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Esthétique
31 août 2010 22:44; Act: 01.09.2010 08:44 Print
A peine 18 ans et déjà botoxées
par Cathy Macherel - De très jeunes filles recourent à la botuline. Effrayant? La tendance, qui émerge aux USA, semble ne pas épargner la Suisse.
Le jeunisme gagne aussi... les jeunes. C’est du moins ce que l’on découvre en dépouillant les folles statistiques publiées par la Société américaine de chirurgie plastique. En 2009, 12 000 injections de botuline ont été pratiquées sur des Américains âgés de 13 à 19 ans. Si ce chiffre, révélé récemment par la presse américaine, n’est pas astronomique à l’échelle des Etats-Unis, il a tout de même augmenté de 2% en l’espace d’un an.
Les déclarations de Charice Pempengco sur l’usage du Botox avaient suscité la polémique aux USA. (photo: getty)
Trop de pub en Suisse
Dans notre pays, la botuline est soumise à la réglementation des médicaments vendus sous ordonnance, dans la catégorie A (non renouvelable sans autorisation du médecin), précise Swissmedic, l’organe de surveillance du marché des médicaments. Mais on sait que son utilisation, bien que pratiquée par des médecins, se fait majoritairement à des fins esthétiques – un marché lucratif. D’où les craintes d’éventuels usages abusifs d’une substance dont on ne connaît pas les effets à long terme. Si Swissmedic ne juge pas ces pratiques, il s’insurge contre la publicité illégale faite autour des bienfaits de la botuline via les sites internet de cliniques et d’autres instituts. Il a même récemment sévi contre certaines enseignes, révélait dimanche la «NZZ am Sonntag». 150 000
C’est le nombre d’interventions à la botuline pratiquées en 2009 en Suisse, selon les estimations d’Acredis, un organisme indépendant de conseils en chirurgie esthétique et plastique. A défaut de statistiques officielles, ce chiffre, extrapolé à partir des tarifs pratiqués (500 fr. l’intervention), laisse penser que le seul marché du Botox pèse environ 75 millions de francs, selon les calculs de la «NZZ am Sonntag».
Certes, les motifs des interventions peuvent être fort divers, comme le traitement de la migraine ou l’hyperkynésie (hyperactivité des muscles). Reste que l’idée, absolument fausse, que le Botox peut prévenir les rides semble se répandre chez les adolescents.En Grande-Bretagne, la Commission pour la sécurité des injections a jugé bon de publier un démenti sur cette croyance, après un article publié dans le tabloïd The Sun. Une ado de 15 ans racontait comment sa mère l’incitait à se faire des injections pour prévenir le vieillissement.
«Cette tendance ne m’étonne guère. Aux Etats-Unis, les flacons de Botox s’achètent dans les centres commerciaux», réagit à Genève le Dr Broussalian, de l’institut Homeolaser, dont les nombreuses prestations passent aussi par la botuline. «Mais en Suisse aussi, j’ai vu des jeunes filles se faire botoxer le front à 18 ans. Il y a de très bons praticiens et d’autres qui font n’importe quoi. Parce que la chirurgie esthétique est malheureusement devenue un énorme business.» Le médecin ajoute que son institut refuse une intervention au Botox à 20% de ses clients, parce qu’elle n’est tout simplement pas nécessaire. «De toute manière, l’âge raisonnable pour penser à une telle intervention pour des raisons esthétiques ne devrait pas se situer en dessous de 40 ans.»
«Fraîche pour la TV»
Auprès des adolescentes, le culte de la jeunesse passe aussi par leurs idoles. Charice Pempengco, une chanteuse d’origine philippine âgée de 18 ans, avait déclaré publiquement ce printemps avoir recouru à la botuline afin de «se sentir fraîche devant la caméra». Elle était alors pressentie pour faire son apparition dans la saison 2 de la série «Glee». Un message passé aux ados jugé bien peu responsable par une brochette de psychologues et de chroniqueurs. Ceux-ci s’en étaient offusqués sur des chaînes de télévision et sur le web.
Suite à ce ramdam, le médecin de la starlette avait corrigé le profil de l’histoire, expliquant que l’intervention avait été motivée par des douleurs liées «à une trop forte mastication de chewing-gums».











