Sophie Edelstein

06 février 2013 07:06; Act: 06.02.2013 08:14 Print

«J'espère présenter mon show à Vegas en 2014»

par Fabrice Aubert - Connue pour son rôle de jurée dans «La France a un incroyable talent», Sophie Edelstein est aussi magicienne. De passage à Genève, elle s'est confiée face à notre caméra.

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Sophie Edelstein pré­sentera son «Magic Show» dans «Place au spectacle», à Genève, les 22 et 23 février. De passage en Suisse pour en assurer la promo, la Française de 41 ans nous a accordé une interview.

En quoi consiste votre «Magic Show»?
Il y aura beaucoup d’artistes différents dans «Place au spectacle». Moi je serai là avec mes danseurs acrobates, avec mon spectacle de grandes illusions comme des lévitations. C’est la première fois que je me produis en Suisse.

Que connaissez-vous de la Suisse?
Vous avez du très bon chocolat, de belles montagnes et de belles stations de ski. Et je sais aussi que le public suisse me suit sur M6 dans «La France a un incroyable talent».

Vous avez commencé la magie suite à un accident...
Je vois que vous êtes très au courant. J’ai fait beaucoup de disciplines de la piste. J’ai commencé avec un numéro de corde aérienne, un numéro d’équilibre avec des épées, et bien entendu j’ai été dresseuse d’éléphants pendant 15 ans. J’ai eu un petit souci parce que j’ai voulu les présenter à cheval. Et l’une des éléphante, qui était «amoureuse» de moi, est devenue jalouse à cause du cheval. Elle m’a donné des signaux comme quoi il valait mieux que j’arrête. J’ai failli y laisser ma vie. Donc maintenant, même si je vais toujours les voir et qu’elles me reconnaissent, je vais leur faire un bisou de loin mais je ne pourrais pas retravailler avec elles. C’est fini. J’en ai peur. J’ai toujours été admirative des shows à l’Américaine et comme il n’y avait pas beaucoup de magiciennes, je me suis lancée ce défi de faire des grandes illusions.

Le dressage ne vous manque pas?
Comme je suis directrice artistique du Cirque Pinder, je suis toujours en contact avec les animaux. Les éléphants, c’était ma vie d’avant mais je suis une femme du présent ou du futur. Et avec mes danseurs, c’est plus facile de venir jouer à différents endroits comme Genève, qu’avec des éléphants.

En quoi consiste votre emploi de directrice artistique?
J’ai la chance de parcourir le monde entier pour découvrir de nouveaux talents. Ce que je fais aussi avec l’émission «La France a un incroyable talent», où je fais un peu mon marché puisqu’on a toujours des surprises avec des artistes qui ne sont pas connus. On leur offre donc un tremplin et un an de travail. La directrice artistique choisit les numéros, les met en place. Elle va changer des costumes, des lumières, etc. J’adore ça!

Vous vouliez justement travailler avec la contorsionniste suisse Nina Burri...
Je voulais la faire venir mais elle sera dans le spectacle du cirque Knie cette année. Elle n’avait pas de dates disponibles pour moi mais j’espère que dans deux ans elle sera partante pour venir sur la scène du cirque Pinder.

Vous avez travaillé avec d’autres candidats de «La France a un incroyable talent»?
Bien sûr, il y a eu André Stykan, qui est arrivé deuxième sur les finales qui est venu sur mon spectacle parisien. François Bori, Court-circuit, les Echos-liés, le duo Solys. Donc vous voyez, l’émission est un beau tremplin.

Êtes-vous encore surprise par des talents?
Mais heureusement que je suis surprise. C’est justement l’avantage de notre métier, l’art visuel: c’est en perpétuel renouvellement. Certains vont prendre d’anciennes disciplines de la piste pour les mettre au goût du jour, donc c’est passionnant et on est toujours émerveillé. J’étais assez hermétique à certaines disciplines mais grâce à l’émission j’ai fait un essai et j’ai vu que ça peut plaire.

Vous venez parfois en Suisse pour chercher des talents?
Mais bien entendu. L’année dernière, je suis justement venue à Lausanne voir le cirque Knie. Et j’ai une proposition pour peut-être faire une tournée en Suisse.

Cette année vous deviez vous produire à Las Vegas, c’est confirmé?
J’ai un projet avec mon ami Alex Goude (ndlr : animateur de «La France a un incroyable talent») d’un grand spectacle de magie aux Etats-Unis. Le spectacle est écrit mais on doit encore avoir quelques rendez-vous pour trouver la personne qui doit nous signer le contrat. Mais j’espère pouvoir le présenter en 2014. Par contre, je ne vais pas partir d’Europe. J’aime la France, j’aime mon pays, donc je ferai des aller-retours.

