Suisse

19 juin 2017 10:22; Act: 19.06.2017 10:22 Print

Les entreprises recourent aux prévisions météo

Les entreprises essaient en effet de prédire le comportement de leurs clients et de préparer des marchandises adaptées.

storybild

La météo est une variable importante pour de nombreuses entreprises ou commerces. (Photo: Keystone)

Une faute?

Grâce à des prévisions météorologiques précises, les entreprises tentent de prédire le comportement de leurs clients. Des saucisses à rôtir en quantité dans les rayons en cas de beau temps ou au contraire des parapluies proposés avant de passer à la caisse lors de fortes pluies ne doivent donc rien au hasard.

Quelque 65% des produits du commerce de détail sont dépendants de la météo et les gérants des magasins doivent calculer avec précision leurs stocks. Ils font donc établir des prévisions détaillées et géographiquement ciblées, de sorte que les marchandises soient prêtes à temps et adaptées à la météo.

«Le temps joue un rôle très important», affirme Kevin Zimmerli, responsable du marketing du centre commercial Shoppi Tivoli à Spreitenbach (AG). Lors d'un samedi ensoleillé, le plus grand centre d'achats de Suisse enregistre jusqu'à 20% de visiteurs en moins.

S'il ne peut rien y changer, le centre peut toutefois optimiser ses coûts, grâce à sa propre station météo. Si les prévisions annoncent une vague de chaleur, les magasins et les restaurants peuvent à l'avance prévoir moins de personnel et annuler certaines publicités réservées. A l'inverse, en cas de mauvais temps, davantage de personnel de nettoyage sera par exemple mobilisé.

Le temps est de l'argent

Le commerce de détail n'est pas la seule branche sensible aux conditions météo. Les experts estiment que 80% des entreprises pourraient profiter d'avantages économiques si elles pouvaient prédire les caprices météorologiques.

Une étude d'Eco Concept évalue à environ 100 millions de francs les avantages économiques des informations météorologiques, rien que pour les secteurs de l'énergie et des transports en Suisse. Ce constat est aussi particulièrement évident pour le tourisme.

Une étude de l'institut GfK montre en effet que plus de la moitié des personnes partant en excursion pour une journée - et qui se décident souvent la veille - sont influencées par le temps. Pour de courts trajets, plus de la moitié des voyageurs se basent sur des prévisions effectuées deux à quatre jours à l'avance.

Les remontées mécaniques des Grisons ont ainsi créé un portail météo, où il est non seulement possible de faire des recherches selon le lieu, mais aussi selon le temps. «Il fait toujours beau quelque part dans les 150 vallées des Grisons», assure Reto Küng, ancien directeur de projet de «Wetter Graubünden».

Sur cette page internet, les visiteurs sont guidés pour trouver une météo agréable. «Nous nous battons pour les 50% de personnes plutôt flexibles par rapport aux excursions et qui préfèrent aller à la piscine ou dans un centre commercial en cas de prévisions incertaines», explique M. Küng.

Un marché compétitif

Pour ses prévisions, le Shoppi Tivoli collabore avec le service MeteoGroup, basé en Suède. Ses clients sont par exemple les administrations, qui organisent les services d'hiver. «Nous ne calculons pas seulement la météo, mais nous en déduisons également le comportement sur les routes», précise Joachim Schug, responsable des activités suisses chez MeteoGroup.

En plus du groupe basé en Suède, une douzaine d'entreprises privées sont en concurrence sur le marché helvétique des prévisions météo. Ensemble, elles dégagent un chiffre d'affaires d'environ 12 millions de francs et emploient 80 collaborateurs.

Parmi les plus connues, figure MeteoNews, qui fournit ses services principalement aux médias. «En proposant uniquement des prévisions s'adressant à des individus, on ne pourrait pas vivre», souligne Reto Vögeli, qui dirige le bureau zurichois de MeteoNews.

Les offres gratuites et les applications gratuites pour mobile font en effet de l'ombre aux professionnels. Celles-ci posent toutefois des problèmes de qualité, disent les météorologues.

Moins de concurrence pour MeteoSuisse

A côté des acteurs privés, figure le service météorologique national MeteoSuisse, qui emploie 350 personnes sur six sites et enregistre un chiffre d'affaires de quelque 100 millions de francs. Selon Bettina Durrer, cheffe de la planification et des relations avec la clientèle, MeteoSuisse a vu ses activités changer ces dernières années.

Seule une infime part - environ 1 million de francs - du chiffre d'affaires est réalisé grâce aux prestations commerciales. Pour MeteoSuisse, les informations liées à la sécurité, telles que le contrôle du trafic aérien ou la protection de la population, sont plus importantes.

La situation concurrentielle a donc un peu perdu de son acuité, relève Mme Durrer. Malgré cela, la situation est loin d'être confortable pour les spécialistes.

Avec l'automatisation croissante, les modèles deviennent toujours meilleurs. «Un ordinateur peut calculer de manière précise à 24 heures, ce que ne peut pas faire un météorologue. On doit donc s'adapter à de nouvelles tâches», souligne M. Vögeli, qui reste toutefois confiant.

(nxp/ats)