Crise de la dette

06 décembre 2012 13:54; Act: 06.12.2012 18:22 Print

La BCE maintient son principal taux directeur

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé son principal taux directeur inchangé à 0,75%, son plus bas niveau historique auquel il est rivé depuis juillet.

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La Banque centrale européenne (BCE) se montre plus pessimiste concernant la croissance en zone euro, l'an prochain. L'institut monétaire laisse, du reste, ses taux d'intérêt inchangés.

Alors que la région est entrée en récession au troisième trimestre, la BCE prévoit désormais un recul de son produit intérieur brut (PIB) de 0,3% en 2013, alors qu'en septembre elle escomptait encore une croissance de 0,5%.

Pour cette année, l'institution de Francfort a aussi révisé à la baisse sa prévision de contraction du PIB, à -0,5% contre -0,4% précédemment, Pour 2014, elle table sur une fourchette large allant de 0,2% à 2,2% ( 1,2% en moyenne), signe que l'incertitude sur l'avenir prédomine.

Lors de sa conférence de presse mensuelle jeudi, son président, Mario Draghi, a répété s'attendre à ce que la zone euro ne commence à se remettre de la crise que graduellement et pas avant la seconde moitié de 2013.

Ce pessimisme, couplé avec une révision à la baisse de ses prévisions d'inflation (...), «auraient pu être une invitation idéale à une nouvelle baisse de taux», commente Carsten Brzeski.

Certains gouverneurs l'ont même réclamée, a laissé entendre M. Draghi, parlant d'une «large discussion» à ce sujet. Mais, «au final, le consensus qui a prévalu a été de laisser les taux inchangés», a-t-il ajouté. Soit à 0,75% pour le principal taux directeur, son plus bas niveau historique auquel il stationne depuis juillet.

Sans surprise

Une décision qui n'a étonné personne, les membres du directoire de la BCE s'appliquant ces derniers mois à qualifier sa politique monétaire de suffisamment accommodante, voire «très accommodante» selon M. Draghi.

Face aux perspectives moroses et à un chômage record en zone euro, l'Italien a en outre évoqué des «signaux contradictoires» pouvant présager d'une éventuelle amélioration de la situation.

En l'occurrence, des marchés apaisés depuis qu'il a affirmé cet été que la BCE ferait tout ce qui est en son pouvoir pour préserver l'intégrité de la zone euro, des taux d'emprunt en recul pour les pays en difficulté ainsi que la hausse de certains indicateurs du moral des ménages (en Italie, en Allemagne et en France) ou des entrepreneurs (l'Ifo en Allemagne).

«Les prévisions pessimistes de la BCE, le ton sombre de son communiqué et le fait que M. Draghi ait admis une discussion sur une baisse potentielle de taux laissent la porte ouverte à une baisse de taux début 2013», estime toutefois Holger Schmieding, de la banque Berenberg, même s'il juge qu'elle pourra l'éviter.

Soutien aux banques

Par ailleurs, M. Draghi a réaffirmé le soutien de son institution aux banques de la zone euro, dont il espère qu'elles relâchent enfin les conditions du crédit afin d'encourager la croissance.

Les conditions généreuses de ses opérations de prêts aux instituts de crédit seront prolongées jusqu'en juillet. En clair, la BCE continuera de leur prêter des montants illimités et à taux fixe sur une semaine et un mois. Quant aux prêts sur trois mois, six nouvelles opérations sont prévues d'ici à juin.

Interrogé sur son nouveau programme de rachat de dette publique (programme OMT) annoncé en septembre mais toujours pas enclenché, M. Draghi a répété que les conditions de sa mise en oeuvre n'étaient pas remplies puisqu'aucun Etat, et en premier lieu l'Espagne pressentie pour l'inaugurer, n'a fait appel à l'aide de ses partenaires.

L'Espagne souhaite que la BCE lui donne des assurances concernant les taux auxquels le pays devrait se refinancer sur les marchés si le pays faisait appel à l'aide européenne, ce à quoi l'institution se refuse.

(ats)

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