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Grèce
10 février 2012 06:35; Act: 10.02.2012 18:19 Print
La zone euro lance un ultimatum
La zone euro a donné moins d'une semaine à la Grèce pour répondre à plusieurs exigences, avant de pouvoir accorder à Athènes une aide cruciale pour le pays.
«En dépit des progrès importants réalisés ces derniers jours, nous n'avons pas eu tous les éléments nécessaires sur la table pour prendre des décisions» dans l'immédiat, a dit le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de l'Union monétaire à Bruxelles.
Trois ministres d'extrême-droite démissionnentTrois des quatre ministres du parti d'extrême-droite grec Laos s'opposant aux nouvelles mesures d'austérité demandées par les créanciers du pays, ont présenté vendredi leur démission au Premier ministre Lucas Papademos, a indiqué l'Agence de presse grecque, Ana (semi-officielle).
Ces démissions sont intervenues deux heures après que le chef du parti Georges Karatzaféris eut indiqué qu'il n'allait pas voter le nouveau plan de rigueur imposé en échange d'un prêt international de 130 milliards d'euros. Tout ministre qui s'oppose aux mesures «sera remplacé», avait prévenu peu avant une source gouvernementale.
«Je ne peux pas voter» ce plan d'austérité qui «humilie le pays (...), ce n'est pas la bonne solution», a déclaré M. Karatzaferis lors d'une conférence de presse, au lendemain de l'annonce par le gouvernement d'un accord des trois partis gouvernementaux (socialistes, droite et extrême-droite) sur ce plan.
Tout ministre qui s'oppose aux mesures «sera remplacé», avait prévenu peu avant une source gouvernementale sans toutefois donner de date précise pour un tel remaniement limité. Une ministre socialiste quitte aussi le gouvernement
La ministre socialiste, adjointe aux Affaires européennes, Mariliza Xenoyannakopoulou, cadre et député du parti socialiste Pasok, a annoncé vendredi sa démission du gouvernement grec de coalition en réaction au nouveau plan de rigueur exigé par les créanciers du pays.
Mme Xenoyannakopoulou est le premier membre du Pasok, qui détient la majorité des sièges au parlement, à quitter l'équipe gouvernementale dirigée par Lucas Papademos et composée des socialistes, de la droite conservatrice et de l'extrême droite.
«Malheureusement la Troïka (UE-BCE-FMI, ndlr) ne tient pas compte des conséquences de la mise en oeuvre du premier plan de rigueur (...) et décide de prendre des mesures qui vont dramatiquement creuser la récession et accroître la colère sociale», écrit la ministre dans une lettre adressée à M. Papademos.
«L'insistance de la Troïka à mettre en place ces mesures viole directement le traité de Lisbonne qui sauvegarde la cohésion sociale, les conventions collectives et l'autonomie des partenaires sociaux, dont fait également état le traité sur la discipline budgétaire adopté lors du dernier sommet européen du 30 janvier», poursuit-elle.
Son départ intervient dans la foulée de la démission des quatre membres du parti Laos (extrême droite) qui détenaient un portefeuille au sein du gouvernement grec. Ils protestent également contre la mise en place de nouvelles mesures de rigueur.
Une nouvelle réunion de ce forum est prévue le mercredi 15 février pour approuver le nouveau programme d'aide de 130 milliards d'euros promis à la Grèce par l'Europe en octobre, ainsi qu'un plan d'effacement de dette par les banques d'une ampleur historique au niveau mondial. Sous réserve que les conditions posées soient remplies.
D'ici là, le parlement grec va devoir approuver dimanche le plan de rigueur sur lequel les partis politiques grecs et les représentants des créanciers publics du pays réunis au sein de la «troïka» (UE-BCE-FMI) se sont mis d'accord sur le principe jeudi, a encore averti M. Juncker.
Souhait par Juncker
Mais le Premier ministre luxembourgeois s'est montré absolument certain que le parlement grec adopterait le plan.
Par ailleurs, le gouvernement grec a quant à lui jusqu'à mercredi pour trouver «des économies supplémentaires à hauteur de 325 millions d'euros» dans le budget 2012.
Enfin, la zone euro exige que les partis au pouvoir à Athènes apportent des garanties par écrit sur leur soutien au plan de rigueur. «Nous voulons des engagements réels» sur les réformes qui sont menées, a souligné M. Juncker.
La patience des pays de la zone euro est à bout face à la lenteur des réformes en Grèce et M. Juncker a reconnu que le ton des échanges autour de la table avait parfois été «assez vif».
Critique
Le ministre grec des Finances, le socialiste Evangélos Vénizélos, a reconnu à la fin de la réunion que «de nombreux pays ont trouvé des lacunes» dans le plan de rigueur qui leur a été présenté, et il en a tenu pour responsable le chef des conservateurs grecs Antonis Samaras, qui «n'a pas encore signé» l'intégralité des mesures prévues à l'origine.
A présent, «il faut que le parti (conservateur) décide s'il veut que la Grèce reste dans la zone euro, il faut le dire clairement. S'ils ne le veulent pas, il faut le dire aussi», a-t-il lancé.
Le montant de 325 millions d'euros d'économies au total réclamé par les partenaires d'Athènes d'ici à mercredi correspond à des coupes dans les dépenses refusées tout particulièrement par les conservateurs grecs de M. Samaras, favori des sondages dans la perspective d'élections prévues au printemps.
M. Samaras s'est prévalu d'avoir «évité le pire» en bloquant toute une série de mesures de rigueur réclamées par l'UE et le Fonds monétaire international (FMI).
Mesure évoquée par Rehn
Si la Grèce a encore beaucoup à faire pour les contenter, en revanche du côté des négociations avec ses créanciers privés (banques, assureurs et fonds d'investissements) pour effacer 100 milliards d'euros de dette, «le projet d'accord est pratiquement finalisé», a dit le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.
L'objectif est de parvenir par ce biais à réduire le niveau de la dette publique globale de la Grèce à un niveau jugé soutenable, soit 120 % du Produit intérieur brut (PIB) national en 2020. Ce seuil est une condition fixée par le FMI pour continuer de son côté à prêter de l'argent à Athènes.
Mais si l'effacement de dette par les banques ne permet pas de revenir à l'objectif de ratio de 120%, les gouvernements de la zone euro, ou des institutions comme la BCE, seront alors contraints d'apporter une contribution supplémentaire pour y parvenir.
Appel lancé
«Le temps commence à manquer» pour parvenir à un accord global car la Grèce risque le défaut de paiement le 20 mars, à l'expiration de 14,5 milliards d'obligations, mais «nous sommes encore dans les temps», a assuré M. Rehn.
Il a aussi dit que la proposition franco-allemande de créer un compte bloqué spécial pour s'assurer du remboursement de la dette grecque était «sérieusement envisagée» par la Commission et les experts de la zone euro.
Les deux grandes centrales syndicales grecques et le syndicat communiste PAME ont appelé à une grève générale vendredi et samedi.
(ats/afp)












