Salon du livre

29 avril 2011 07:00; Act: 28.04.2011 18:04 Print

Livres ou e-books? «C’est un faux débat!»

par Caroline Goldschmid - Parmi les nouveautés du Salon du livre, le Laboratoire des nouvelles lectures. Vont-elles pousser le papier vers la sortie? La parole aux experts.

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Selon les spécialistes, le livre est loin d’être condamné, qu’il soit de papier ou électronique. A chacun de s’adapter à son support de prédilection. (Photo: AFP)

Une faute?

Alors que la lecture numérique existe depuis quelques années, le Salon du livre de Genève, qui ouvre aujourd’hui, aborde cette thématique pour la première fois. «Notre rôle n’est pas de prendre position sur les nouveaux formats de lecture, mais d’élargir les possibilités, recevoir les idées et informer, explique Adeline Beaux, directrice du salon. C’est pourquoi nous avons mis sur pied un Laboratoire des nouvelles lectures.»

D’aucuns se demandent justement si ces dernières ne se feront bientôt que sur écran. L’arrivée sur le marché de la liseuse (support qui permet de lire les textes sous format électronique) et des tablettes telles que l’iPad va-t-elle engendrer une diminution progressive, voire la disparition du livre papier? «Ce n’est ni pour demain ni pour tous les genres de livres, estime Pascal Vandenberghe, directeur général de Payot. Le marché des livres électroniques n’en est qu’à ses balbutiements et l’offre reste encore relativement modeste». Pour preuve, la chaîne suisse ne réalise même pas 1% des ventes avec ce format. «Il n’y aura pas, à moyen terme, de baisse des ventes de livres papier au profit du numérique», conclut le libraire.
Pour Frédéric Kaplan, expert du Laboratoire des nouvelles lectures, c’est un faux débat. «Il ne s’agit pas simplement d’opposer le papier au digital. Les deux utilisations peuvent cohabiter, chacune à son tour, en fonction du contexte.

Jusqu’ici solitaire, la lecture a la possibilité de devenir communautaire. Ce qui est sûr, c’est que la lecture sur écran existe et qu’elle est déjà en train d’entrer dans nos habitudes.» Reste la question: tablette ou liseuse? Faites votre choix.

Tablette ou liseuse?
La lecture digitale se fait soit sur liseuse (ou e-book), soit sur tablette. Les gros lecteurs de romans se contenteront de la première, conçue spécifiquement pour le téléchargement et la lecture en noir et blanc des fichiers. Son prix: environ 200 fr. Les technophiles à la recherche d’intéractivité choisiront la tablette (de l’iPad au Galaxy Tab). L’affichage est en couleur et les capacités graphiques sont nettement supérieures, ce qui rend la tablette plus chère: environ 400 fr.

Un creuset d’idées
C’est une démarche novatrice, en deux temps, qu’a instaurée le Salon du livre avec son Laboratoire des nouvelles lectures. Un concours a permis aux internautes de déposer idées et prototypes de lecture sur support digital via www.lectureslab.ch, jusqu’au 15 avril. Le vainqueur sera connu demain; il recevra un chèque de 5000 fr. La deuxième étape du laboratoire se tiendra demain, avec quatre sessions de conférences-débats, dès 10 h 15 (entrée libre), où les acteurs de la plate-forme, auteurs et orateurs débattront des nouveaux formats de lecture. Enfin, un atelier de formation sur les techniques de production digitale attend les professionnels de l’édition le 2 mai.