Salon de Francfort

18 septembre 2017 11:40; Act: 18.09.2017 11:47 Print

La voiture autonome fascine ou laisse perplexe

Plusieurs constructeurs allemands proposent au public des démonstrations de conduite autonome.

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Au salon de l'automobile à Francfort (IAA), plusieurs marques allemandes montrent ce qu'une voiture peut déjà réaliser en conduite autonome, coûteux investissements à la clé, mais le public est partagé sur l'avenir du phénomène.

Entre les vastes stands Mercedes et Volkswagen, les curieux peuvent embarquer jusqu'au 24 septembre dans des voitures truffées de capteurs et de caméras, pilotées par des experts, pour tester sur circuit fermé un freinage d'urgence en autonomie, un changement de file intempestif ou un stationnement, y compris avec la remorque à chevaux à l'arrière.

Derrière l'aspect ludique, l'enjeu est énorme pour les parrains de cette initiative, les marques Daimler, Volkswagen et Audi associées aux équipementiers Bosch, Continental et ZF, alors que les américains Google et Tesla semblent en mesure de les distancer sur ce créneau.

Sur la piste de l'IAA, on peut voir une berline se rapprocher à plus de 50 km/h d'un point fixe, en l'occurrence un véhicule arrêté comme s'il était pris dans un embouteillage, puis s'immobiliser devant l'obstacle sans intervention du conducteur. «C'est dingue !», s'esclaffe l'un des passagers embarqués.

Plaisir et coût

Les cheveux ébouriffés lors de la manoeuvre finale, Lena Dickeduisberg, étudiante à Dortmund, a néanmoins trouvé «le freinage très agréable». La jeune femme découvre une facette de ce qui pourrait signifier à moyen terme la conduite totalement autonome, soit le «niveau 5» où la voiture peut se passer de conducteur. «Cela va demander du temps, mais c'est l'avenir», sourit-elle. «Je ferais confiance à la technique.»

«Ce serait le rêve absolu, la voiture qui m'amène de A vers B pendant que je peux lire le journal ou des documents pour mes clients. Je dis cela peut-être à cause de mon âge», renchérit Randolf Mayer, 61 ans, agent commercial. Un enthousiasme loin de réunir la majorité des conducteurs: seuls 26% des Allemands s'imaginent monter demain à bord d'un véhicule autonome et 18% le conduire, selon une étude récente du cabinet Ernst & Young.

«Ca a du sens pour les jeunes conducteurs ou les seniors, qui ont du mal avec certaines manoeuvres», estime Georg Pfennig, visiteur autrichien d'une trentaine d'années, mais lui même n'est guère tenté par la passivité requise du conducteur. «La conduite n'est pas que fonctionnelle, ça doit faire plaisir», argue-t-il. Même scepticisme pour Lars Heider, élève ingénieur de 22 ans, qui peut «l'imaginer pour des voitures roulant en convoi sur une autoroute où tout est automatisé, mais pas pour aller faire ses courses en ville». «Ou alors tout le monde s'y met, mais encore faut-il pouvoir se payer une voiture autonome», ajoute-t-il.

Coût «très élevé»

Côté industriel, on a conscience du potentiel de la voiture autonome mais aussi de son coût, pour l'heure «très élevé», explique à l'AFP Patrick Koller, directeur général de l'équipementier Faurecia. Mutualiser les investissements dans la recherche s'est donc avéré indispensable: l'allemand BMW, allié avec le fabricant américain de puces Intel et le spécialiste israélien des caméras intelligentes Mobileye, a été récemment rejoint par le constructeur FiatChrysler. Daimler a uni ses forces à celles de l'équipementier Bosch, Volkswagen partage ses efforts avec sa filiale Audi.

Audi, BMW et Daimler ont par ailleurs acheté Here, spécialiste de cartes numériques, sans lesquelles la conduite autonome n'est pas concevable. De son côté, le français PSA a conclu un partenariat avec la start-up américaine nuTonomy, spécialisée dans le développement de taxis autonomes.

