Jeux en ligne

26 mai 2011 20:13; Act: 26.05.2011 20:24 Print

Les automates délogent les taulardsLes automates délogent les taulards

Des prisonniers ont été contraints à faire les basses besognes dans des mondes virtuels. Depuis, les robots les ont supplantés.

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«On nous obligeait à jouer plutôt qu’à faire du travail manuel forcé. Nous faisions des journées de 12 heures jusqu’à ne plus pouvoir tenir les yeux ouverts.» Liu Dali, 54 ans, a raconté au Guardian les méthodes appliquées au milieu des années 2000 dans les prisons chinoises.

Avec d’autres détenus, il officiait comme fermier virtuel dans des jeux en ligne massivement multijoueurs comme World of Warcraft.
«Si je n’arrivais pas à mon quota, on me frappait dans le dortoir avec des tuyaux en plastique», se rappelle-t-il. Les responsables des prisons monnayaient ensuite contre de l’argent réel les biens virtuels dûrement acquis.

Mais la main d’œuvre chinoise, y compris celle des prisonniers n’est plus d’actualité. La Chine développe désormais ses propres robots. «Il y a 5 ans, le 80% des fermiers sur WoW étaient des êtres humains. Maintenant, ce sont des robots à 98%», estime l’un des responsables du site spécialisé Ivashop.com. «Pourquoi mettre un gars lent derrière son écran quand on peut employer des robots?», résume-t-il. En plaçant 5 robots sur un ordinateur, un initié peut obtenir l’équivalent de 120 dollars par jour.

Avec sa dernière extension Cataclysm, Blizzard, l’éditeur de WoW, espérait casser ce marché. Il avait facilité l’obtention de pièces d’or pour que les joueurs ne recourent plus à ces fermiers virtuels. Peine perdue: depuis, la demande a encore augmenté avec, comme corollaire, une division du prix des pièces par trois.

(laf)