06 mars 2008 23:20; Act: 06.03.2008 23:27 Print

La pub aime faire appel au diable

Les marques font appel au diable pour inviter le consommateur à céder à la tentation.

Une faute?

Le diable fait vendre. Et peut-être davantage. Dans l’annonce ci-dessus, Lucifer, vêtu de rouge, s’époussette l’épaule après avoir terrassé un ange.

«C’est une tendance de plus en plus répandue, les annonceurs donnent une image positive du démon, mais il faut prendre cela au second degré: cette publicité ne fait pas la promotion du satanisme. Elle reflète les valeurs individualistes de la société en invitant à capituler, à céder à la tentation (give in)», note Gilles Lugrin, maître assistant à l’Université de Lausanne et coorganisateur de l’exposition «Dieu et la pub», à Lausanne.

D’autres images bibliques comme le serpent, Eve ou la pomme servent le même but. Le logo d’Apple est une pomme croquée. Un placard des magasins Aperto demande: «Où Eve achète-t-elle des pommes le dimanche?» «Le diable représente le désir que je n’ose pas avouer», observe le pasteur Serge Molla, coorganisateur de la manifestation.

Alors, Satan dans la pub: sans danger? «Le matraquage publicitaire influence le public même si celui-ci n’en est pas toujours conscient», confie Bernard Stackelberg, de l’agence de pub Sixty-Six à Genève.

«Ce n’est pas la figure du diable qui dérange, ce sont les valeurs qu’elle véhicule: le consommateur ne sait plus faire la différence entre le bien et le mal, entre ce qui est bon pour lui et ce qui est bien pour tous», analyse Nicolas Betticher, chargé de communication de l’évêché de Lausanne, Genève et Fribourg.


Giuseppe Melillo