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20 septembre 2013 10:16; Act: 20.09.2013 11:17 Print

Quand les soldats tiennent trop à leurs machines

Une étude montre que les soldats utilisant des robots démineurs sur le terrain créent une sorte de relation intime avec leur outil de travail. Ce qui peut s'avérer néfaste.

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Les robots sont de plus en plus présents aux côtés des soldats sur les champs de bataille. (photo: dr)

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Lorsqu'ils effectuent des missions délicates sur le terrain, les soldats travaillent toujours davantage avec des robots. Selon Julie Carpenter, l'auteur de l'étude réalisée par l'Université de Washington auprès de 23 soldats américains, les militaires s'entichent de plus en plus de leur automate, qu'ils utilisent comme des extensions d'eux-mêmes sur le terrain, rapporte le site rtbf.be.

Même si les soldats observés restent bien conscients qu'il s'agit d'outils, «la façon dont ils en parlent indique parfois qu'ils interagissent avec leur robot comme on le fait avec un animal de compagnie, voire un humain», explique-t-elle. Les propriétaires des appareils peuvent carrément les affubler d'un prénom qui leur est cher, comme celui de leur concubine.

Ce qui a animé la démarche de l'auteur, c'était de savoir si cette empathie des soldats envers leurs robots pouvait présenter un risque en cas où ces derniers finissent en pièce. «Ils disent qu'ils sont en colère quand un robot est détruit parce que c'est un outil important», dit-elle, en précisant qu'«ils ont souvent ajouté un 'pauvre petit', ressenti de la tristesse ou avoir organisé un enterrement pour lui».

Et si les enveloppes métalliques des automates sont encore loin de toute ressemblance avec un humain ou un animal aujourd'hui, explique Julie Carpenter, ce n'est qu'une question de temps, car ces attributs leur conféreront plus d'agilité.

L'auteur conclut donc sur une question: un soldat sera-t-il encore capable de prendre une décision rationnelle en traitant son robot avec l'affection et l'empathie qu'on accorde à un partenaire humain ?

Cette étude est à mettre en parallèle avec celle faite par une équipe allemande sur l’empathie des humains face aux robots. La conclusion: l’homme reste un être sensible face à toute forme de vie qu’elle soit artificielle ou réelle.

(cam)