Bob Sinclar

08 mars 2012 06:57; Act: 12.03.2012 08:34 Print

«J'aurais voulu être Roger Federer!»«J'aurais voulu être Roger Federer!»

par Ludovic Jaccard - Le DJ Bob Sinclar, qui se produit ce jeudi soir au club Gold & Platinum à Genève, s’est confié sur sa vie de famille, son métier et son public suisse.

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Le DJ français de 42 ans est aussi un papa attentif. (photo: DR)

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Votre nouvel album, «Disco Crash», est un succès. Comment le vivez-vous?
Ça fait plaisir de constater que les gens aiment toujours ma musique. Et en tant que DJ, j’apprécie d’être considéré aujourd’hui comme un artiste.

Avez-vous une anecdote concernant l'une de vos collaboration avec un artiste sur cet opus?
Avec Sean Paul par exemple, ça s’est fait tout naturellement. J’étais en train d’enregistrer en Jamaïque et comme il était dans le coin, il a débarqué dans mon studio. Il m’a demandé si j’avais un morceau intéressant dans mon ordi. Je lui ai donc fait écouter un titre et il l'a aimé. On a enregistré en une heure et il est reparti.(rires)

Avec la crise du disque, pensez-vous qu’il vaille encore la peine d’enregistrer des albums?
Pour moi, un album c’est devenu une carte de visite. Tant mieux si j’en vends. Mais aujourd’hui, les gens sont prêts à aller voir les artistes en live. Ils se partagent aussi la musique. J’espère juste qu'ils téléchargent légalement la musique. Parce que je réinvestis l’argent que je gagne dans ma musique, mes vidéos, mes séances photos.... C’est un vrai travail, il est donc normal d’avoir une rétribution en retour. Je ne suis donc pas pour la gratuité de la musique.

Vous vous produisez dans le monde entier. Comment conciliez-vous votre vie professionnelle et votre vie de famille?
Quand je suis chez moi, je me concentre à 100% sur ma famille. Je suis heureux dans mon métier et je communique ce bonheur à ma femme et à mes deux enfants. Ils me permettent de garder les pieds sur terre.

Êtes-vous un papa présent avec votre fils de 11 ans et votre fille de 7 ans?
Oui! Je fais les devoirs avec eux, je les accompagne à l’école le matin. Leur éducation est très importante à mes yeux. Je partage aussi des moments privilégiés avec mes enfants.

Et que pensent-ils de votre métier?
C’est difficile pour eux de réaliser que ce que je fais est une vraie profession. Pour moi c’est une passion. C’est une chance fabuleuse! Ce n’est donc pas évident de leur faire comprendre qu’ils devront faire des études, alors qu’ils me voient gagner ma vie en passant des disques!

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été DJ?
J’aurais voulu être Roger Federer! C’est grâce à lui et au chocolat que j’aime autant la Suisse! (rires) Je précise que n’aurais pas souhaité être juste un tennisman, j’aurais voulu être Roger, ce qui est totalement différent. Il ne fait pas le même sport que les autres.

Jusqu’à quel âge pensez-vous encore mixer?
Je ne sais pas. Je ne me suis pas fixé de limite pour le moment. Il n’y a pas de DJ à la retraite. Je continuerai jusqu’au moment où je ne tiendrai plus physiquement et quand je n’aurai plus le courage de voyager. Mais la musique est vitale pour moi. J’en ai besoin au quotidien. Je n’ai donc pas envie d’arrêter.

Que pensez-vous de votre public suisse?
Que ce soit à Zurich, Genève, Lausanne ou Lugano, le public est très axé sur le clubbing. Il y a une grande ouverture d’esprit. Je suis toujours très impatient de jouer en Suisse. J’ai toujours eu un accueil hallucinant, surtout au Mad de Lausanne que je considère comme l’un des meilleurs clubs au monde. Cela fait plus de dix ans que j’y joue et il y a toujours une vibe hyper bonne.

Pensez-vous vous installer en Suisse un jour?
On verra, pourquoi pas. Il paraît qu’il fait bon y vivre et qu’on y offre des possibilités assez intéressantes au niveau fiscal.(rires) En France, on fait tout pour faire fuir les artistes. J’aime mon pays, mais je verse aux impôts 60% de mes revenus. Il y a un moment où il va falloir arrêter quand même! Si je gagne beaucoup d’argent, c’est parce que je travaille énormément pour ça et que je le mérite. Ma priorité n’a jamais été d’avoir beaucoup d’argent, ni d’être vénal. Maintenant j’en gagne, mais ça me permet surtout de réinvestir et de faire des choses qui me plaisent. C’est une récompense de mon succès.

Regardez le dernier clip de Bob Sinclar, «Rock the Boat»: