Santé

07 septembre 2017 07:07; Act: 07.09.2017 07:30 Print

Un «stylo» pour détecter les cellules cancéreuses

Des scientifiques ont créé une petite sonde manuelle capable de détecter les restes de tumeur, le tout en dix petites secondes.

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Un chercheur de l'Université du Texas à Austin, fait une démonstration de la sonde sur un morceau de tissu humain. (Photo: Keystone)

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Des scientifiques ont mis au point une petite sonde manuelle de la taille d'un stylo capable de détecter des cellules cancéreuses dans des tissus en dix secondes. Elle permet aux chirurgiens de savoir en temps réel s'ils ont bien enlevé la totalité de la tumeur.

Des résidus de tissus cancéreux qui subsistent après une intervention chirurgicale présentent un risque de rechute pour le malade. Actuellement, la plupart des laboratoires ont besoin de plusieurs jours pour déterminer si des cellules cancéreuses subsistent dans les échantillons prélevés pendant l'opération, expliquent les inventeurs de cette nouvelle sonde.

L'instrument, baptisé «MasSpec Pen» et objet d'une présentation mercredi dans la revue américaine Science Translational Medicine, permet d'extraire en douceur des molécules d'eau contenues dans les tissus en pompant un volume infime de 10 microlitres, soit environ un cinquième d'une simple goutte.

Ces molécules sont acheminées par un tube souple vers un spectromètre qui calcule les différentes masses moléculaires dans l'échantillon et détermine la présence de cellules cancéreuses, expliquent ces chercheurs et ingénieurs de l'université du Texas à Austin.

Exactitude à 96%

Après avoir analysé 253 échantillons de tissus humains cancéreux et sains provenant du poumon, de l'ovaire, de la thyroïde et du sein, ces scientifiques ont pu établir «un profil moléculaire» permettant d'identifier la présence d'un cancer avec un taux d'exactitude de plus de 96%.

Testée sur des souris vivantes, cette sonde a pu détecter sans erreur la présence de cellules cancéreuses sans endommager les tissus sur lesquels ont été prélevés les échantillons, précisent les inventeurs.

Selon eux, cet instrument pourrait devenir encore plus précis en analysant un plus grand nombre d'échantillons. Cela devrait aussi permettre de l'utiliser pour diagnostiquer un éventail plus large de tumeurs dans différents types de tissus. «Cette nouvelle technique (...) nous permet d'être beaucoup plus précis en sachant exactement quels tissus retirer et laisser», juge le Dr James Suliburk, chef du service de chirurgie endocrinienne à la faculté de médecine Baylor au centre médical de Houston au Texas qui a collaboré à ce projet.

Les inventeurs prévoient de commencer à tester cette sonde en 2018 pendant des interventions chirurgicales pour retirer des tumeurs.

(nxp/ats)