Consommation

01 décembre 2010 07:00; Act: 02.12.2010 16:15 Print

Chasser la bonne affaire, un vrai métier

par Catherine Muller - Si la période des Fêtes est propice à la «dépensite», certains traqueront les bons plans pour débourser le minimum. Car être radin, c’est tendance!

Une faute?

Il est loin le temps où le radin faisait invariablement penser au fameux Harpagon de Molière,­ ou, dans un tout autre registre, au non moins célèbre oncle Picsou. Désormais, il occupe une place bien définie dans la société, sous les traits de notre voisin, d’un collègue, voire d’un membre de notre famille. La crise lui donne encore plus de légitimité, ce qui lui permet d’assumer sans vergogne son statut de pingre. Et l’avènement d’internet lui a ouvert de nombreux horizons. On ne compte plus les sites qui recensent les bons plans et autres bonnes combines, permettant d’économiser quelques sous, voire de collectionner les échantillons gratuits (parfums, crèmes et autres croquettes pour chats). En Suisse romande, le site radin.ch cartonne depuis sa création, en juillet 2007, avec près de 36 000 membres (lire encadré).

Cela pourrait sembler presque paradoxal, mais les consommateurs économes sont également devenus une cible privilégiée pour les publicitaires. Les entreprises n’hésitent plus à caresser le nouveau radin dans le sens du poil, en lui promettant les meilleurs prix.
«Il est toutefois important que le consommateur reste­ attentif aux étiquettes, pour être sûr qu’il fasse effectivement une bonne affaire», avertit Barbara Pfenniger, de la Fédération romande des consommateurs (FRC). «Sur internet, il faut se méfier particulièrement des contrefaçons, spécialement lorsqu’il s’agit de médicaments, où les risques pour la santé sont évidents. Et même une paire de chaussures apparemment anodine pourra déclencher des allergies, suivant de quelle façon le cuir aura été traité».

TOUT LE MONDE N'ÉCONOMISE PAS POUR LES MÊMES RAISONS

Par nécessité
Impossible pour lui de céder aux achats impulsifs. Son porte-monnaie ne lui en donne pas les moyens. Lorsqu’il découpe les bons de réduction, il n’oublie jamais d’en faire usage. Dans les rayons, il se dirige d’abord vers les bonnes affaires et écume les grandes surfaces juste avant la fermeture, profitant ainsi des produits frais à moitié prix.

Par principe
Il fait partie de cette frange de consommateurs qui ne voient pas pourquoi ils dépenseraient plus qu’il ne faut, et qui n’ont surtout pas envie de se «faire avoir». Des sous, il en a, mais il les dépensera plus volontiers pour un achat bien précis. Tandis qu’au quotidien, il traquera dans chaque rayon l’article affichant le prix au kilo le plus bas, quitte à y passer la journée!

Par respect
Consommateur «responsable», il ne cherche pas forcément à faire des économies, mais il boude tout ce qui vient de très loin et qui n’est pas de saison (et donc aussi plus cher). Une philosophie qu’il n’adapte pas seulement à son caddie, mais à sa consommation en général. Les plus extrêmes se veulent même des adeptes de la décroissance.

Par jeu
Il connaît tous les sites qui permettent de gagner tout et n’importe quoi, participe à la plupart des concours qui lui tombent sous la main, et partage ses bons plans avec ses amis sur les réseaux sociaux. Et quand il remporte un ticket pour un spectacle qu’il n’ira de toute façon jamais voir, il le savoure quand même comme une victoire!