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06 février 2012 07:00; Act: 06.02.2012 00:48 Print

«Quand j'ai arrêté, le Net ne m'a pas manqu黫Quand j'ai arrêté, le Net ne m'a pas manqué»

Après une «overdose» de réseaux sociaux, un blogueur a décidé de tout débrancher. Témoignage.

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Aujourd'hui, la moindre pause café est un prétexte pour rester «connecté». (photo: AFP)

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Blogueur en vue, spécialiste d'informatique, féru de nouvelles technologies et «twitto» compulsif, Thierry Crouzet a tout débranché pendant six mois après avoir fait une «overdose» de réseaux sociaux et d'Internet.

«J'ai pratiqué un sevrage radical que peu de personnes actives peuvent s'autoriser», explique-t-il à l'AFP. Plus de mail, plus de tweet, plus de smartphone. Pourquoi une décision si radicale? Parce que Thierry s'est un jour retrouvé aux urgences, suite à une crise d'angoisse causée par un surmenage technologique.

«J'ai explosé en vol, j'ai décidé de me sevrer et de décrire cette expérience», explique cet écrivain-blogueur français de 48 ans. Résultat: un livre de 300 pages: «J'ai débranché - Comment revivre sans internet après une overdose».

«Le sentiment d'être passée à côté de quelque chose d'essentiel»

L'expérience n'est pas unique. Elle semble même se multiplier, selon plusieurs témoignages recueillis sur le web. «Thierry Crouzet a débranché six mois, j'ai testé... une petite semaine», indique Valérie Demont, blogueuse suisse spécialiste de marketing et réseaux sociaux. Les conséquences de cette «semaine sans»: «plus de temps» pour la famille mais aussi «moins de veille» technologique et le «sentiment d'être passée à côté de quelque chose d'essentiel», indique-t-elle sur son blog.

Autre expérience, anonyme celle-là, tirée de la page «comment sortir de la Facebook addiction»: «J'ai testé la désactivation du compte Facebook pendant 72h... Très dur mais la satisfaction est telle lorsque l'on y est parvenu (...) que l'on est obligé de réactiver son compte pour le dire à tous ses amis».

«Quand je publiais un message qui n'engendrait pas de réaction, j'étais frustré»

Peut-on parler d'addiction pour internet et les réseaux sociaux? Pour Thierry Crouzet, le parallèle avec les dépendances classiques saute aux yeux: «Sur les réseaux sociaux, je cherchais toujours à augmenter la dose pour accroître mon plaisir. Quand je publiais un message qui n'engendrait pas de réaction, j'étais frustré. Il me fallait toujours plus de réactions de lecteurs», confie-t-il.

Malgré un fort intérêt pour le numérique, le blogueur est parvenu à s'en détacher assez facilement: «Quand j'ai débranché, le Net ne m'a pas manqué. Après quelques jours, je n'avais plus aucune envie d'y aller», témoigne-t-il. Son meilleur tuyau? Se ménager des plages libres, sans Internet ni réseaux sociaux. «Par exemple, s'interdire le numérique et les médias lors des repas. Marcher tous les jours en étant seul avec soi-même».

(afp)