zurich

19 octobre 2012 10:28; Act: 19.10.2012 11:27 Print

Nouvelle vague de créateurs suisses

par Marine Guillain - L’un des plus grands événements fashion du pays a lieu ce soir. L'occasion de découvrir huit labels qui collent furieusement à l’air du temps.

Voir le diaporama en grand »
«Je ne m'y attendais pas du tout, c'est un vrai honneur!» s'exclame . Le 11 octobre, la pétillante Vau­doise de 23 ans s'est vu re­mettre le prestigieux prix HEAD Fashion Angels, à l'issue du défilé de la HEAD (Haute école d'art et de design de Genève). Fraîchement diplômée, elle a entamé un stage chez Bernhard Willhelm à Paris il y a deux mois. Celle qui joue avec le vestiaire masculin avoue avoir hâte de créer une nouvelle ligne. Son rêve? «Travailler chez Dries Van Noten ou Raf Simons!» «C'est un peu le marathon de la mode en ce moment», plaisante Laurence Imstepf Fuentes, à l'origine de la griffe . Mode Suisse, défilé de la HEAD, Show-room «Edelweiss» et lauréate du Prix Lily, la Genevoise de 38 ans basée à ­Versoix ne s'arrête plus! Ses vêtements sont destinés aux femmes «actives, citadines, avec une âme un peu rock'n'roll. On peut s'amuser avec les superpositions, mais aussi décomposer certains looks et les rendre plus accessibles», ra­conte la demoiselle. crée des vêtements qui se veulent intemporels: «Ils sont assez épurés, de bonne qualité, et peuvent être portés de différentes manières afin que l'on ne s'en lasse pas et qu'ils puissent traverser les années», explique la créatrice. Plusieurs pièces de Laure Paschoud sont actuellement exposées au Mudac à Lausanne, dans le cadre de l'expo TOUCH! Celle-ci se poursuit encore jusqu'au 28 octobre. Où trouver ses créations? Chez «Globus», «Bottega Ethica» et «Sortie de Secours» à Lausanne, chez «Au Temps Pour Moi» à Carouge (Genève) et chez «Et pis c'est tout» à Fribourg. Laure Paschoud La collection de Bachelor «Ce qui est beau est toujours bizarre» (ci-dessus) de a reçu les faveurs des critiques, après sa présentation au défilé de la HEAD. «J'aime mélanger le masculin et le féminin, révèle Florent Tosi. Je travaille beaucoup sur le tailleur, qui est un élément masculin, et sur le drapé, qui représente plutôt la sensualité féminine. Sinon j'aime ce qui est très graphique, comme les lignes structurées et le noir/blanc.» En novembre, le jeune homme postulera pour des stages chez plusieurs maisons à Paris et Londres, en espérant obtenir une place chez Lanvin. Le Genevois de 23 ans (ci dessus) semble en bonne voie pour suivre les traces de son prédécesseur Maxime Rappaz. Diplômé l'année passée, a accumulé les récompenses et travaille actuel­lement à Florence, dans les ateliers de Roberto Cavalli. Au printemps dernier, il a été sélectionné pour le prestigieux Festival International de Mode & de Photographie de Hyères, où il a présenté sa collection de Bachelor retravaillée (ci-dessus). «C'était un moment inoubliable, qui m'a permis d'obtenir de nombreux contacts, raconte l'artiste. C'est en plus très positif dans mon CV!» Maxime Rappaz Eliane Diethelm et Joanna Skoczylas ont fondé leur label en 2009. Elles se sont inspirées de la fameuse «petite robe noire», popularisée par Coco Chanel et le film «Breakfast at Tiffany's». «Nous avons des robes pour chaque occasion, en noir ou en couleurs, explique Joanna. Pour le travail, une virée en ville, un cocktail...» Les jeunes femmes viennent de lancer une ligne «white», pour les mariages, qu'elles présenteront prochainement à Zurich. Joanna Skoczylas (à gauche) et Eliane Diethelm (à droite). A limage de Mademoiselle L, de Little Black Dress et des étudiants de la HEAD, la griffe bâ­loise , fondée en 2006 par Nicole Müller et Cornelia Peter, fait partie de Mode Suisse. Cornelia Peter travaille actuellement seule. «Nous essayons de varier et d'expérimenter différentes techniques d'impression. Nous faisons beaucoup de choses nous-­mêmes», explique la spécialiste. Cornelia Peter salue le public après la présentation de sa collection à Mode Suisse Genève. , ont su se faire une place à l'international. Ils se sont connus dans les ateliers de la HEAD et travaillent ensemble à Paris depuis leur passage chez Nina Ricci. Leurs vêtements sont en vente à Paris, à Moscou et en Arabie saoudite. Léonie et Marius.

Découvrez dans notre diaporama, les dernières collections des jeunes stylistes suisses qui font l'actu.

Sur ce sujet
Une faute?

Mode Suisse prendra ses quartiers à Zurich ce soir, pour la deuxième année consécutive. On y verra une vingtaine de marques de Suisse romande et alémanique, lors de défilés et d’un showroom, en présence des designers. L’événement est le plus important du genre pour les professionnels, et constitue un réel tremplin pour les acteurs de la mode helvétique. «Lors des défilés samedi (à la première édition de Mode Suisse à Genève, ndlr), j’ai pu découvrir de jeunes stylistes de grand talent et porteurs d’espoir, relève le Neuchâtelois Jorge Guerreiro, créateur du blog lifestyle jsbg.me. Les choses semblent bouger, car de plus en plus de griffes ­trouvent un créneau, malgré un marché local petit et fractionné.»

Au sortir des études, les designers en herbe ­tentent toutes les transgressions possibles et prônent la «bizarritude» (à l’image de Florent Tosi, voir notre diaporama). Mais ils s’assagissent par la suite, et proposent des lignes plus commerciales. Existe-t-il un style propre au design suisse? La semaine dernière à Genève, nous avons noté une majorité de pièces simples et bien coupées, mais toujours avec une touche d’originalité. De quoi faire le bonheur d’un public en quête de sensations visuelles. Nous partons à la découverte de ces ­talents prometteurs, parmi lesquels se cache peut-être la star de demain...

Mode Suisse
Ce soir dès 18 h à la Kunsthaus de Zurich.