Titre choc

03 septembre 2010 10:10; Act: 03.09.2010 10:10 Print

«Sarkozy a-t-il du sang sur les mains?»

Le magazine «Vox», paru aujourd’hui, met en corrélation le président avec de sombres affaires. Le Directeur de la rédaction annonce sa démission.

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L'attentat de Karachi, le 8 mai 2002, a tué quatorze personnes, dont onze Français.

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«Ventes d’armes et corruption ont-elles financé les campagnes électorales et des partis politiques?» C’est la question que pose le magazine français «Vox» dans son édition de ce jour. Et ce, accompagné d’un titre des plus percutants: «Sarkozy a-t-il du sang sur les mains?»

Dans un e-mail envoyé hier à la presse, un journaliste du magazine explique que l’article en question révèle «comment l’actuel chef de l’Etat a mis en place un système de rétro-commissions dont une partie est venu alimenter les caisses de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995». L’article parle de l’attentat de Karachi qui avait vu onze Français se faire tuer en 2002 sur un chantier naval au Pakistan. Cette attaque avait été attribuée à Al Quaïda mais depuis quelques temps, plusieurs médias français laissent penser que son origine serait autre.

Comme le rappelait «Le Monde», le mois passé, La France versait depuis des années des commissions à des Pakistanais pour les remercier d’avoir permis à nos voisins d’obtenir un gros contrat de vente de sous-marins. L’attentat de Karachi pourrait donc être une réponse à l’arrêt des versements.

L'affaire avait refait surface en avril dernier, après des révélations de «Libération», mais a depuis été «étouffée» par la tourmente entourant Eric Woerth.

Le responsable de la rédaction de «Vox» démissionne

Une chose est sûre, le titre choc du magazine «Vox» a déjà causé ses premiers dégâts collatéraux. Jean-Marc Morandini révèle ce matin que suite à cette parution, le Directeur de la rédaction du magazine a annoncé sa démission parce qu’il ne «cautionne pas la couverture du dernier numéro de Vox et l'orientation des derniers numéros». David-Xavier Weiss précise que la Une du jour a été choisie par Gregory Schmidt, le directeur de la publication.

Le journaliste démissionnaire regrette que le magazine ait suivi la tendance de la presse à faire dans le «trash»: «Il y a aujourd'hui une course générale au lectorat, qui veut du sensationnel, d'où, par exemple, la "Une" polémique de Marianne cet été. Cette course est amorale et dangereuse à mon sens.»

(fab)