France

04 mars 2017 09:49; Act: 04.03.2017 10:13 Print

Traitement «sadique» infligé à des mannequins

Un casting de mannequins à la Fashion Week de Paris a révélé une face sombre du monde de la mode.

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(Photo: AFP/Archives/Photo d'illustration)

Une faute?

Les coulisses des défilés sont parfois moins glamour que les podiums, comme le montre une polémique autour de mannequins forcées d'attendre des heures dans un escalier lors d'un casting pour une grande griffe, à l'occasion de la Fashion Week parisienne.

Déjà critiquée pour le très jeune âge et la maigreur de ses mannequins, l'industrie de la mode est de nouveau épinglée à la suite de l'affaire révélée par le directeur de casting américain, James Scully. Sur Instagram, cet «insider» a accusé lundi deux de ses concurrents de se livrer à un traitement «sadique et cruel» envers des modèles dans un «post» largement relayé dans les médias.

So true to my promise at #bofvoices that I would be a voice for any models, agents or all who see things wrong with this business I'm disappointed to come to Paris and hear that the usual suspects are up to the same tricks. I was very disturbed to hear from a number of girls this morning that yesterday at the Balenciaga casting Madia & Ramy (serial abusers) held a casting in which they made over 150 girls wait in a stairwell told them they would have to stay over 3 hours to be seen and not to leave. In their usual fashion they shut the door went to lunch and turned off the lights, to the stairs leaving every girl with only the lights of their phones to see. Not only was this sadistic and cruel it was dangerous and left more than a few of the girls I spoke with traumatized. Most of the girls have asked to have their options for Balenciaga cancelled as well as Hermes and Ellie Saab who they also cast for because they refuse to be treated like animals. Balenciaga part of Kering it is a public company and these houses need to know what the people they hire are doing on their behalf before a well deserved law suit comes their way. On top of that I have heard from several agents, some of whom are black that they have received mandate from Lanvin that they do not want to be presented with women of color. And another big house is trying to sneak 15 year olds into paris! It's inconceivable to me that people have no regard for human decency or the lives and feelings of these girls, especially when too too many of these models are under the age of 18 and clearly not equipped to be here but god forbid well sacrifice anything or anyone for an exclusive right? If this behavior continues it's gonna be a long cold week in paris. Please keep sharing your stories with me and I will continue to to share them for you. It seems to be the only way we can force change and give the power back to you models and agents where it rightfully belongs. And I encourage any and all to share this post #watchthisspaceUne publication partagée par james scully (@jamespscully) le

Plus de 150 mannequins ont été coincées dans un escalier et laissées un moment dans le noir avant de passer les sélections pour le défilé Balenciaga, selon James Scully, citant des témoignages.

Deux mannequins ont affirmé à l'AFP avoir été forcées d'attendre plus de trois heures, sans aucun accès aux toilettes. «C'est le pire casting que j'aie jamais passé», a déclaré l'ex-mannequin de Gucci, Anna Vivchar, 19 ans, qui a préféré partir car elle ne pouvait plus se retenir. «Tout le monde était nerveux et échauffé.»

Cette version a été totalement contestée par l'une des deux responsables du casting mis en cause, Maida Gregori Boina, qui a affirmé que les mannequins n'avaient pas attendu «ne serait-ce qu'une heure dans le noir». «Tout au long de ce casting, nous avons assuré les conditions les plus confortables possibles» compte tenu de la situation, a déclaré cette figure du milieu de la mode au site spécialisé «Business of fashion». Balenciaga (groupe Kering) n'en a pas moins rompu son contrat avec l'agence.

«Une carrière courte»

«Je trouve que Balenciaga a bien réagi. Ils se sont excusés et nous ont envoyé des fleurs», a déclaré à l'AFP Anna Vivchar. Avec jusqu'à 13 castings par jour, «on n'attend normalement environ qu'une demi-heure», a raconté la jeune mannequin ukrainienne Elizabeth Pentsarska (17 ans), qui a déjà défilé pour Chanel.

Dans ce monde feutré où les mannequins craignent de se plaindre par peur de perdre leur travail, la rupture du contrat a fait du bruit. Pour Isabelle Saint-Félix, secrétaire générale du Syndicat national des agences de mannequins (Synam), cette sanction sonne comme un «avertissement».

«Le groupe Kering a pris une bonne décision et cela peut être l'occasion de redresser un peu la situation» qui s'est «détériorée depuis quatre-cinq ans», a ajouté la responsable. Ce syndicat affirme avoir alerté sur ce sujet la Fédération de la couture depuis plusieurs années. «Il faut que les choses changent», lance Isabelle de Saint-Félix. Les mannequins «ont une carrière courte, elles sont là pour travailler, et se disent que c'est peut-être le prix à payer», remarque-t-elle.

