Gérard Depardieu

16 mars 2013 19:53; Act: 16.03.2013 19:58 Print

«La France est triste, les gens en ont marre»

L'acteur s'est expliqué samedi pour la première fois sur son départ pour la Belgique, réfutant les raisons fiscales mais décochant quelques flèches vers des responsables de la gauche au pouvoir en France.

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«C'est surtout le manque d'énergie. La France est triste et je pense que les Français en ont marre. Le manque de conviction... J'ai l'impression que ces gens (le gouvernement) ne savent pas faire leur métier. Lui (François Hollande), c'est la première fois, il n'a jamais eu de portefeuille de ministre. Il a eu la Corrèze, qui est en déficit...», déclare le comédien français, interrogé sur la télévision locale belge Notélé.

L'acteur répond aux questions de manière décontractée durant une douzaine de minutes. Il est installé dans la cuisine de l'ancienne douane de Néchin, village proche de la frontière française où il s'est domicilié l'an dernier. Il affirme revenir de quelques courses dans le village.

Dans cet entretien, enregistré samedi matin et visible sur le site www.notele.be, l'acteur évoque d'autres raisons qui l'ont poussé à quitter la France. Il cite la proximité de l'aéroport de Roissy (distant de 200 kilomètres), ses amis dans le village ou les qualités de la boucherie et des bistrots locaux.

Impôts en Belgique

Il assure que «ce n'est pas tout à fait vrai» qu'il a quitté la France «pour des raisons fiscales», car il paie «50% d'impôts» en Belgique. Mais il juge «un peu exagérée» la politique fiscale du gouvernement de gauche de François Hollande.

«Je suis Français, j'aime les Français, mais j'ai un peu de peine pour eux car ils sont dans une situation délicate», affirme Gérard Depardieu. Et de répéter: «ce n'est pas pour des raisons fiscales».

«Un Premier ministre ou n'importe qui doit donner l'exemple», poursuit l'acteur, revenant sur le terme de «minable» employé à son égard par Jean-Marc Ayrault au plus fort de la polémique sur son «exil fiscal» fin 2012.

Des projets

«C'est comme la ministre de la Culture», Aurélie Filippetti, qui s'était déclarée «tout-à-fait scandalisée» par l'attitude de Gérard Depardieu. «On n'a pas à critiquer quelqu'un qui paie plus de 87% d'impôt», dit l'acteur.

Gérard Depardieu évoque aussi ses projets cinématographiques aux Etats-Unis ou en Russie. Il confirme avoir «acheté une maison» en Belgique, qu'il revend celle qui lui appartient à Paris et qu'il espère pouvoir ouvrir un restaurant dans la région de Néchin, tout en soulignant qu'il n'est pas venu en Belgique «pour faire de l'argent» et qu'il n'est «pas un arriviste».

(afp)