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26 janvier 2010 22:44; Act: 26.01.2010 23:25 Print

Demain, le corps sera surhumainDemain, le corps sera surhumain

par E. Coissy et C. Goldschmid - La science améliore les capacités du corps, et les perspectives semblent infinies.

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A quoi ressemblera ­l’homme de demain? Une conférence de la Bibliothèque cantonale universitaire de Lausanne tente de répondre en partie à cette question en abordant le principe du «corps augmenté».

«Ce terme, explique Vincent Barras, historien de la médecine, carac­térise l’ensemble des améliorations technologiques que la science offre à l’organisme, telles les prothèses ou la transplantation d’organes artificiels. De l’orthopédie aux neuro­sciences, la médecine permet de pallier nos manques. Il arrive même que les performances du substitut dépassent les capacité de l’original: le corps devient alors surhumain.»

A l’avenir, le corps, par ses capacités augmentées, pourrait défier les maladies, acquérir des qualités physiologiques et esthétiques supplémentaires, assimiler des flux divers d’informations. Loin de la science-fiction, ces chantiers sont ouverts. Nous nous sommes donc livrés à un exercice d’anticipation en imaginant le sur­homme de demain à partir des prouesses d’aujourd’hui.

Quand les exploits naissent du handicap

périphérique. Des chercheurs américains ont établi que les prothèses d’Oscar Pistorius lui procuraient un avantage en lui faisant gagner dix secondes sur une distance de 400 m. Ses performances dépassent celles des jambes. Le développement de ces prothèses laisse imaginer que l’on verra un jour une personne handicapée battre le record d’Usain Bolt. En marge du sport, le cas de Matthew Nagle est aussi significatif: ce jeune homme tétraplégique a été le premier humain à utiliser une interface neuronale directe­ pour restaurer des fonctionnalités altérées. Un petit dispositif d’électrodes placé sur la surface de son cerveau relié à un ordinateur lui a permis d’associer les pensées aux mouvements qu’il voulait réaliser. Nagle a ainsi utilisé une souris d’ordinateur, contrôlé la télévision et fait bouger une prothèse de la main.

Le cerveau d’Einstein pour tout le monde

Aujourd’hui, les neuro-scientifiques travaillent, par exemple, sur le traitement de la dépression ner­veuse ou de la maladie de Parkinson grâce à des stimulations du cerveau par des microélectrodes. Ce principe thérapeutique pourrait à l’avenir être élargi à l’amélioration des capacités de cet organe. En faisant abstraction des paramètres éthiques, les développements de la mémoire, de l’aptitude au calcul mental ou à la sensation du plaisir devraient être accrus. En schématisant cette utopie, l’humanité sera, un jour, constituée d’individus surdoués et sujets à des joies intenses.

La génétique garantira la santé à tout un chacun

La connaissance du patrimoine génétique des individus délivre des informations précieuses. On peut désormais savoir si quelqu’un sera obèse, a des risques de développer un cancer, des mauvaises réactions à certains médicaments, des problèmes circulatoires, etc. La liste est infinie tant la révolution génétique en marche transforme l’appréhension de la vie. Grâce à ce savoir, des maladies génétiques (5000 référencées) peuvent être évitées grâce à une sélection d’embryon. Se pose alors la question de l’eugénisme. D’autre part, le décodage du patrimoine génétique par séquençage du génome humain permet de déceler d’éventuelles failles du système ou prédispositions et de les traiter de manière préventive. Cette technologie onéreuse (env. 10 000 fr.) devrait coûter 50 fr. d’ici à cinq ans, prédit Laurent Alexandre, PDG du site Doctissimo.

Des mouvements incroyables

Aujourd’hui déjà, il est possible d’élargir les vaisseaux pour augmenter l’apport de sang dans les membres – donc de courir l’équivalent de deux marathons sans crampes – et de se faire greffer des doigts bioniques articulés! Demain, on peut alors sans autre imaginer que le corps humain, agrémenté de prothèses ou autres puces, sera capable de performances telles qu’une vitesse de marche à 15 km/h, des sauts de 5 mètres de haut, une tête qui pivotera à 360°. Il pourra même servir de transmetteur d’informations telle une puce électronique. A l’aide d’une assistance robotique, nos mouvements seront infiniment précis et notre mémoire sera décuplée!

Un cœur solide comme un roc

Se faire greffer un cœur artificiel total? C’est déjà possible! L’Abiocor, d’une autonomie d’environ ­trente minutes, est autorisé depuis 2001 et a déjà été implanté chez une dizaine de patients. L’avenir? «Des implants plus raffinés, moins de produits externes et une plus longue recharge», répond le professeur Ludwig von Segesser, chef du service de chirurgie cardio-vasculaire au CHUV. «Dans cinquante ans, tout sera possible!» assure-­t-il.

Pour ce qui est d’améliorer les performances physiques d’une personne en bonne santé, une pompe supplémentaire peut être ajoutée, pour augmenter l’afflux de sang vers les jambes des sportifs. «On nous l’a déjà demandé, mais je refuse d’entrer en matière. Nous devons faire avec ce que le bon Dieu nous a donné!»