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Technologie
30 août 2010 22:44; Act: 30.08.2010 20:24 Print
Un bras artificiel qui répond à la pensée
par Sandra Imsand - Christian, un jeune Autrichien, est le 1er Européen à pouvoir diriger sa prothèse par la pensée.
Quand Christian Kandlbauer pense «enrouler les spaghettis autour de la fourchette et les porter à ma bouche», la prothèse de sa main gauche effectue le mouvement. Le jeune Autrichien de 22 ans est aidé depuis une année par un bras artificiel qu’il contrôle mentalement. Et aujourd’hui, il le maîtrise suffisamment pour pouvoir conduire ou effectuer d’autres tâches minutieuses. Il est la première personne à bénéficier d’un tel appareillage en dehors des Etats-Unis. Autrefois mécanicien, Christian avait reçu une décharge de 20 000 volts. Il avait 18 ans. Les médecins avaient dû l’amputer des deux bras.
Son histoire est arrivée aux oreilles du Pr Frey, de l’Hôpital central de Vienne. Il est l’un des trois chirurgiens dans le monde à avoir réalisé avec succès une «ré-innervation musculaire ciblée». Cette technique consiste à dévier les nerfs du bras jusqu’aux pectoraux. En clair: si l’on tapote sur la poitrine de Christian, il a l’impression qu’on lui touche la main. De même, lorsque l’Autrichien veut ouvrir celle-ci, son cerveau – qui ne sait pas que la main n’existe plus – donne un ordre à son nerf situé désormais dans la poitrine. Le muscle pectoral se contracte et cela envoie un signal électrique dans la prothèse. La main s’ouvre alors instantanément.
Les concepteurs estiment que ce bras artificiel pourrait être mis sur le marché d’ici quatre ans. Le Pr Thierry Kuntzer, du service de neurologie du CHUV, est moins enthousiaste. Cette technologie coûte une fortune et n’est pas garantie sur la durée: «C’est fascinant, admet-il, mais peu réaliste de penser qu’on la retrouvera demain applicable à grande échelle.» La technique qui consiste à relier l’esprit humain à des machines est étudiée pour d’autres applications. Comme à l’EPFL, avec le Pr José Millan. Il a développé une chaise roulante qui obéit instantanément aux ordres envoyés par le cerveau.
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Il est surnommé, «l’homme qui valait six millions». En mai 2001, Jesse Sullivan (à gauche), électricien de son état, est victime d’un accident de travail dans le Tennessee (USA) qui nécessite l’amputation de ses deux bras. Environ deux mois après le drame, il est opéré à Chicago, où les médecins lui implantent la première prothèse contrôlée par la pensée. En mai 2004, l’officier de la Marine américaine Claudia Mitchell perd son bras gauche suite à un accident de moto. Les chirurgiens du Rehabilitation Institute of Chicago lui installent une prothèse «intuitive». Le bras permet de réaliser avec la pensée jusqu’à 22 actions différentes, comme écrire, porter une tasse de café aux lèvres, serrer des mains ou encore tourner les pages d’un livre.
En Europe, la technologie est plus longue à arriver. En janvier 2010, un Italien de 26 ans, Pierpaolo Petruziello (dr.), qui avait perdu son bras droit dans un accident de voiture, a montré qu’il arrivait à contrôler une main située non pas sur son bras mais à côté de lui. Quatre semaines après son opération, qui consistait à poser des électrodes sur les nerfs du moignon, Pierpaolo avait déjà appris à faire bouger la main robotisée par sa pensée. Ce projet, baptisé «SmartHand», est financé par l’Union européenne.











