Tragédie

09 février 2018 09:28; Act: 09.02.2018 10:19 Print

L'ex-manager de Rose McGowan s'est suicidée

Jill Messick n'aurait pas supporté d'être citée comme responsable du viol présumé de l'actrice par Weinstein.

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L'actrice américaine Rose McGowan a publié son livre «Brave» le 30 janvier 2018 (Photo: AFP/RENA LAVERTY / AFP)

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Jill Messick, productrice de «Mean Girls» et «Frida», s'est suicidée le 7 février à l'âge de 50 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué. Dans ce message, ses proches expliquent que cette mère de deux enfants, qui luttait contre la dépression depuis 5 ans, n'a pas supporté d'être constamment citée dans l'affaire du viol qu'aurait subi en 1997 Rose McGowan, dont elle avait été l'agent. Ils ont tenu à livrer leur version de l'histoire dans un long texte. Ils accusent Harvey Weinstein et le mouvement #metoo d'avoir fait de Jill Messick une victime collatérale.

Rose McGowan a été l'une des trois premières actrices à dénoncer, dans les médias, les abus commis par Harvey Weinstein. Le 30 janvier 2018, elle a publié le livre «Brave» détaillant ce jour de 1997, où Harvey Weinstein l'aurait violée dans un jacuzzi en marge du Festival Sundance. Elle y cite Jill Messick, sa manager de l'époque, comme étant celle qui avait organisé cette rencontre. Elle estime aussi que cette dernière n'a rien fait pour l'aider après le drame. Harvey Weinstein avait de son côté rendu publics deux emails de Jill Messick qui, selon lui, prouvaient que l'actrice n'avait pas parlé de viol à l'époque.

«Elle croyait au mouvement #metoo»

«Jill a été détruite par notre nouvelle culture de partage illimité de l'information et notre volonté de considérer toute déclaration comme un fait, écrit la famille de la disparue. La vitesse à laquelle circulent les informations a été responsable d'allégations infondées portées contre Jill. Elle n'a pas été en mesure de les supporter. Elle est devenue une victime collatérale dans une histoire déjà horrible. Pourtant, Jill croyait au mouvement #metoo. Elle a été avec chaque femme qui a osé dénoncer de sombres vérités et ceux qui les avaient commises. Jill était loyale, forte. Elle était beaucoup de choses, mais elle n'était pas une menteuse», peut-on lire.

Sa famille assure qu'après sa rencontre avec Weinstein, Rose McGowan avait raconté à Jill Messick qu'elle avait «accepté de retirer ses vêtements pour se baigner avec le producteur». Il l'aurait ensuite violée. Jill Messick, alors jeune employée, aurait immédiatement rapporté l'affaire à sa direction qui aurait contacté Weinstein, affirment encore les proches de la disparue. L'actrice et le producteur avaient ensuite conclu un arrangement financier. Dix mois plus tard, en novembre 1997, Jill Messick s'était vue offrir un poste chez Miramax Films, la compagnie des frères Weinstein.

(TB)