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«incitation à la haine, à la violence voire au meurtre»
27 mars 2009 12:36; Act: 27.03.2009 12:36 Print
Le rappeur français Orelsan fait scandale
Le morceau «Sale Pute» du rappeur Orelsan suscite un vif émoi en France: des politiciennes demandent que la vidéo soit retiré du web et que l’artiste soit déprogrammé du Printemps de Bourges.
Le passé d’Orelsan est en train de le rattraper. Il y a quelques années, ce rappeur de Caen, en Normandie, met en ligne des vidéos volontairement provocantes pour se faire un buzz. L’une d’elles parle de la St-Valentin et l’autre d’une tromperie.
Le rappeur normand Orelsan est amateur de textes crus.
Communiqué du label 3e Bureau
Suite aux différentes opinions récemment émises sur la chanson «Sale Pute» d'OrelSan et aux demandes et tentatives de déprogrammation d'OrelSan du Printemps de Bourges, l'artiste et son entourage souhaitent faire les précisions suivantes: Cette œuvre de fiction a été créée dans des conditions très spécifiques relatives à une rupture sentimentale. Comme Orelsan le stipule dans l'introduction de sa chanson, ce texte met en scène un jeune homme qui, apprenant que sa petite amie l'a trompé, décide de noyer son chagrin et sa colère dans l'alcool. Sous influence, il se met alors derrière son ordinateur et écrit cette lettre en forme d'exutoire de la passion qui le dévore. Nous sommes alors exclusivement dans l'expression d'une pulsion que toute personne à qui ce type de mésaventure serait arrivé aurait pu être amené à ressentir dans ce genre de situation. En aucun cas ce texte n'est une lettre de menaces, une promesse de violence ou une apologie du passage à l'acte.
Comme toute création artistique, aussi violente soit elle, cette narration ne peut et ne doit pas être sortie de son contexte.Conscient que cette chanson puisse heurter, OrelSan a décidé il y a quelques mois de ne pas la faire figurer dans son album ni dans ses concerts, ne souhaitant l'imposer à personne.Nous sommes désolés que ce texte ait pu choquer certaines personnes.
En aucun cas OrelSan ne se pose en agresseur de la gent féminine.
Aucun de ses deux morceaux ne figurent sur l’album «Perdu d'avance» qu’Orelsan a sorti en février dernier. Mais le buzz entourant son disque a fait rejaillir ces anciens clips qui restent visibles sur internet.
Des blogueuses scandalisées
C’est surtout le morceau «Sale pute» qui fait polémique chez nos voisins français en raison des textes crus qu’il contient. Ce sont tout d’abord des blogeuses qui se sont indignées des paroles. Une certaine Emelire outrée par la chanson indique ainsi sur son blog qu’«OrelSan fait l'apologie de la torture et de la barbarie». Elle relaye l’initiative lancée par une autre blogueuse, qui incite à envoyer des mails aux organisateurs du Printemps de Bourges pour qu’ils déprogramment Orelsan.
Pour donner plus de poids à leur démarche, les blogueuses ont interpellé la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) ainsi que des politiciennes françaises. Ainsi la secrétaire du Parti communiste, Marie-George Buffet, a réclamé l'annulation du concert, prétextant que le texte de «Sale Pute» est «une incitation à la violence employant des termes discriminatoires».
«Une incitation à la haine, à la violence voire au meurtre»
La secrétaire d'Etat à la solidarité Valérie Létard a également pris position en demandant aux responsables des sites de vidéos qui diffusent le clip de le retirer, expliquant dans un communiqué que «ce texte est une véritable incitation à la haine, à la violence voire au meurtre envers les femmes(...) Les mots employés sont discriminants et ignobles».
Valérie Létard a en outre déclaré qu’elle soutient l’initiative des associations qui prévoient de se constituer partie civile et de porter plainte contre le rappeur.
Concert maintenu
Suite à l’ampleur qu’a pris ce mouvement de protestation, le Printemps de Bourges s’est exprimé dans un communiqué précisant que le concert d’Orelsan samedi 25 avril est maintenu puisque le festival français a «engagé ce jeune artiste pour une prestation artistique qui, comme son album, n'inclut pas cette chanson et ne véhicule pas ce type de message».
Même son de cloche du côté du label du rappeur, 3e bureau: «Je comprends que ce texte puisse choquer. Mais il faut appréhender la production d'OrelSan dans sa globalité. C'est dommage de le réduire à ce morceau, qui ne figure pas sur l'album, et qu'aujourd'hui OrelSan ne chante plus en concert», a expliqué son directeur Stéphane Espinosa au magazine L’Express.
Pour mettre les choses au clair, le label a publié un communiqué que vous pouvez retrouver ci-contre.























