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18 mars 2010 22:33; Act: 18.03.2010 21:17 Print

Tu aimes ma veste? Je la vends!Tu aimes ma veste? Je la vends!

Les séances de troc spécial copines à domicile se muent en ventes de fringues entre amies. Perles rares et pas chères en vue.

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Anne Carrard et Caroline Piccinin, deux amoureuses des fringues. (Photo: dr)

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«J’ai rien à me mettre!» Le refrain du matin est connu, appuyé d’un «Non, mais vraiment rien», devant la moue dubitative de son compagnon. La chanson change de gamme samedi après-midi. Plus de place dans le dressing pour ranger ce nouveau pull, pourtant à la maille extrafine? Voilà l’évidence: pour remplir, il faut vider. D’où l’essor des réunions entre recessionistas, ces fashionistas qui connaissent la crise. Troc, minivente, essayage: tout est bon pour se retrouver entre copines, gossip à l’appui.

Des rencontres privées en appart’, le concept s’étend aujourd’hui à la vente. Anne Carrard s’est prise au jeu et vend ses fringues samedi avec deux copines. Une braderie plutôt intime quand on pense au vide-­dressing géant organisé aux Docks début avril. Evidemment, le risque de ces opérations est de repartir avec plus de vêtements qu’à l’arrivée...

Cerise sur la paire de Louboutin, tout cela donne une seconde vie aux vêtements et vous évite, comme votre mère, de jeter malencontreusement un tailleur Saint Laurent à la poubelle.

-Vente d’habits entre amis-

Anne Carrard
Comédienne, animatrice, chanteuse et consommatrice incorrigible de fringues

D’où est venue cette idée?
J’entendais mes copines raconter qu’elles faisaient du troc, et ça avait l’air très sympa. Alors, devant l’accumulation des fringues chez moi, je me suis dit: «C’est mon tour!» Du coup, j’ai recruté deux copines pour s’amuser avec moi!

Pourquoi ne pas avoir simplement rempli un sac à donner?
 En parlant braderie avec mon meilleur ami, qui travaille à la Couronne d’Or, on a pensé donner l’argent récolté à une association. Une de mes amies s’occupe de l’association Spehro qui aide des enfants roumains handicapés, c’est une bonne motivation.

Comment s’est effectué le choix?
Je m’en suis tenue au «ce que je ne mets pas depuis deux ans». Comme j’ai peu changé de morphologie, j’ai des vêtements qui datent d’il y a quinze ans!

Où stockiez-vous tout cela?
Principalement chez ma mère, une armoire pleine! Elle aimerait bien la récupérer. Le déclic s’est fait lorsque j’ai déménagé en janvier, quand mon copain a paniqué devant ma tonne d’habits.

Quelle quantité avez-vous choisi de mettre en vente?
Deux cents pièces environ. Faire le tri était affreux, terrible, pathologique! C’est dur de se séparer des choses. J’ai tout mis dans des sacs en me promettant de ne plus les ouvrir. J’ai craqué!

Comment avez-vous fixé les prix?
Je me suis dit que les gens ne mettraient pas plus de 50 fr., surtout que je n’ai pas d’articles de marque.

Quelle est la plus belle pièce?
Un long manteau gris chiné en laine.

Y a-t-il des chaussures?
Pas question que je vende mes chaussures!


-Le vide-dressing collectif-

Caroline Piccinin
Graphiste au magazine «Femina» et shopping addict

D’où est venue cette idée?
Depuis plusieurs années, on se retrouve avec mes copines pour trier nos armoires et se donner les choses qu’on ne porte plus. Cela fait un an que je me dis que ce serait sympa de faire un événement public avec des stands tenus par différentes personnes. J’avais envie d’un endroit neutre et j’ai contacté les directrices des Docks, qui ont été emballées par l’idée. Il y aura donc dix-huit stands, dont un tenu par un homme. Ce sera très varié dans les styles. Il y en aura pour tous les goûts.

Pourquoi ne pas avoir simplement rempli un sac à donner?
Je trouvais sympa de partager ce moment avec d’autres personnes, d’organiser un microévénement. Le but de l’opération n’est pas financier. En faisant le tri, j’ai quand même donné trois sacs de 110 litres à Texaid.

Quelle quantité mettez-vous en vente?
Pour mon propre stand, j’ai cinq cartons de déménagement pleins de chaussures, sacs et vêtements. Certaines affaires sont neuves! Je ne sais pas ce que les autres personnes mettront en vente.

Comment avez-vous fixé les prix?
Le but, c’est que ça parte. La majorité des choses seront donc vendues à 5 fr. Certaines seront 20fr. J’ai aussi quelques pièces de marque qui seront proposées à 50 fr. Je n’ai donné aucune instruction pour les autres stands. Chacun fixe les prix qu’il voudra.

(Stéphanie Billeter / Sandra Imsand)