JO 2018 - Curling

13 février 2018 08:22; Act: 13.02.2018 08:32 Print

Jenny Perret et Martin Rios en pionniers

Engagés en finale du curling mixte, les Suisses sont assurés de remporter une médaille. Reste à déterminer la couleur du métal.

Sur ce sujet
Une faute?

Contrairement à d'autres fédérations, Swiss Curling a pris dès le début le double mixte «au sérieux» et se retrouve aujourd'hui récompensée de ses efforts avec la médaille olympique du duo Jenny Perret/Martin Rios. Elle dispose d'un coach national ad hoc, en la personne de Sebastian Stock, qui entend bien développer la spécialité.

Pour le technicien bavarois, le mixte doit être considéré au même titre que le curling traditionnel (à quatre). «Depuis que nous avons appris que cette discipline serait olympique, il y a trois ans, nous nous investissons sérieusement dans le curling mixte», explique Sebastian Stock. «A l'inverse de beaucoup d'autres pays, nos équipes de mixte ont l'obligation de se consacrer exclusivement à cette spécialité.»

Pour l'heure, cette dernière ne suscite pas un engouement phénoménal: la Suisse, sur un total de 8000 licenciés en curling, compte en tout et pour tout six équipes d'élite dans le «mixte», dont aucune en Suisse romande. Cinq d'entre elles font partie du top 20 mondial. Au plan international, la discipline en est à ses balbutiements, mais Sebastian Stock est persuadé de son potentiel: «Le curling mixte se joue à deux et nécessite donc moins de ressources que le curling classique. Cela ouvre des opportunités à de nombreux petits pays. La discipline va se développer de façon massive», prévoit-il.

Ce tournoi olympique de Pyeongchang ne rassemble que huit sélections, mais la Fédération internationale envisage de l'élargir à seize dès les prochains Jeux, en 2022 à Pékin. Le niveau, pour l'heure, n'est pas comparable à celui du curling classique, selon des spécialistes. Il va forcément s'élever, et Stock le juge déjà «très bon». Le format raccourci du «mixte» a en tout cas vite séduit le CIO, qui veut mieux capter les jeunes générations en offrant un programme de disciplines plus «tonique».

Peu d'argent en jeu

Actuellement, les curlers de «mixte» sont presque entièrement dépendants de sources de financement privées, quand ils ne doivent pas mettre de leur proche. Les meilleurs tournois ne rapportent pas plus de 3000 dollars aux gagnants, une somme qui paie tout juste les frais de déplacement et d'hébergement, Le budget annuel de Perret/Rios se monte à 60'000 francs. «Swiss Curling n'en couvre qu'une petite partie», précise Stock. Le duo se finance notamment grâce à des sponsors privés. Mais surtout, Perret et Rios exercent un travail «à côté». La Seelandaise est employée de commerce et Martin Rios est sous contrat avec Swiss Curling comme coach des juniors.

Avec Sebastian Stock, sacré deux fois champion d'Europe avec l'Allemagne dans les années 2000 (en curling traditionnel), le duo peut s'appuyer sur un technicien d'expérience, qui dirige par ailleurs le centre national d'entraînement de Bienne. Stock entend bien faire arriver à maturité d'autres formations. Du reste, Perret/Rios n'iront pas défendre leur titre mondial en avril en Suède. Comme cela était prévu déjà avant ces JO, ils ne participeront pas aux Championnats de Suisse qualificatifs. Ce sera l'occasion de créer une émulation en permettant à d'autres de s'illustrer. Des compétitions juniors existent aussi, et Swiss Curling compte évidemment sur les Jeux pour booster la discipline.

(nxp/ats)