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07 mars 2010 22:44; Act: 07.03.2010 21:55 Print

A quoi donc servent les Journées de la femme?A quoi donc servent les Journées de la femme?

par Caroline Goldschmid - La Journée internationale de la femme fête ses 100 ans aujourd’hui. La discrimination salariale, elle, est toujours pratiquée.

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L’idée d’une Journée de la femme­ avait été lancée par la marxiste allemande Clara Zetkin en 1910. Depuis? En Suisse,­ les femmes ont bien obtenu le droit de vote, en 1971 seulement; mais côté égalité, il reste­ beaucoup à faire. Pire: sur certains points, leur situation se dégrade!

Travail domestique Sans doute la situation qui a le moins évolué ces dix dernières années! En 1997, les femmes consacraient 31,4 heures par semaine­ aux tâches domestiques, contre 15,7 pour les hommes. Et dix ans plus tard... les femmes en font seulement une heure de moins et les hommes deux et demie de plus!

Egalité des salaires Entre les années 1980 et 2000, des progrès ont été constatés, certes. Mais depuis 2006, l’écart salarial entre femmes et hommes grandit à nouveau. Les femmes gagnaient 18,9% de moins que leurs homologues masculins il y a quatre ans, 19,3% il y a deux ans. En 2010, le salaire­ des femmes est estimé plus bas de 25%! Selon une étude réalisée par le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes et par l’Office fédéral de la statistique, 60% de la différence entre les salaires peut s’expliquer par des facteurs comme les qualifications personnelles. En revanche, 40% de cet écart n’est pas explicable et représente donc une origine discriminatoire.

Formation continue Selon le rapport 2010 sur l’éducation en Suisse, les femmes ont tendance à participer davantage aux activités de formation continue. Mais à quel prix! Car selon le même rapport, les femmes exerçant une activité rémunérée financent elles-mêmes 60% de leur formation continue, alors que les hommes n’en assument qu’un tiers, l’employeur finançant le plus souvent le reste.

Congé parental Sans surprise, c’est un pays scandinave, la Suède, qui se montre le plus généreux en matière de congé parental en Europe: les deux parents peuvent se partager à leur guise 480 jours de congé, dont 390 rémunérés! En Italie, le congé maternité peut durer jusqu’à dix mois et est rémunéré à hauteur de 80% du salaire. Chez nous, les mamans suisses ou résidentes, elles, bénéficient d’un maigre total de 98 jours de congé maternité, dont au moins huit semaines après l’accouchement. Qu’en est-il des papas? La Suisse est à la traîne là aussi. Et cela ne risque pas de progresser vite: la semaine dernière, le Conseil des Etats a refusé une initiative genevoise demandant une base légale fédérale afin d’instaurer un congé parental. Il aurait permis aux pères d’obtenir quinze jours de congé.