Ski de bosses

09 février 2018 13:08; Act: 09.02.2018 15:35 Print

Premiers JO pour la Suisse plus durs que prévu

par Oliver Dufour, Pyeongchang - Deborah Scanzio a disputé trois épreuves olympiques sous les couleurs italiennes. De retour «à la maison», elle va tout donner pour boucler la boucle à Pyeongchang.

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C’est dans son Tessin natal que Deborah Scanzio avait fourbi ses premières armes en ski de bosses. «J’avais essayé et tout de suite su que c’était ce qu’on voulait faire», se souvient l’athlète de 31 ans. Encadrée par la fédération suisse à ses débuts, la skieuse a toutefois fini par livrer ses performances à haut niveau sous les couleurs de l’Italie, pays de ses quatre grands-parents et dont elle détient aussi un passeport. «Il n’y avait pas vraiment de vrai projet d’équipe en Suisse à ce moment-là, alors que les Italiens préparaient sérieusement une équipe en vue des Jeux olympiques de Turin (2006). Nous avons donc saisi notre chance et sommes partis avec mon entraîneur tessinois, Andrea Rinalidi. J’avais 16 ans.»

L’aventure démarrera sur un bon 9e rang à ses premiers JO. Deux autres suivront, avec la 10e place à Vancouver (2010) et la 11e à Sotchi (2014). Une série croissante que Deborah Scanzio souhaiterait vivement interrompre en se classant dans le top 8 à Pyeongchang dimanche, sous les couleurs helvétiques cette fois-ci. «J’ai toujours voulu revenir en Suisse. Mais ce n’était pas simple pour moi d’annoncer ça aux Italiens, qui m’ont soutenue pendant 12 ans. Et il fallait aussi que Swiss Ski accepte de me reprendre.» Fort heureusement pour elle, l’acrobate léventine, la fédération transalpine avait décidé de tirer la prise de son équipe de skis de bosses.

Effrayante piste sélective

«Ils préféraient investir dans d’autres disciplines, notamment en snowboard. Finalement c’était une situation win-win pour eux et moi.» Retour donc avec l’équipe suisse après les Jeux de Sotchi, avec la ferme intention de réussir ses meilleures joutes olympiques. «J’aimerais vraiment faire mieux que ce 9e rang à Turin.» Le parcours s’annonce toutefois bien compliqué pour Scanzio sur la piste ultra-sélective de Bokwang «très raide avec des atterrissages qui peuvent faire un peu peur». La Léventine, fan de l’équipe de hockey d’Ambri-Piotta – «je réside à Piotta et j’ai un abonnement à la saison au club, même si je ne peux pas souvent aller à la patinoire», a en effet quelque peu manqué son entrée en lice, vendredi. En qualifications, elle n’a pu faire mieux 21e. Un résultat qu’elle explique notamment par la montée en puissance d’une nouvelle génération de skieuses très douées.

Dimanche, Deborah Scanzio devra passer par les repêchages pour espérer rejoindre les dix femmes déjà qualifiées pour la finale, qui se disputera quelques heures plus tard avec les 20 meilleures. Pour cela, il faudra à tout prix réussir des runs de feu et s’approcher du niveau qui lui avait permis de remporter voici deux ans une manche de la Coupe du monde au Japon. Faute de quoi elle risque de terminer sa carrière sur une douloureuse déconvenue.