Du coup, est-ce qu’on vous reverra dans «La France a un incroyable talent» cette année?
Il y a une huitième saison donc on va voir, ce sera peut-être la surprise. J’ai aussi la possibilité d’aller à Dubaï donc il faudra gérer avec les dates de tournage. Mais si je suis disponible ce serait avec grand plaisir que je participerai à cette émission qui a permis à de nombreux candidats de changer de vie. Et en plus je m’y amuse. C’est un peu une famille, une bande de potes.

C’est vrai qu’en tant que téléspectateurs on a l’impression que, malgré quelques piques, vous êtes très proches dans le jury. Vous vous voyez en dehors des émissions?
Oui, c’est vraiment ça, nous nous voyons en dehors. J’ai d’ailleurs envoyé un texto à Dave il y a quelques jours parce que je l’ai vu dans une émission de TV, mais là il est aux Etats-Unis. Après, c’est clair qu’on se chipote, surtout avec Gilbert Rozon, mais qui aime bien châtie bien. Et en plus, on ne peut pas être toujours d’accord. Même si on est là pour juger, moi je ne suis pas là pour saquer ou blesser les gens. Je suis une artiste aussi donc je sais que je ne peux pas plaire à tout le monde mais il y a la façon de dire les choses. Pour Gilbert, il faut que ce soit parfait dès le départ, c’est son côté anglo-saxon. Et Dave mise surtout sur l’humour.

Vous parlez de l’émission comme d’un tremplin. Pourtant le dernier vainqueur, Die Mobilés, est une troupe professionnelle reconnue...
J’ai été contente qu’ils gagnent, même si c’est le public qui choisit, parce que c’était un beau spectacle, c’était mérité. C’est la première fois que le public a choisi d’envoyer en finale des artistes confirmés. Ils en avaient peut-être marre de voir des enfants qui gagnent.

On voit aussi souvent des chanteurs. Est-ce que chanter est vraiment un «incroyable talent»?
Mais bien sûr. Il y a des voix incroyables. Maintenant, la force de cette émission c’est la variété. Elle est ouverte et sans interdit. C’est ce qui fait sa richesse.

Venir s’installer en Suisse est très tendance chez vous. Vous y pensez?
Je vais passer un petit bonjour à quelqu’un que vous connaissez très bien et qui vit chez vous: Alain Delon. J’ai eu la chance de le connaître quand j’ai eu 12 ans. On a tourné ensemble «Paroles de flics» et depuis on a gardé contact. Donc je serais très fière que vous veniez m’applaudir et je vous fais un gros bisou. Alain. Pour ma part, pourquoi pas. Mais j’aime Paris et ce n’est pas très loin d’ici. Mais peut-être que que je vais tomber amoureuse de la Suisse, on verra.

Avec votre emploi du temps chargé et votre vie entre Paris, Las Vegas et d’autres villes d’Europe, avez-vous encore du temps pour une vie privée?
J’aime cette vie, j’aime cette bougeotte. Pour la vie privée, c’est plus compliqué. Il faut quelqu’un qui soit dans le même emploi du temps que moi et qui puisse me suivre, vous voyez, je parle aussi très vite. Mais ça va, tout va bien. Il faut me prendre comme je suis.

Et vous avez trouvé quelqu’un pour vous prendre comme vous êtes?
Tout va bien, tout va bien (rires).

Pensez-vous à avoir des enfants?
Ecoutez, j’ai 41 ans, donc ce n’est pas trop tard pour des enfants mais je ne sais pas, on verra bien. J’ai toujours privilégié ma vie artistique et ma carrière à ma vie familiale. C’est vrai que c’est compliqué. Mais je suis une tati comblée puisque mon frère a deux enfants adorables. Dès que j’ai un moment, je les emmène à Disney, je me rends disponible. Mais j’ai cette chance de n’être que la tati. C’est-à-dire que je suis à 100% disponible avec plaisir pour eux quand j’ai le temps mais ce n’est pas moi qui doit les élever. Mais je suis heureuse et épanouie comme ça donc on verra pour la suite si vraiment j’en ai envie. Ce n’est pas encore trop trop tard.

En vivant dans le monde du cirque, vous devez aussi avoir des animaux chez vous?
Oh mais on me surnomme Brigitte Bardot, je récupère tout ce que trouve sur les tournées. J’ai récupéré quatre chiens et là encore un chat qui était abandonné sous le chapiteau. Maintenant il est à la maison. J’ai besoin d’avoir des animaux avec moi. Une vie sans animaux, pour moi, ce ne serait pas possible.