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27 avril 2017 08:51; Act: 27.04.2017 09:13 Print

Les meurtres en direct, un fléau pour Facebook

Le patron du réseau social, Mark Zuckerberg, a concédé avoir beaucoup de travail pour endiguer le phénomène.

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Mark Zuckerberg a encore du pain sur la planche pour éviter certains dérapages sur Facebook. (Photo: Keystone)

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Il n'a jamais été aussi facile de mettre sur internet des vidéos filmées depuis son téléphone, y compris pour mettre en scène un meurtre. Et après deux cas récents ayant ému l'opinion, cela devient un problème pour Facebook.

Lundi, un Thaïlandais de 20 ans a diffusé des images en direct sur le réseau social alors qu'il tuait son bébé avant de lui-même se suicider. La semaine précédente aux Etats-Unis, le «meurtrier de Cleveland» se donnait la mort après trois jours de traque. Cet homme de 37 ans avait abordé un inconnu dans la rue pour lui tirer dessus le dimanche de Pâques, et lui aussi publié la vidéo sur Facebook.

Réaction «trop lente»

Le groupe a dénoncé des crimes «épouvantables» et «horribles», n'ayant «pas leur place» sur son réseau. Mais les images sont restées plusieurs heures en ligne avant qu'il ne les retire.

Certains ont critiqué cette réaction jugée trop lente, se demandant même s'il ne faudrait pas désactiver l'application de diffusion en direct Facebook Live, un axe de développement stratégique important du groupe.

Après l'affaire de Cleveland, le patron-fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a promis de «continuer à faire tout ce que nous pouvons pour éviter ce type de tragédie», mais concédé avoir «beaucoup de travail» en la matière.

Pas de solutions faciles

A côté des meurtres, des viols ont été retransmis en direct sur Facebook. Trois hommes ont encore été condamnés cette semaine en Suède pour avoir participé à l'un d'entre eux. Plusieurs personnes, et notamment des adolescents, ont également choqué en filmant leur suicide avec Facebook Live ou des applications concurrentes comme Periscope (Twitter) et Live.me.

Tous les services en ligne laissant les internautes publier librement des contenus peuvent être confrontés au problème, mais Facebook est particulièrement vulnérable vu sa taille (1,86 milliard d'utilisateurs fin décembre), relève Lou Kerner, partenaire chez Flight VC et spécialiste des réseaux sociaux.

Il n'y a «pas de solutions faciles», reconnaît-il. «Ils vont avoir du mal à empêcher cela d'arriver. La question, c'est à quelle vitesse ils peuvent retirer» ce type de vidéos. La plupart des réseaux sociaux interdisent les contenus violents et choquants, mais vu l'énorme quantité de publications quotidiennes, ils comptent surtout sur les signalements des internautes pour les débusquer.

«Certaines personnes s'en fichent»

Facebook dit ainsi employer «des milliers de personnes» pour examiner «les millions d'éléments signalés chaque semaine dans plus de 40 langues», et dit s'efforcer d'accélérer cette procédure. Il est en revanche peu envisageable d'instaurer sur le réseau, comme sur certaines chaînes de télévision, un délai de diffusion de quelques secondes pour vérifier les images avant leur diffusion, souligne Roger Kay, analyste chez Endpoint Technologies Associates.

Avec «plus d'un milliard de personnes connectées les unes aux autres», on est «bien au-delà de l'échelle de ce qu'un humain peut faire», explique-t-il, tandis que malgré les progrès de l'intelligence artificielle, «la technologie n'est pas bonne à ce point» aujourd'hui et créerait trop de «faux positifs».

«Je ne sais pas s'il y a une réelle solution humaine ou technique. On peut punir les violations (des règles) mais certaines personnes s'en fichent», note-t-il, mentionnant par exemple les vidéos d'exécutions que des organisations comme l'Etat islamique (EI) en diffusent depuis des années en ligne, ou simplement les gens «qui veulent avoir leur quart d'heure de gloire».

