Commerce en ligne

26 novembre 2012 06:00; Act: 26.11.2012 11:40 Print

Groupon chute, les sites romands grimpent

par Caroline Goldschmid - Le leader mondial de l’achat groupé est en crise. Alors qu’en Suisse, les petits sites du même genre cartonnent. Eclairage.

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Groupon est actif dans 48 pays, dont la Suisse depuis l'an dernier. Le site publie chaque jour environ trois deals valables à Lausanne ou Genève. (photo: AFP)

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Une perte de près de 3 millions de francs au 3e trimestre, un recul des activités en Europe et des prévisions jugées «faibles» par les experts: Groupon est dans la tourmente. Pour sauver sa valeur boursière (qui a dégringolé de 30% le 9 novembre), le fonds new-yorkais Tiger Global Management a acquis 9,9% des parts du leader mondial de l’achat groupé sur internet.

Mais l’entreprise implantée dans 48 pays semble forcée de revoir sa stratégie. Aux Etats-Unis, un sondage a révélé que 40% des commerçants ne souhaitaient plus collaborer avec elle, a ­indiqué Reuters. Ce qui les dérange? Groupon se prendrait une marge trop importante et le taux de fidélisation des clients qu’engendrent les promotions est trop bas.

«Leurs commerciaux pressent les prestataires pour conclure un maximum de deals. Et après, ils se retrouvent débordés par l’afflux de clients», analyse Yan Luong, responsable des médias sociaux à l’EPFL. «Groupon vise une croissance à tout prix en délaissant le service. Et ça commence à se savoir.»

De son côté, le site préfère mettre en avant qu’il fait «découvrir des offres à des prix imbattables», trois par jour en moyenne à Lausanne et à Genève. Et le service après-vente? «Nous travaillons continuellement pour optimiser la qualité de nos services clients», répond Groupon.

Pour le patron de QoQa.ch, le leader mondial doit impérativement changer de stratégie. «Ce qui donne du crédit à une entreprise, c’est le respect du fournisseur, estime Pascal Meyer. Alors que Groupon, c’est plutôt une machine à fric. Leurs offres sont basées sur des conditions hyperdrastiques et tôt ou tard, il devait y avoir un retour de manivelle.»

Le site qui partage un bon plan par jour mise sur un service après-vente sans faille, une grande proximité avec sa communauté et une vraie transparence. Stratégie qui réussit également à TopDeal (lire ci-contre). «Contrairement à Groupon, nous avons le luxe d’être petits, proches de nos clients, et de pouvoir nous adapter facilement à la demande», remarquent les deux fondateurs, Minh-Long et Minh-Anh Pham.

Pour la petite société, qui a soufflé sa première bougie le 22 novembre dernier, nul besoin d’investir dans de la publicité: c’est la communauté qui défend la marque en faisant fonctionner le bouche à oreille, à travers les réseaux sociaux notamment. «Groupon a une armada de commerciaux, alors que nous, ce sont les prestataires qui viennent d’eux-mêmes nous proposer une collaboration», se réjouissent les deux associés de TopDeal.

L’arrivée de Groupon en Suisse l’an dernier n’a donc en rien ébranlé ces deux sites romands. Au contraire, cela leur a probablement apporté de nouveaux membres, déçus du service du géant américain. Pas question toutefois pour ces jeunes entrepreneurs de se reposer sur leurs lauriers: QoQa planche sur une application communautaire et TopDeal vient de lancer une nouvelle plateforme. Cette dernière sera complétée, d’ici à la fin de l’année, par une WebApp.