Suisse

10 novembre 2017 07:04; Act: 10.11.2017 07:04 Print

La plupart des entreprises électriques se portent bien

Exceptés Alpiq et Axpo, le secteur actif dans la production d'électricité se porte bien, selon une étude de la Confédération.

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(Photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration)

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Toutes les entreprises électriques ne se portent pas mal. Une étude mandatée par la Confédération montre que seuls les deux grands groupes Alpiq et Axpo sont en difficulté. Ce constat pourrait influencer les débats politiques sur un soutien étatique.

Depuis quelque temps, la situation économique des entreprises électriques est à l'ordre du jour de l'agenda politique. L'étude publiée vendredi, réalisée par la société EY, relativise toutefois la supposition que toute la branche connaît des difficultés.

Selon l'étude, qui analyse l'évolution de la situation financière du secteur suisse de l'électricité au cours des dix dernières années, les entreprises peuvent être divisées en deux groupes. Le premier est constitué par Alpiq et Axpo, le second par toutes les autres entreprises.

Entre 2007 et 2016, les résultats d'Alpiq et Axpo se sont dégradés et des pertes nettes ont été enregistrées dès 2011. Le chiffre d'affaires cumulé a presque diminué de moitié. Quant à la part du capital étranger, elle est passée de 24 à 49%.

Evolution positive pour toutes les autres

Durant la même période, toutes les autres entreprises ont connu une évolution positive de leurs résultats. Leur chiffre d'affaires a progressé, ce qui n'a pas empêché le résultat net cumulé de ce groupe de se dégrader.

«Ces effets sont principalement dus aux actionnaires d'Alpiq et d'Axpo, dont les résultats ont été détériorés par le biais de leurs participations dans ces entreprises», souligne l'étude. La part du capital étranger de ce groupe a légèrement augmenté, mais en restant à un niveau relativement bas de 20%.

Moins de revenus pour les cantons

Les dividendes versés aux cantons par les fournisseurs d'énergie ont fondu entre 2007 et 2016. En revanche, ceux qu'ont touchés les villes et communes se situent au même niveau, selon l'étude.

Conséquence directe des mauvais résultats d'Axpo et Alpiq, les cantons du Plateau détenant plus de 10% des parts de ces entreprises ont enregistré la plus forte baisse des dividendes. Globalement, les dividendes versés aux cantons ont diminué de 40% en dix ans, alors que ceux empochés par les villes et communes se situaient l'année dernière au niveau de 2007.

Redevances hydrauliques

Quant aux redevances hydrauliques, si elles ont augmenté d'environ 40% entre 2007 et 2015, les sommes ont été pour la plupart perçues par les cantons du Valais et des Grisons.

En termes de fiscalité, «les impôts payés ont considérablement diminué au cours de la période considérée, en raison notamment de la baisse des impôts payés par les grandes entreprises d'approvisionnement en énergie (EAE)», écrivent les auteurs de l'étude. Les impôts payés par les autres EAE sont restés stables.

L'étude a été mandatée par l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) et la Commission fédérale de l'électricité (ElCom).

Au Parlement, des voix se sont déjà élevées pour exiger une «task force» afin d'éviter un écroulement du secteur de l'électricité. Mais au Conseil national, la ministre de l'énergie Doris Leuthard a estimé qu'il n'appartient pas à la Confédération de s'impliquer pour préserver les résultats des entreprises. Cette tâche incombe avant tout aux cantons qui y détiennent des participations et aux autres actionnaires.

(nxp/ats)