
Suite à des problèmes légaux aux États-Unis, Google avait décidé d’interdire les publicités pour les jeux d’argent en ligne en 2004, pour l’ensemble de ses sites au niveau mondial. Une décision que Yahoo! avait limité uniquement pour le sol américain.
Après 4 ans, Google revient sur sa décision, en acceptant les publicités pour les casinos en ligne au Royaume-Uni. Ce revirement est rendu possible grâce aux récentes modifications apportées aux lois locales sur la publicité télévisée pour les bookmakers ainsi que celles pour les casinos et les jeux de hasard en ligne.
Décision critiquée
Des critiques condamnent ce changement de politique, en attirant l’attention sur le fait que ces publicités risquent d’attirer de nombreuses personnes touchées par la crise économique mondiale. «C’est le comble de la stupidité. C’est le pire moment pour encourager les gens aux jeux de hasard… surtout après avoir été confrontés à une crise financière qui repose sur une prise de risque dans les marchés», a notamment déclaré Peter Kilfoyle, l’ancien ministre de la défense labouriste. Selon The Independent, l’association d’aide aux parieurs GameCare a vu les demandes d’assistance passer de 30’000 à 37'000 en une année.
«Nous espérons que cela permettra d’améliorer l’expérience de la recherche pour les utilisateurs et d'aider les annonceurs à entrer en contact avec les consommateurs. Les publicités pour les jeux d’argent seront automatiquement classées dans la catégorie Adultes, ce qui signifie qu’elle ne seront pas affichées lors de recherches où l’utilisateur a appliqué le filtre Safe Search», se défend James Cashmore de Google.
Le jackpot pour Google
Cette mesure pourrait permettre à Google d’engendrer environ 100 millions de livres (plus de 200 millions de francs), dans un pays où, l’année dernière, l’interdiction des publicités de jeux de hasard avait été étendue même aux sites ne proposant pas d’argent ou qui faisaient simplement leur promotion, à travers notamment des tutoriels pour apprendre à jouer.
Rappelons que le Royaume-Uni représente le 14% du chiffre d’affaires de Google et que les deux tiers de ses revenus (67%) proviennent de ses sites, notamment de la publicité et des services payants.
Le changement de politique ne correspond par ailleurs pas à un besoin lié à la crise, puisque cette dernière ne semble pas affecter la firme de Mountain View. Google a en effet enregistré des revenus de 5.54 milliards de dollars pour le dernier trimestre. Son chiffre d’affaires reste donc stable par rapport au trimestre précédent (+3%), mais en forte augmentation par rapport à 2007 (+31%), fait savoir la société dans un communiqué. Des bénéfices de 1.35 milliards de dollars, soit une augmentation de 8% par rapport au trimestre précédent.
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