Responsabilité morale

Si Facebook n'est pas légalement responsable des actions des utilisateurs de sa plateforme, il «a la responsabilité morale d'apporter une réponse appropriée», estime Lou Kerner. Roger Kay rappelle néanmoins que toute édition des contenus publiés implique «un jugement moral» sur ce qui relève ou pas de la liberté d'expression. «Je suis assez sûr que Facebook ne veut pas jouer ce rôle.»

Le réseau marche d'autant plus sur des oeufs que s'il est jugé trop peu réactif aujourd'hui, il a à l'inverse été régulièrement accusé de censure dans le passé, comme quand il avait malencontreusement supprimé de plusieurs comptes en Suède le cliché historique d'une petite Vietnamienne sous un bombardement au napalm, parce que l'enfant était nue.

Il avait aussi créé une polémique l'été dernier aux Etats-Unis en retirant temporairement une vidéo montrant les derniers moments d'un Noir abattu par un policier et filmé en direct par le téléphone portable de sa petite amie. Mark Zuckerberg avait finalement jugé que les images, bien que choquantes, devaient rester sur le réseau car «elles mettent en lumière la peur avec laquelle vivent chaque jour des millions de membres de notre communauté».

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Lilio le 27.04.2017 09:54 Report dénoncer ce commentaire

    Contre les réseaux sociaux

    Ou alors, plus radical, que l'on supprime purement et simplement ces réseaux sociaux... La société, surtout chez les jeunes, se portait pas plus mal, voire mieux, avant qu'ils n'émergent, et l'absence de réseaux sociaux n'a jamais empêché quiconque de garder contact avec des personnes éloignées... Cette manie que la société attrape de vouloir systématiquement qu'autrui soit au courant de sa vie ou de je ne sais quoi d'autre, je trouve ça malsain et totalement inutile (et je n'ai que 29 ans !)

  • Muldy_X le 27.04.2017 10:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mal être

    Comment on faisait avant sans FB et sans internet... Mon dieu on est tombé bien bas. Entre les meurtres en direct et le suicide des jeunes qui se font harceler, je pense qu'iI est temps de se réveiller et surtout à ces sites de prendre leur responsabilité.

  • rc le 27.04.2017 09:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    supprimer l option video

    qu il enleve l option de video. C est bcp plus grave de voor de tps en tps des videos de meutre ou autre que de voir pleins de videos de voyage et paysages etc...

Les derniers commentaires

  • Fredo le 28.04.2017 01:36 Report dénoncer ce commentaire

    Où est le problème ?

    Laissez donc les criminels assez stupides pour diffuser les preuves qui les feront condamner le faire !

  • Clm le 27.04.2017 23:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ultima ratio

    Il n y a qu a voir les bouchons qu un accident de l autre cote de l autoroute arrive a générer, le probleme quoi qu on en dise n est pas facedeplouc ou un autre de ces gogo gadget totalement inutile, c est le fait qu il y a des blaireaux qui ne vive plus que pour cela, chapeau bas au big boss de facedeplouc qui a reussi a endormir des millions de gogo et a ce faire des milliards en exploitant le besoin narcissique d une tres grande partie de la population, sans toxico il n y aurais pas de trafique de drogue. Allez encore un petit effort et un peu de patience l humanite arrive a sa fin

  • John joung le 27.04.2017 14:23 Report dénoncer ce commentaire

    Rien de nouveau

    Avant on exécutait les gens en live dans un emphitéatre. Aujourd'hui en Coré du nord des milliers de personnes sont témoins d'exécution. Aujourd'hui les autres le font sur Facebook et tout le monde croit que c'est nouveau ...

  • Mila le 27.04.2017 11:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Avant c'était mieux

    Nostalgie du temps ou les gens se voyaient et se parlaient en personne. Ce type a pourri la vie des jeunes. On vivait bien mieux avant, sans tous ces réseaux "sociaux" pauvre jeunesse

  • Muldy_X le 27.04.2017 10:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mal être

    Comment on faisait avant sans FB et sans internet... Mon dieu on est tombé bien bas. Entre les meurtres en direct et le suicide des jeunes qui se font harceler, je pense qu'iI est temps de se réveiller et surtout à ces sites de prendre leur responsabilité.