Conférence Lift 2009

27 février 2009 15:13; Act: 27.02.2009 15:50 Print

«Elles cherchent des conjoints virtuels, en Suisse de préférence»«Elles cherchent des conjoints virtuels, en Suisse de préférence»

Les Camerounaises espèrent changer leur vie et celle de leur famille par le mariage grâce au net. Des contes de fée qui finissent souvent très mal.

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Invité à Genève pour la conférence Lift, le professeur Baba Wame a évoqué la ruée des camerounaises sur le net pour pouvoir se retrouver en Europe. Ces femmes rêvent de l'eldorado et espèrent avoir des enfants métisses, un signe de réussite sociale avec des modelés comme Yannick Noah. Leur mission est de rejoindre l'Europe en passant du conjoint virtuel à un conjoint réel. Chez elles, elle reprochent à leurs hommes d'être des mauvais maris, volages et pas fiables. La première démarche consiste à trouver un cybercafé. Il faut ensuite choisir sa fiche personnelle judicieusement.

Aide de monitrices dans les cybercafés

Elles profitent de la gratuité offerte par les sites de rencontres comme Match.com ou Meetic.com. Les femmes disposent alors de conseils et savoir-faire de monitrices présentes dans les cybercafé. Elles mettent en avant des valeur chrétiennes: la fidélité, Dieu et la prose. Mais elles savent aussi se servir de logiciels comme Photoshop.

Ensuite, il faut cibler l'endroit. Les pays européens et plus particulièrement la Suisse sont privilégiés. Elles ne choisissent pas des jeunes car ils en demandent trop. Mais généralement des hommes âgés entre 35 et 60 ans.

«L'age ne les préoccupe pas trop, explique le chercheur Baba Wame. Elles ne sont pas trop exigeantes. Elles préfèrent souvent des personnes mures». Au-delà de 30 ans, l'homme est plus «peinard» et plus intentionné. Il lui ramènera par exemple un cadeau à la fin d'une journée. La peau du conjoint doit être blanche. Les monitrices peuvent traduire leur propos durant les chat. Elle repèrent aussi les mauvais clients en les éloignant de leur protégées. Les webcam permettent alors de dialoguer.

Régularité des séances de chat importante

L'amélioration de la qualité des cybercafés avec notamment le haut-débit ont favorisé le travail des chatteuses camerounaises. Des petits box séparés ont aussi été aménagés dans les cybercafés pour leur permettre de satisfaire discrètement les fantasmes de leurs correspondants européens.

La régularité des séances de chat est importante, 4 ou 5 h par semaine est la bonne norme. Si la fille est belle, tout son entourage sera prêt à l'aider financièrement, sachant qu'elle saura être reconnaissante. C'est primordial, car les ordinateurs qui coutent 400 euros (600 fr.) sont hors de prix avec un revenu moyen dérisoire de 150 euros (220 fr.). Les Camerounaises se connectent ensuite sur la toile pour 1 fr. 50 par heure dans l'un des 2500 cybercafés du pays. Les marabouts sont aussi très sollicités pour donner l'heure H d'y aller.

La chatteuse type a entre 18 et 34 ans avec un niveau scolaire assez bas, d'avant lycée. Des femmes souvent mariées s'inscrivent sur ces sites comme célibataire, avec l'assentiment de leur mari.

L'efficacité de la démarche est faible. Seulement entre 10% et 15% des femmes qui fréquentent les sites de rencontre arrivent a trouver un conjoint. «C'est mieux que rien. Et c'est même beaucoup, explique Baba Wame. Il y a dix ans le taux était de 0%».
Mais les histoires des Camerounaises en Europe finissent souvent mal. Selon une étude, 60% d'entre elles finissent dans les mains de réseaux de prostitution. Elles ne reviendront plus jamais en Afrique. On ne revient que si l'on est revenu riche.

laf