«Pas glamour»

Pour Sara Ziff, ancienne top model à la tête de Model Alliance, association new-yorkaise pour la défense des droits des mannequins, «l'industrie de la mode est incapable d'autorégulation». Cette association, dont James Scully est membre, milite par ailleurs pour une règlementation du travail des mannequins mineurs.

Sara Ziff, connue pour son documentaire «Picture Me» sur les coulisses de la mode, s'interroge aussi sur les agents de ces jeunes filles. «Ne sont-ils pas censés s'occuper de leurs intérêts? Je pense que c'est ça, la vraie histoire».

Pour elle, les inquiétudes des mannequins sont trop souvent «banalisées, ignorées». Cette profession «est souvent plus vue comme un privilège que comme un véritable travail. Mais quand on voit ce qui se passe en coulisses, ce n'est pas glamour du tout».

«On passe sa vie entre New York, Londres, Milan et Paris pendant plusieurs mois en travaillant 24h/24. Et souvent, on ne connaît pas son emploi du temps plus de quelques heures à l'avance», raconte-t-elle, ajoutant toutefois que les conditions de travail ont tendance à être meilleures en France qu'aux Etats-Unis.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Ouèsava le 04.03.2017 10:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Misogynie

    Manifestement le monde de la mode n'aime pas les femmes. Il n'est qu'à voir leur maigreur, leur attitude de défiance agressive, la vacuité de leur regard et leur absence de sourire pour se faire une image de ce qui se passe dans leur tête. À se demander pourquoi elles persistent à vouloir jouer les cintres pour ces "peoples" aux murs incertaines. L'argent n'explique pas tout et la gloire est bien illusoire dans leur cas.

  • DATA le 04.03.2017 11:29 Report dénoncer ce commentaire

    Tout est questions de contexte.

    J'ai vu la semaine passées, des ouvrier du bâtiment toute la journée à l'extérieur sous la pluie par une température glaciale. Il n'avais pas 20 ans, ne le supportait pas qu'une seule fois et personne n'a pensé à faire un article sur leur condition de vie. Alors devoir rester dans un couloir 2 heures.....

  • Lorena le 04.03.2017 10:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il faut des vérités qui fâchent!

    Je trouve très bien de parler de la réalité de ce monde car trop de jeunes filles se forcent à maigrir -et développent des troubles alimentaires- dans l'espoir d'intégrer ce milieu qu'elles estiment glamour!

Les derniers commentaires

  • Stam le 04.03.2017 18:34 Report dénoncer ce commentaire

    Prendre exemple de l'Espagne

    En Espagne est parmi les précurseurs dans la lutte contre l'extrême maigreur des mannequins. Dès septembre 2006, Madrid a interdit aux mannequins au-dessous d'un certain IMC de défiler. Le seuil de l'IMC était fixé à un minimum de 18, soit 52 kg pour une taille d'1,70 m, ou 56 kg pour 1,75 m. En 2007, le gouvernement espagnol a passé un accord sur le sujet avec certaines grandes marques du pays, telles que Zara ou Mango. Ces enseignes se sont engagées à ne pas exposer dans leurs vitrines des mannequins d'une taille inférieure au 38 et de ne pas reléguer les grandes tailles au fin-fond du magasin. L'Agence catalane de qualité d'Internet (Iqua) avait également exigé la fermeture de quatre blogs incitant à l'anorexie ou à la boulimie, fin 2007. Le pays était, à l'époque, le seul à appliquer de telles mesures contraignantes.

  • Bobo le 04.03.2017 16:10 Report dénoncer ce commentaire

    Pas belles toutes maigres

    Pourquoi des femmes qui pourraient être jolies souffrent pour s'enlaidir et devenir aussi maigres. Une très petite minorité d'homme aiment les squelettes.

  • Armando Bronca le 04.03.2017 15:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je me demande si

    Y a encore quelque chose qui fonctionne normalement dans ce monde...?

    • gabscab le 04.03.2017 16:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Armando Bronca

      Le budhisme chez les tibétains? sûrement....

    • Jack le 04.03.2017 18:58 Report dénoncer ce commentaire

      Si si

      Beaucoup de choses sont belles dans ce monde et marchent normalement, c'est juste que les médias n'en parleront jamais, les gens préfère les mauvaises nouvelles que les bonnes...

  • Rols le 04.03.2017 15:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le respect se perd

    on est plus , il y a 20 ans en arriere , à l époque on demandait un curriculum. aujourd'hui desabilliez vous , suivante

  • Jean Bordello le 04.03.2017 15:39 Report dénoncer ce commentaire

    Merdouille

    Toujours la méme chose en fait:le pognon