Royaume-Uni

05 juillet 2018 11:46; Act: 06.07.2018 10:14 Print

En cas de Brexit dur Jaguar pourrait moins investir

Les investissements prévus par Jaguar Land Rover au Royaume-Uni seront «menacés» en cas d'un Brexit dur qui lui coûterait 1,2 milliard de livres (1,6 milliard de francs) de bénéfice par an.

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Le constructeur emploie environ 40'000 personnes au Royaume-Uni. (Photo: AFP)

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«Nous et nos fournisseurs faisons face à un avenir imprévisible si les négociations du Brexit ne maintiennent pas des relations commerciales sans droits de douane et sans entrave avec l'UE et un accès sans restreinte au marché unique», s'est alarmé Ralf Speth, le directeur général du constructeur d'automobiles JLR, dans des propos qui s'étalaient jeudi matin dans la presse britannique.

Constitué de l'association de deux prestigieuses marques britanniques de voitures, le constructeur Jaguar Land Rover (JLR) appartient au groupe indien Tata Motors. D'après M. Speth, «un mauvais accord sur le Brexit coûterait à JLR plus de 1,2 milliard de livres de bénéfice par an».

«Par conséquent, nous devrions drastiquement revoir notre plan de dépenses. Nous avons dépensé 50 milliards de livres au Royaume-Uni ces cinq dernières années et prévoyons de dépenser 80 milliards de plus lors des cinq prochaines», a compté le directeur général, ajoutant que «tout ceci serait menacé si nous devions faire face à un mauvais résultat» des négociations.

Le constructeur emploie environ 40'000 personnes au Royaume-Uni dont 10'000 à Solihull, près de Birmingham (centre de l'Angleterre), où il a dit début juin envisager un «investissement significatif» pour fabriquer de nouveaux modèles de voitures de sport. Dans le même temps, JLR avait toutefois annoncé aussi la délocalisation de la production de son 4x4 de loisirs (SUV) Discovery du Royaume-Uni vers la Slovaquie.

L'avertissement de M. Speth intervient à la veille d'une réunion cruciale du gouvernement de Theresa May qui est censé unifier sa position vendredi sur la délicate question de la future relation commerciale et douanière avec l'UE.

Lors cette réunion à Chequers, la résidence de campagne de la Première ministre, les ministres des Finances Philip Hammond et de l'Industrie Greg Clark, partisans de liens commerciaux très étroits avec l'UE quitte à faire des concessions à Bruxelles, feront face aux partisans d'un Brexit «dur», ou sans compromis, comme le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Avant JLR, plusieurs fleurons industriels européens, comme BMW, Airbus ou Siemens, ont mis la pression sur le gouvernement ces dernières semaines en menaçant de réduire la voilure voire de quitter le Royaume-Uni si les négociations entre Londres et Bruxelles n'aboutissaient pas plus vite à un résultat les satisfaisant.

(nxp/ats)