Sauver des vies

Pour vaincre in fine les réticences du grand public, les efforts de communication devraient porter sur l'aspect sécurité, selon le Center of automotive management. «Cela sauvera des vies», assure Rolf Bulander, directeur de la division mobilité de Bosch, pour qui «les gens vont s'habituer» à la montée en puissance des systèmes d'assistance à la conduite.

Avec pour Bosch d'importantes recettes à la clé: les systèmes d'assistance automatique au conducteur, qui représentaient un milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2016, devraient lui rapporter le double d'ici 2019.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Nico-Flamm le 18.09.2017 16:59 Report dénoncer ce commentaire

    Titine, tu me fais un café serré ?

    Pour finir, les gens ne veulent plus rien faire. Ils ne vont plus savoir parquer une bagnole. La seule chose qu'ils auront à faire, c'est foutre leur c.. dans leur caisse et en ressortir... L'homme est en décadence et c'est pathétique. C'est quand que la voiture va faire les courses toute seule et vous fait le café le matin ?

  • Nat le 18.09.2017 19:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Actuellement me va amplement!

    Merde c'est quoi ce monde qu'on veut nous vendre ? Est ce qu'on veut vraiment cela ?

  • Win Googel Daube le 18.09.2017 19:41 Report dénoncer ce commentaire

    Après le smart(i)phone, la smart(i)car

    Vive la voiture autonome, comme digne succésseur de nos appareils mobiles, vous pourrez profitez de vos trajets en passant devant toutes les entreprises de sponsors, et vous n'aurez pas le choix, vu qu'ils seront dans les options bloquées

Les derniers commentaires

  • Pierre Roche le 21.09.2017 15:23 Report dénoncer ce commentaire

    Le jour ou...

    Le jour où ce n'est plus moi qui conduit ma voiture mais elle qui le fait. Je rend permis et plaques...

  • cotontige le 19.09.2017 21:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    lesricanslesjapslessuedois

    Ceux ne sont pas que des allemands qui font ça et heureusement d'ailleurs.

  • Marc-H. le 19.09.2017 19:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et le plaisir de conduire ?

    «La conduite n'est pas que fonctionnelle, ça doit faire plaisir», sages paroles....en effet quel plaisir d'exécuter parfaitement un talon-pointe, de faire chanter son moteur en double-débrayant, de charger le train arrière pour enrouler un virage dans une légère glisse....être un zombie passif dans une voiture autonome ? Okay quand j'aurai 90 ans ou après un repas gastronomique trop arrosé !

    • Jean Paul le 19.09.2017 19:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Marc-H.

      Tu parles du trajet pour aller au travail? La plupart du temps la conduite n'est pas un plaisir.

  • DanB le 19.09.2017 16:02 Report dénoncer ce commentaire

    Vivement

    Vivement le jour ou ces voitures seront dans le marché. Pour la simple raison que maintenant les accident seront du aux pietons imprudents et non la machine, ce qui veut dire que si les gens savent marché sur un passage piétont ou ne font pas des conneries sur la routes, plus d'accident! De plus finit le taxi ou uber bien trop chère quand on a bu, ont pourra quand même rentrer en voiture !

  • CREA-7 le 19.09.2017 14:38 Report dénoncer ce commentaire

    C'est encore un rêve...

    Faire rouler un prototype sur de belles routes américaines est une chose, le faire dans un pays avec des routes étroites, des pistes, de la boue, de la neige, du sable, des nuées d'insectes en est une autre. Dès qu'un capteur sera amoindri, la voiture s'arrêtera. Par ailleurs, le problème juridique est énorme, car quel constructeur serait d'accord d'assumer la responsabilité des accidents produits par son parc de véhicules ? En l'espèce, ce n'est pas un simple crash de Window...