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Zurich
06 février 2012 07:34; Act: 06.02.2012 17:42 Print
Difficile année 2011 pour Julius Bär
La banque zurichoise Julius Bär a vu son bénéfice net fondre en 2011 avec une baisse enregistrée de 10%.
Confronté à la vigueur du franc, à des vents contraires sur les marchés et aux mutations du cadre réglementaire, Julius Baer a vu sa rentabilité chuter l'an passé. L'établissement zurichois a dégagé un bénéfice net de 258 millions de francs en baisse de 27% au regard de 2010.
La performance est intervenue dans un environnement de marché très volatil, avec la crise de la dette en Europe et d'importants mouvements au niveau des devises, a relevé lundi à Zurich Boris Collardi, le directeur général du gestionnaire de fortune. De plus, l'établissement doit faire face aux mutations du cadre réglementaire.
Des changements qui ont pesé sur la performance affichée en 2011, Julius Baer ayant versé 65 millions de francs dans le cadre d'un accord fiscal à l'amiable avec les autorités allemandes. Ce versement est venu réduire de 51 millions le bénéfice net hors amortissements, charges d'intégration et de restructuration, lequel s'est fixé à 401 millions, 21% de moins qu'un an auparavant.
Sans tenir compte de ce versement, il s'est établi à 452 millions de francs, en repli de 10%. Malgré ces vents contraires, Julius Baer a vu la dynamique de ses affaires se prolonger l'an passé, a poursuivi le Vaudois. Solide, l'afflux net de nouveaux capitaux s'est chiffré à 10,6 milliards, à nouveau en hausse de 6%, soit dans la partie haute des attentes.
Revenus en baisse
Toutes les régions ont contribué à cet afflux de fonds, la majeure partie revenant toutefois aux marchés émergents, à savoir l'Asie, la Russie et l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient et l'Amérique latine. Mais les affaires domestiques en Suisse et en Allemagne ont également apporté de l'argent frais.
A fin 2011, les actifs sous gestion s'établissaient à 170 milliards de francs, quasiment inchangés par rapport à l'année précédente, alors que le total des actifs de la clientèle s'est contracté de 3% à 258 milliards. L'afflux net de capitaux n'a pas permis de compenser le repli de 8,1 milliards consécutif à la performance des marchés et de 1,4 milliard lié à l'appréciation du franc, a indiqué le chef des finances, Dieter Enkelmann.
Côté revenus, le produit net d'exploitation s'est contracté de quelque 2% à 1,75 milliard de francs, alors que les charges d'exploitation se sont pour leur part accrues de 7% à 1,28 milliard de francs. Une hausse qui reflète principalement l'accord fiscal passé avec les autorités allemandes.
Amende américaine attendue
Et, à l'image d'une dizaine d'autres établissements helvétiques, Julius Baer n'en a pas encore terminé avec les conflits fiscaux, notamment celui opposant la Suisse aux Etats-Unis. La banque s'attend à ce que les autorités américaines lui infligent une amende - d'un montant pour l'heure encore impossible à estimer, selon M. Collardi.
Julius Baer devra également livrer des données concernant des clients américains dans le cadre légal négocié entre la Suisse et les Etats-Unis, a-t-il noté. La banque a déjà fourni des documents concernant ses activités aux autorités d'outre-Atlantique.
Dans cette affaire, Julius Baer a agi de manière «proactive» et la banque «continuera à coopérer pleinement avec les autorités américaines», a assuré son jeune patron. L'établissement soutient «pleinement» les négociations américano-suisses, confiant qu'elles déboucheront sur «une solution satisfaisante pour les deux parties».
En voie d'achever un programme de rachat d'actions lancé en mai dernier, Julius Baer se propose d'en initier un nouveau portant sur un montant maximal de 500 millions de francs. Le groupe n'en reste pas moins à l'affût d'éventuelles acquisitions, conscient que les mutations actuelles du secteur offrent des opportunités.
Titre sous pression
Julius Baer continue de cibler les marchés émergents ainsi que les activités de filiales helvétiques de banques étrangères. Pour mémoire, l'établissement zurichois s'est fait souffler il y a peu par le groupe Safra la banque Sarasin, qu'il visait également.
En ligne avec les attentes des analystes, la performance n'a pas satisfait les investisseurs. A la Bourse suisse, le titre Julius Baer a clôturé en baisse de 3,81% à 36,4 francs dans un marché de valeurs vedettes SMI en repli de 0,1%.
(ats)











