Héloïse Martin

03 juillet 2018 15:54; Act: 04.07.2018 08:44 Print

«Grâce à ce rôle, je me sens mieux»

par Ludovic Jaccard - L'héroïne de «Tamara Vol. 2» s'est réconciliée avec ses rondeurs. En plus, elle a pu libérer d'autres jeunes filles de leurs complexes

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Héloïse Martin, 22 ans, incarne à nouveau Tamara au cinéma. Un rôle qui lui tient à coeur. (Photo: DR)

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L'actrice française de 22 ans, à l'affiche de «Tamara Vol. 2» dès le 4 juillet 2018 au cinéma, assume ses formes. Elle adore incarner ce personnage tiré d’une bande dessinée belge, qui a grandement aidé d'autres jeunes femmes à accepter leur corps.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de jouer dans cette suite de «Tamara»?
C'était une évidence. J'avais adoré tourner dans le premier film et interpréter ce personnage qui m'avait beaucoup touchée. Le film a eu du succès, mais j'ai surtout été motivée de rejouer ce rôle après avoir reçu plein de témoignages de jeunes filles qui me remerciaient de ne pas avoir eu peur d'assumer mes rondeurs. J'ai aussi reçu des messages de mamans qui m'ont dit que j'avais aidé leurs filles. Du coup, jouer dans «Tamara Vol. 2» n'a pas été une pression, même si je me devais de ne pas décevoir le public qui m'avait aimée et soutenue.

Vous avez dû prendre 12 kilos pour le premier volet de «Tamara». Etait-ce difficile à faire?
Pas du tout, j'adore me transformer, me déguiser pour un rôle. Depuis toute petite, je voulais être comédienne. J'ai eu cette chance de décrocher un rôle aussi important au cinéma. J'aurais pu prendre 15 ou 20 kilos de plus pour ce film. Je ne pouvais pas passer à côté de cette opportunité.

Ce rôle est-il une sorte de mission pour permettre aux filles rondes d'assumer leur corps?
C'est exactement ça! Cela me tient vraiment à cœur. Aujourd'hui, je suis toujours ronde. Et je sais ce que c'est d'être ronde dans la vie de tous les jours, par rapport à la société, à son image… Alors si je peux être une sorte de «porte-parole» pour toutes ces jeunes filles-là, j'en serais super contente. Pour moi ça serait une mission réussie.

Vous avez dit avoir souffert de grossophobie.
Oui, mais grâce à «Tamara», aux témoignages que j'ai reçus, et du fait que j'ai grandi, je me sens mieux et j'en souffre beaucoup moins aujour­d'hui. Je pense même ne plus en souffrir du tout. C'est la société qui me renvoie l'idée que je dois souffrir parce que je suis ronde. Moi, dans ma tête et dans mon corps, ça va, mais à cause du regard des autres, on ne peut pas évoluer à 100%...

Pensez-vous que ce personnage risque de vous coller à la peau pour la suite de votre carrière?
Je ne sais pas. Je ne l'espère pas. Dans le film, j'ai des kilos en trop et je suis brune. Dans la vie de tous les jours, je suis blonde et j'ai perdu quelques kilos. J'ai aussi fait du théâtre dans une pièce de Richard Berry. Je jouais un rôle totalement différent. J'espère donc ne pas être cataloguée Tamara toute ma vie. Maintenant, c'est aux professionnels du cinéma de me laisser ma chance sur d'autres films.

Avez-vous toujours voulu devenir actrice?
J'ai compris tardivement que cela pouvait devenir un métier possible, parce qu'au début on pense que c'est que pour les autres, que c'est réservé à des familles d'acteurs, de générations en générations. Quand j'ai eu 15 ans, j'ai vu une annonce de casting sur internet et j’ai tenté ma chance en envoyant ma candidature. Et j'ai été prise pour un premier petit rôle dans un téléfilm. A partir de là, je me suis dit que c'était possible et que j'allais tout faire pour y arriver. J'ai passé mon bac et suis partie à Paris pour faire ce métier.

Etes-vous aussi accro à Instagram comme votre personnage et vos amis dans le film ?
Non, j'ai une certaine distance avec les réseaux sociaux. Parfois, il m'arrive de partir une semaine en vacances et je coupe mon téléphone. J'aime me retrouver avec mon entourage et ne plus penser aux réseaux sociaux, même si Instagram est aussi un outil de travail pour moi. Je n'ai pas non plus 1 million de followers. Je ne ressens donc pas le devoir de partager toute ma vie, tous les jours. Mais j'adore l'utiliser pour la promo de «Tamara Vol.2». On fait des stories avec l'équipe du film. On montre les coulisses du tournage. J'aime faire découvrir la face cachée de mon métier.

Voulez-vous devenir célèbre ?
Non pas du tout, moi ce que je voulais c'était de tourner dans des films. Au départ, on peut juste s'imaginer ce que ça fait d'être célèbre. Quand j'ai tourné dans le premier «Tamara», on ne me reconnaissait pas tellement. Maintenant, il y a des affiches partout à Paris de «Tamara vol.2». L'autre jour, je suis sortie de ma voiture pour aller rejoindre des amis et tout le monde dans la rue m'a regardée. Ça m'a fait bizarre… Mais je ne recherche pas la célébrité parce que je veux vraiment préserver ma vie privée, mon copain, ma famille… Je n'ai pas envie que tout ça soit dévoilé.

On raconte que vous allez participer à la prochaine saison de «Danse avec les stars», sur TF1.
Je ne sais pas (rire). On verra. Rien n'est officiel pour le moment. J'ai fait les castings et j'attends la réponse. Si ça se fait, je pense que ça serait une sacrée aventure et un sacré challenge!

Regardez la bande annonce de «Tamara Vol.2», dès le 4 juillet 2018 au cinéma: