions d'oxyde d'azote (NOx) par une mise à jour logicielle.

Ce chiffre intègre les 2,5 millions de véhicules déjà rappelés ces derniers mois par le groupe Volkswagen, alors que les autres groupes automobiles ont aussi procédé de leur côté au rappel de centaines de milliers de voitures diesel.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de la Fédération allemande de l'industrie automobile (VDA) n'a pas pu indiquer à combien de nouveaux véhicules correspond la promesse faite mercredi, laissant planer une incertitude sur la portée réelle de cet engagement.

Triche et manipulation

Cette mise à jour logicielle était déjà considérée comme une solution a minima par ceux qui prônent plutôt des modifications techniques sur les voitures, plus coûteuses, et surtout des interdictions de circulation.

Le rappel «est une mesure bienvenue, mais pas une solution à long terme à la pollution de l'air», a déploré Greg Archer, de l'ONG Transport et Environnement, appelant plutôt à investir dans les véhicules électriques.

«Ca ne suffira malheureusement pas à ramener les niveaux d'émission des villes les plus polluées en dessous des objectifs légaux», a renchéri Winfried Kretschmann, chef du gouvernement Vert du Land du Bade-Wurtemberg, berceau important de l'industrie automobile.

Tous les constructeurs en Allemagne, Volkswagen et ses marques Audi et Porsche, Daimler (Mercedes-Benz), BMW mais aussi Opel et l'américain Ford, participaient à Berlin à ce «forum national» sous l'égide du gouvernement, qui se tient près de deux ans après le début du scandale Volkswagen.

Volkswagen, numéro un mondial de l'automobile, avait reconnu alors avoir équipé 11 millions de véhicules diesel d'un logiciel truqueur qui enclenchait un mécanisme interne de limitation des gaz polluants pendant les contrôles. Les soupçons se sont étendus depuis à toute l'industrie, soumise à différentes enquêtes judiciaires.

Secteur économique majeur

Le contexte est encore alourdi par la révélation de soupçons de cartel entre constructeurs allemands, qui aurait selon l'hebdomadaire Spiegel jeté les bases de la manipulation des émissions polluantes.

Si le gouvernement allemand veut faire preuve de fermeté face aux constructeurs, il lui faut aussi soutenir un secteur qui assure environ un cinquième des exportations du pays et représente plus de 800'000 emplois.

Par ailleurs, une étude menée par Greenpeace montre que 57% des Allemands soutiennent l'idée d'une interdiction dans les villes les plus polluées des véhicules diesel. Pourtant, ces véhicules restent très populaires en Allemagne où, en juillet, ils ont représenté 45% des ventes de voitures neuves.

Refonte voulue

Les fabricants allemands ont ainsi lourdement investi ces dernières années dans les moteurs diesel, car ils émettent moins de dioxyde de carbone que les versions essence. C'est pour cette raison qu'Angela Merkel a appelé à ne pas «diaboliser le diesel».

Mais le revers de cette technique est qu'elle émet davantage d'oxyde d'azote, qui contribue à la formation en ville de «smog», une brume responsable de maladies respiratoires et cardiaques.

A l'approche des élections législatives du 24 septembre, la question est devenue un sujet de rivalité entre sociaux-démocrates et conservateurs. Le candidat social-démocrate Martin Schulz a notamment jugé «insupportable» l'absence au sommet de la chancelière, actuellement en vacances.

Approbation silencieuse

Mais pour Stefan Bratzel, expert automobile et directeur du Center of Automotive Management, la responsabilité de la crise est largement partagée.

Les fabricants se sont certes fourvoyés en trichant sur les émissions, mais c'était «avec l'approbation silencieuse des instances politiques» de tous bords. C'est donc une «refonte complète» des relations entre l'industrie et les pouvoirs publics qui s'impose, selon lui.

Les constructeurs allemands comptent sur les ventes de moteurs diesel modernes, dit «dépollués», pour parvenir à respecter la réglementation européenne en matière de réduction d'émission.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • charimearien le 02.08.2017 17:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    encore des tricheur absous de leur cupidité

    Faut les punir, pas les aider, non mais. Le simple ouvrier se fait durement TAPER sur les doigts, pourquoi pas les Big boss ne payeraient-ils pour leurs tricheries???

Les derniers commentaires

  • charimearien le 02.08.2017 17:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    encore des tricheur absous de leur cupidité

    Faut les punir, pas les aider, non mais. Le simple ouvrier se fait durement TAPER sur les doigts, pourquoi pas les Big boss ne payeraient-ils pour leurs tricheries???

    • Jimmy le 03.08.2017 07:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @charimearien

      Oui. Mais le problème est qu'on ne peut pas punir sans en connaître les conséquences et il y a 800000 personnes derrière ça. Il faut prendre des mesures de manière progressive.