Chantiers navals

27 septembre 2017 19:24; Act: 27.09.2017 19:24 Print

Paris et Rome veulent un «Airbus naval»

La France et l'Italie ont trouvé mercredi un accord pour la reprise des chantiers navals STX-France par l'italien Fincantieri.

storybild

Le chantier naval STX à Saint-Nazaire. (Photo: AFP)

Une faute?

La France et l'Italie ont annoncé mercredi un accord selon lequel le groupe italien Fincantieri prendra le contrôle des chantiers navals STX de Saint-Nazaire, sous d'étroites conditions. Les deux pays vont aussi examiner, d'ici juin 2018, la possibilité d'un rapprochement entre Naval Group et Fincantieri.

L'accord, dont les détails ont été annoncés par la présidence de la République avant une déclaration d'Emmanuel Macron et du président du Conseil Paolo Gentiloni à Lyon, doit mettre fin à des mois de tensions entre les deux pays sur ce sujet.

Après la décision de la France de revenir sur l'accord conclu avec Fincantieri sous la présidence de François Hollande, l'accord prend en compte les susceptibilités nationales, avec un équilibre à 50-50 des intérêts nationaux. Avec une subtilité. Fincantieri aura 50% du capital, l'Etat français 34,34%, Naval Group 10%. Sous conditions de réalisation, 2% iront aux salariés de STX et 3,66% aux sous-traitants locaux de STX. Mais l'Etat français prêtera 1% du capital à Fincantieri, ce qui permettra au groupe italien d'avoir 51% des droits de vote.

Emploi garanti

L'Etat pourra reprendre ce 1% au bout de 2, 5, 8 et 12 ans s'il estime que Fincantieri n'a pas respecté ses engagements, qui portent sur les règles de gouvernance, la préservation de l'emploi et du tissu de sous-traitance, du savoir-faire, de la propriété intellectuelle et du niveau d'investissement. Si l'Etat français reprend ce 1%, Fincantieri pourra exiger que l'Etat français rachète sa part de 50%.

Si les employés ou les sous-traitants locaux ne peuvent acquérir 2% et 3,66% du capital, Naval Group aurait vocation à les reprendre, a-t-on précisé. La direction des chantiers sera nommée par Fincantieri. Mais le gouvernement français aura un droit de veto.

Le conseil d'administration comportera huit membres: quatre nommés par Fincantieri, dont le directeur général, deux par l'Etat français, un par Naval Group et un par les employés. Des droits spéciaux pour l'Etat français sont, par ailleurs, attachés à l'activité militaire des chantiers.

Les engagements pris dans le précédent accord de reprise des chantiers par Fincantieri en avril, qui portent notamment sur l'activité et la non prise de contrôle, demeurent. France et Italie ont un fort intérêt à rapprocher Naval Group et Fincantieri. Mais l'opération serait complexe et n'est pas certaine d'aboutir, a-t-on souligné à la présidence française. Les groupes Thales et Leonardo sont associés à ces discussions car ils sont d'importants fournisseurs des deux groupes, Thales étant par ailleurs actionnaire de Naval Group. Mais ils ne font pas partie du périmètre des négociations, a-t-on dit de même source.

(nxp/ats)