Grèce

18 mai 2017 23:53; Act: 19.05.2017 08:51 Print

De nouvelles mesures de rigueur adoptées

Le Parlement grec a adopté jeudi soir de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses d'impôts réclamées par les créanciers.

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Le Parlement grec a adopté jeudi soir une baisse des retraites et des hausses d'impôts réclamées par les créanciers d'Athènes. Ces nouvelles mesures d'austérité sont censées permettre le versement d'une nouvelle tranche d'aide au pays, qui espère aussi un allégement de sa dette.

Les principaux articles de la loi qui comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts, ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale. Cent cinquante-trois députés de la gauche Syriza d'Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel ont dit «oui». Mais sur 281 députés présents, 128 ont voté contre.

En revanche, une grande majorité des députés de tous les partis, de la droite de la Nouvelle-Démocratie aux communistes KKE ont voté en faveur de deux articles de cette loi prévoyant la suppression des avantages fiscaux des députés et la réduction de la TVA pour équipement agricole de 24% à 13%.

Les 17 députés du parti néo-nazi d'Aube dorée n'étaient pas présents au débat parlementaire. A la suite d'une décision parlementaire, ils avaient été exclus, après qu'un de leurs députés a harcelé mardi dans la salle de l'assemblée un député de droite.

Athènes tient ses promesses

Le gouvernement grec dominé par Syriza (gauche radicale, anti-austérité) espère que l'adoption de ces mesures, quatre jours avant une réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, convaincra les créanciers, UE et FMI, qu'Athènes peut obtenir une tranche de 7,5 milliards d'euros d'aide et un nouvel allégement de sa dette.

Cette nouvelle tranche d'aide doit notamment servir à rembourser quatre milliards d'euros à la BCE le 20 juillet et deux milliards à des investisseurs privés.

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras a déclaré peu après l'adoption du projet de loi, qu'Athènes venait de tenir ses engagements sur les réformes et que le pays attendait désormais des créanciers internationaux qu'ils tiennent les leurs sur la question de la dette. «A leur tour d'honorer leurs engagements, comme nous l'avons fait», a-t-il lancé.

«Nous attendons de la réunion de l'Eurogroupe, qui aura lieu lundi, une décision, que nous méritons, concernant un allégement de la dette, qui correspondra aux sacrifices de la population grecque», a-t-il estimé. L'énorme dette publique grecque atteint 179% du PIB. Avouant que les nouvelles mesures sont «difficiles», il a toutefois espéré qu'elles contribueraient «à la stabilité du pays et la reprise».

Economies de 4,9 milliards

Les nouvelles mesures de rigueur prévoient des économies de 4,9 milliards d'euros. Elles doivent être appliquées dans les années suivant la fin du plan actuel d'aide (2015-2018), soit entre 2019 et 2021, dans le cadre du budget de moyen terme débattu depuis lundi au Parlement.

La nouvelle loi comprend également des mesures de compensation pour les plus démunis, comme des aides sur les loyers et les médicaments.

Alors que la Grèce est soumise à une austérité stricte depuis l'éclosion de la crise de la dette en 2010, elle peine toujours à sortir de la récession. Le PIB s'est contracté de 0,5% sur un an au premier trimestre, après une croissance zéro en 2016.

En début de soirée, plus de 12'000 manifestants, dont la majorité du syndicat communiste Pame, se sont rassemblés devant le Parlement avec des banderoles frappées des mots «Non aux plans d'aide! Non à l'austérité!».

Des échauffourées se sont produites entre les policiers et de petits groupes d'individus cagoulés qui lançaient des cocktails Molotov. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser.

(nxp/afp)