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Bilan
10 février 2012 10:31; Act: 10.02.2012 11:43 Print
Pas de crise dans le secteur des diamants
par Yvan Mulone - Numéro 1 mondial du diamant, le groupe De Beers a réalisé en 2011 un exercice hors du commun, avec un bénéfice net en hausse de 72%, à 939 millions de dollars.
Cette «année exceptionnelle» pour le leader planétaire du secteur trouve plusieurs explications, notamment celle d'une forte hausse des prix, selon ses résultats publiés vendredi.
Le chiffre d'affaires a progressé de 26% à 7,38 milliards de dollars, tandis que la production a été contenue à 31,3 millions de carats (-5%).
Une boîte obscure et critiquée
De Beers voit son prestige rayonner loin à la ronde, mais de nombreuses zones d'ombre subsistent, qui entraînent autant de critiques. A commencer par celles qui dénoncent les liens du holding avec divers Etats dits autoritaires, notamment en Afrique. Son rôle dans les trafics de diamants qui ont mené aux guerres civiles de Sierra Leone et d'Angola est largement pointé du doigt. Ces «Diamants du Sang» ont débouché sur une résolution de l'ONU sur les origines des importations de diamants (Rés. 1173, le 12 juin 1988), mais aussi par exemple sur un film hollywoodien en 2006, avec Leonardo DiCaprio («Blood Diamond», de Edward Zick), qui dénonce les pratiques des diamantaires en Afrique, sans les nommer.
De Beers aurait également fait pression sur le gouvernement du Botswana afin de prendre le contrôle des mines situées sur le territoire de l'ethnie Bochiman. Celle-ci a été simplement expropriée et déplacée des terres qu'elle occupait depuis toujours, sans contrepartie aucune.
Une réputation ambigüe, qui mêle success-story commerciale, prestige international et casseroles douteuses, caractérise la holding De Beers. A tel point que plusieurs personnalités s'en sont ouvertement distanciées. Des politiciens, des acteurs, mais aussi des modèles: en 2004 et 2005, les mannequins Iman Bowie, Erin O'Connor et Lily Cole annonçaient tour à tour leur volonté de ne plus jamais faire de photos pour le compte de cette compagnie couronnée de succès, mais tout autant controversée.
«La progression du prix des diamants bruts pour l'ensemble de l'année a été très forte, ce qui s'est ressenti sur le marché du diamant poli», s'est félicité le président du groupe, Nicky Oppenheimer.
Demande et prix en nette hausse
Le nouveau directeur général de De Beers, le Français Philippe Mellier, a qualifié 2011 d'«année exceptionnelle», notant que la demande avait progressé de 11 à 13% (alimentée par la joaillerie en Chine, en Inde et aux Etats-Unis) et les prix des diamants bruts de 29% sur l'année.
Pour 2011, il prévoit «une progression continue des ventes mondiales de bijoux en diamants, mais à des niveaux inférieurs à la croissance exceptionnelle vue en 2011». «De Beers prévoit une plus importante expansion en Chine», avec l'ouverture de nouvelles boutiques, a notamment relevé le directeur général.
35% de la production mondiale
De Beers dit produire et commercialiser environ 35% des diamants bruts du monde, venus de ses mines d'Afrique du Sud, du Botswana, du Canada et de Namibie. Officiellement basée au Luxembourg, l'entreprise est dirigée depuis Londres et Johannesburg.
Elle est détenue à 45% par le géant minier Anglo American, à 40% par la famille Oppenheimer et à 15% par le gouvernement du Botswana. Les Oppenheimer, descendants du fondateur, ont annoncé en novembre qu'ils allaient céder leur participation à Anglo American.











