Tendances

07 mai 2014 09:47; Act: 07.05.2014 09:47 Print

Descendre son canapé dans la rue pour causer

par Jason Huther - Un mouvement pousse les jeunes à se réapproprier l’espace urbain. Des concepts nés aux Etats-Unis ou en Europe du Nord favorisent les rencontres dans les parcs ou les rues.

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Des participants au mouvement FreeConvo confortablement installés à Washington Square Park, New York. (Photo: FreeConvo)

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Samedi, de jeunes designers néerlandais ont été récompensés pour leur démarche contre l’insalubrité avec «Fumo», un poteau animé qui a séduit le concours de design Red Dot Award, à Essen (All). Leur création félicite et remercie (musique, lumières, citations) les gens qui y jettent leurs ­mégots.

Comme avec cette proposition, partout des jeunes cherchent de nouvelles idées pour transformer leurs cités. A l’image de FreeConvo, mouvement né à New York l’été dernier. L’objectif? Partager ses opinions avec des inconnus, assis sur quelques canapés disposés dans un parc ou dans la rue. «En une après-midi, plus de 150 personnes s’arrêtent, dit Jennie Liang, une organisatrice de 27 ans, enthousiaste. Tous les sujets sont abordés: politiques, relationnels ou sportifs.» Après avoir ­séduit San Francisco, Los Angeles et Londres, l’expérience a été tentée le 20 avril dernier à Paris, lors du Festival des conversations.

Dans la même veine, en mars à Bordeaux (F), trois femmes architectes (24 à 25 ans) ont lancé «Café en bullant», un bar sur roulettes, confectionné par leurs soins. Dans la rue, elles offrent des boissons. «Certains nous regardent avec curiosité sans s’arrêter, les plus hardis s’assoient avec nous et partagent un moment convivial», expliquent-elles. Ce concept norvégien, lancé par un designer de 27 ans en août dernier, s’est vite répandu (Suède). La démarche a également une vocation caritative: «Les gens donnent ce qu’ils veulent pour une ­tasse, indique son inventeur, Erlend Hanssen Sjavik. Ils désignent ensuite un organe de bienfaisance qu’ils souhaitent soutenir.»