Dessin animé

30 septembre 2017 07:05; Act: 30.09.2017 07:09 Print

Cartoon Network fête ses 25 ans

Bousculée par les nouvelles technologies, Netflix et Google, la chaîne de dessins animés ambitionne de rester à la pointe.

Une faute?

Lancée au moment où les audiences des dessins animés du matin flanchaient sur les chaînes généralistes et où «Les Simpson» s'imposaient comme les rois du prime-time, l'achat par Ted Turner de la bibliothèque des studios Hanna-Barbera pour 320 millions de dollars avait tout d'une folie.

Mais Ted Turner, dont la société possédait déjà les catalogues de la MGM et de Warner Bros, pensait qu'il y avait une place à prendre pour une chaîne de dessins animés en continu, à destination des jeunes et des moins jeunes.

Dans 170 pays

Sa vision était juste. Cartoon Network est aujourd'hui l'une des chaînes les plus populaires du câble, reçue dans quelque 100 millions de foyers américains et dans 170 autres pays.

«Ce qui nous différencie, c'est que chez nous ce sont des artistes qui dirigent tout», a expliqué Rob Sorcher lors d'une récente visite de son siège à Burbank, en Californie. «C'est une différence fondamentale avec la plupart des autres studios, parce que les artistes racontent les histoires à travers les dessins. Dans la plupart des cas, il n'y a pas de scripts. Ensuite les animateurs les animent.»

A ses débuts, la chaîne se contentait de rediffusions de «Tom & Jerry», «Popeye», «Scoubidou», les «Pierrafeu» et de beaucoup d'autres classiques.

Consommation instantanée

Plus récemment, Cartoon Network a été à l'origine de nombreux succès, comme «Steven Universe», «Star Wars: la Guerre des clones», «Les Super Nanas» ou «Adventure Time».

«Ben 10», une série d'animation sur un garçon qui peut se transformer en extraterrestre, a été acclamée par la critique et a remporté trois Emmys -les récompenses de la télévision américaine- et près de 5 milliards de dollars en produits dérivés.

Pour le scénariste Steven T. Seagle, dont le studio Man of Action Entertainment produit «Ben 10», l'un des défis était de créer un rythme suffisamment soutenu pour des jeunes téléspectateurs de l'ère des smartphones de plus en plus rapides dans leurs habitudes de consommation.

«Quand j'étais petit, si je découvrais quelque chose que j'aimais, je devais aller à la bibliothèque, ce qui pouvait prendre une journée, trouver un livre et le lire», explique-t-il. «Aujourd'hui, si quelque chose leur plaît, ils ont un appareil électronique sur lequel ils découvrent tout de suite tout ce qu'il y a à savoir et ils épuisent le sujet avant de passer complètement à autre chose dans la même journée.»

Concurrence de Netflix et Google

Alors que de nombreuses chaînes de divertissement perdent des téléspectateurs en prime-time, Cartoon Network en gagne. Mais la chaîne est aussi concurrencée par des rivaux traditionnels, comme Nickelodeon, et des nouveaux venus en plein essor comme le programme pour enfants de Netflix, sans parler du YouTube Kids de Google et de nombreuses autres applications vidéo.

Soucieuse de conserver son avance, Cartoon Network a lancé une application pour appareils mobiles qui a enregistré une croissance à trois chiffres en 2015. Cette année, la chaîne a lancé une autre application baptisée «OK K.O.! Let's Be Heroes», qui permet de se glisser dans la peau d'un personnage qui vit dans un monde peuplé de super-héros.

Mais si la technologie ne cesse d'évoluer, certaines choses ne changent pas, dit le créateur de «OK K.O.!», Ian Jones-Quartey, dont l'équipe consacre environ neuf mois à chaque épisode de 11 minutes.

«Notre méthode de travail sur les dessins animés est de nous asseoir dans une pièce, de regarder des images et des dessins et d'en parler entre nous, puis nous travaillons individuellement sur les blagues», explique-t-il.

«C'est comme cela que tous les films de Disney ont été réalisés, Pinocchio , Blanche-Neige et tous les autres.»

(nxp/afp)