Voitures autonomes

14 septembre 2017 00:38; Act: 14.09.2017 08:17 Print

La voie est libre pour un procès Waymo-Uber

La justice américaine a refusé mercredi que le conflit entre les deux sociétés soit tranché via un arbitrage privé.

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Le conflit qui oppose Uber à Waymo, filiale d'Alphabet/Google, sur des soupçons de vols de technologies dans la conduite autonome, devrait se solder par un procès au civil, peut-être en octobre, après que plusieurs recours ont été rejetés par la justice mercredi.

La justice américaine a refusé que le conflit soit tranché via un arbitrage privé, selon une décision publiée sur le site internet des cours d'appel. Elle a aussi confirmé qu'Uber était bien dans l'obligation de fournir un audit potentiellement explosif. La justice a fixé comme date indicative de procès le 10 octobre, mais des retards sont encore possibles.

Tout a démarré en février par une plainte de Waymo, qui accuse Uber d'utiliser des technologies volées. Selon Waymo, un de ses anciens responsables, Anthony Levandowski, a téléchargé en 2015 des milliers de documents confidentiels avant de partir fonder sa propre entreprise, Otto, ensuite rachetée par Uber. Cette dernière travaille, comme la plupart des constructeurs auto et entreprises technologiques, sur la voiture autonome. L'ingénieur avait ensuite rejoint Uber pour diriger son département conduite autonome.

Enquête pénale possible

Un juge de San Francisco avait estimé en mai qu'Uber «savait ou aurait dû savoir» que M. Levandowski était en possession de ces documents. Ce même juge avait donc alors ordonné à l'ingénieur de les restituer à Waymo mais Uber avait peu après renvoyé l'intéressé, affirmant qu'il avait refusé de collaborer aux investigations.

Au moment du rachat d'Otto par Uber, le cabinet d'audit Stroz Friedberg avait été missionné pour enquêter sur les employés d'Otto qui avaient auparavant travaillé chez Waymo, selon des documents juridiques. Estimant que le rapport de ce cabinet devait contenir des éléments importants, Waymo avait exigé que ce dernier le lui fournisse. Outre ces poursuites civiles, Uber pourrait aussi faire face à une enquête pénale car la justice californienne a transmis en mai le dossier au ministère de la Justice, qui peut décider ou non d'ouvrir une investigation.

Ce conflit judiciaire est loin d'être le seul pour Uber, englué dans les scandales depuis des mois. Uber est notamment soupçonné d'avoir utilisé des logiciels illégaux pour espionner la concurrence ou échapper aux contrôles des autorités, ou encore d'avoir corrompu des responsables officiels étrangers.

(nxp/afp)